"Je viens d'accepter l'honorable invitation du président Jair Bolsonaro à la Casa Civil", un poste à mi-chemin entre les fonctions de chef de cabinet et de Premier ministre, a déclaré M. Nogueira à l'issue d'une réunion avec le président d'extrême droite à Brasilia. Ce sénateur de 52 ans est le président du parti Progressistas (PP, droite), une des principales formations du "Centrao", nébuleuse de partis de centre et de droite qui ont l'habitude de monnayer leur soutien au Parlement en échange des avantages qu'ils pourraient en tirer. La plupart de ces partis ont été éclaboussés par des scandales de corruption. Durant sa campagne pour la présidentielle de 2018, Jair Bolsonaro avait pourtant promis d'en finir avec la "vieille politique", s'érigeant en champion de la lutte anticorruption. Mais pour le dirigeant d'extrême droite, le soutien du "Centrao" peut s'avérer vital : ce bloc parlementaire informel compte plus de 200 députés, sachant que 172 votes suffisent pour éviter l'ouverture d'une procédure de destitution, qui doit être approuvée par les deux tiers des élus de la Chambre basse. Plus de 120 demandes de destitution ont déjà été déposées contre Jair Bolsonaro, notamment en raison de la gestion chaotique de la pandémie par le gouvernement. Mais aucune n'a encore été soumise au vote par le président de la Chambre des députés, Arthur Lira, membre du "Centrao" et fidèle allié du chef de l'Etat. Le taux de popularité de M. Bolsonaro a atteint un plus bas de 24% et les derniers sondages le donnent largement perdant face à l'ex-président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva à la présidentielle de 2022. Samedi, plusieurs dizaines de milliers de manifestants ont réclamé sa destitution, alors que son gouvernement est fragilisé par des soupçons de corruption dans l'achat de vaccins. Pour justifier la nomination de Ciro Nogueira, qui était dans l'air depuis plus d'une semaine, Jair Bolsonaro avait invoqué vendredi la nécessité d'avoir plus de marge de manoeuvre. Mais le choix de M. Nogueira à un ministère clé peut toutefois sembler incongru, ce dernier ayant traité Jair Bolsonaro de "fasciste" lors d'un entretien télévisé en 2017, avant de soutenir ouvertement Fernando Haddad, le candidat de gauche finalement battu au second tour, l'année suivante. "Les choses changent, moi aussi j'avais des prises de position par le passé qui ne sont plus les miennes à présent", a justifié Jair Bolsonaro jeudi, lors de son direct hebdomadaire sur Facebook. (Belga)

"Je viens d'accepter l'honorable invitation du président Jair Bolsonaro à la Casa Civil", un poste à mi-chemin entre les fonctions de chef de cabinet et de Premier ministre, a déclaré M. Nogueira à l'issue d'une réunion avec le président d'extrême droite à Brasilia. Ce sénateur de 52 ans est le président du parti Progressistas (PP, droite), une des principales formations du "Centrao", nébuleuse de partis de centre et de droite qui ont l'habitude de monnayer leur soutien au Parlement en échange des avantages qu'ils pourraient en tirer. La plupart de ces partis ont été éclaboussés par des scandales de corruption. Durant sa campagne pour la présidentielle de 2018, Jair Bolsonaro avait pourtant promis d'en finir avec la "vieille politique", s'érigeant en champion de la lutte anticorruption. Mais pour le dirigeant d'extrême droite, le soutien du "Centrao" peut s'avérer vital : ce bloc parlementaire informel compte plus de 200 députés, sachant que 172 votes suffisent pour éviter l'ouverture d'une procédure de destitution, qui doit être approuvée par les deux tiers des élus de la Chambre basse. Plus de 120 demandes de destitution ont déjà été déposées contre Jair Bolsonaro, notamment en raison de la gestion chaotique de la pandémie par le gouvernement. Mais aucune n'a encore été soumise au vote par le président de la Chambre des députés, Arthur Lira, membre du "Centrao" et fidèle allié du chef de l'Etat. Le taux de popularité de M. Bolsonaro a atteint un plus bas de 24% et les derniers sondages le donnent largement perdant face à l'ex-président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva à la présidentielle de 2022. Samedi, plusieurs dizaines de milliers de manifestants ont réclamé sa destitution, alors que son gouvernement est fragilisé par des soupçons de corruption dans l'achat de vaccins. Pour justifier la nomination de Ciro Nogueira, qui était dans l'air depuis plus d'une semaine, Jair Bolsonaro avait invoqué vendredi la nécessité d'avoir plus de marge de manoeuvre. Mais le choix de M. Nogueira à un ministère clé peut toutefois sembler incongru, ce dernier ayant traité Jair Bolsonaro de "fasciste" lors d'un entretien télévisé en 2017, avant de soutenir ouvertement Fernando Haddad, le candidat de gauche finalement battu au second tour, l'année suivante. "Les choses changent, moi aussi j'avais des prises de position par le passé qui ne sont plus les miennes à présent", a justifié Jair Bolsonaro jeudi, lors de son direct hebdomadaire sur Facebook. (Belga)