Cette période de référence prise en compte par l'Institut national de recherches spatiales (INPE) englobe les sept premiers mois de mandat du président d'extrême droite Jair Bolsonaro, un climatosceptique favorable à l'ouverture de la forêt vierge aux activités minières ou agricoles. D'août 2007 à juillet 2008, la déforestation avait atteint 12.911 km2, avant de diminuer les années suivantes. La semaine dernière, l'INPE avait déjà fait état d'une augmentation de 93% de la déforestation de janvier à septembre par rapport à la même période de l'an dernier. Ces chiffres se situaient début 2019 dans la moyenne des dernières années, jusqu'à une hausse significative à partir de juin. Greenpeace a dénoncé lundi la réduction de moyens destinés à la lutte contre la déforestation depuis l'arrivée au pouvoir du président Bolsonaro. "Son gouvernement est en train de jeter à la poubelle tout ce qui a été fait ces dernières années en matière de protection de l'environnement", a déploré Cristiane Mazzetti, l'une des responsables de Greenpeace au Brésil. "Près de 20% de l'Amazonie a déjà été dévastée et nous nous rapprochons du point de non retour, quand elle se transformera en savane", a averti Mauricio Voivodic, directeur de l'antenne brésilienne Fonds mondial pour la nature (WWF). La déforestation entraîne également une recrudescence des foyers d'incendie en Amazonie, un grand nombre d'agriculteurs pratiquant le brûlis sur les zones déboisées pour pouvoir les cultiver. La multiplication de ces feux de forêt au mois d'août a suscité une vague de critiques de la communauté internationale contre le président Bolsonaro et la politique du gouvernement brésilien en matière environnementale. Selon les données satellite de l'INPE, il y a eu pratiquement autant d'incendies en Amazonie entre janvier et septembre (66.750) que sur l'ensemble de l'année 2018 (68.345). (Belga)