"Dans cette affaire, nous n'avons pour le moment pas d'indice fort que cet indigène a été assassiné. La police est sur place pour tenter de tirer tout cela au clair", a déclaré le chef de l'Etat à des journalistes, à la sortie du palais présidentiel de Planalto. La police locale a ouvert samedi une enquête sur l'intrusion présumée d'un groupe d'orpailleurs illégaux lourdement armés au sein du village de Mariry appartenant à la tribu Waiapi, dans l'Etat d'Amapa, trois jours après que le corps d'un leader indigène eut été retrouvé dans une rivière. Riche en or, en fer, en cuivre et en manganèse, le territoire Waiapi fait l'objet de nombreuses convoitises depuis des années. Les militants qui luttent pour les droits des tribus autochtones soulignent que les menaces à leur encontre se sont intensifiées depuis l'arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro en janvier. Une équipe d'agents de la police fédérale est partie samedi pour enquêter dans cette localité située à environ 300 kilomètres de la capitale de l'Etat d'Amapa, Macapa, a déclaré à l'AFP un porte-parole de la police qui a requis l'anonymat. Le procureur Rodolfo Soares Ribeiro Lopes a expliqué lors d'un entretien à la Radio Nacional que les enquêteurs se penchaient sur "plusieurs théories". "Il est possible que le crime ait été perpétré par des orpailleurs, des chasseurs, voire même par d'autres indigènes", a-t-il souligné. Le président Bolsonaro a également affirmé que l'orpaillage à petite échelle, connu sous le nom de "garimpo" au Brésil, pourrait être légalisé, "y compris pour les indigènes". "Ils devraient avoir le droit d'exploiter leur sous-sol (...) même si des ONG étrangères voudraient les voir confinés dans un zoo, comme des animaux préhistoriques", a ajouté le chef de l'Etat. L'ONG Survival International a considéré les propos de M. Bolsonaro "stimulaient les orpailleurs illégaux et autres envahisseurs" des terres indigènes et s'apparentaient "à une déclaration de guerre contre les peuples autochtones". Le Haut-Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU Michelle Bachelet a condamné le meurtre du leader indigène, conséquence, selon elle, "de l'empiètement sur les terres indigènes par les mineurs, les bûcherons et les agriculteurs au Brésil" "La politique proposée par le gouvernement brésilien d'ouvrir davantage de zones de l'Amazonie à l'exploitation minière risque de conduire à des incidents violents, des intimidations et des meurtres comme celui dont a été victime le peuple Waiapi la semaine dernière", a-t-elle écrit dans un communiqué. (Belga)