A deux jours de la remise, par le Parlement européen, du prix Sakharov 2021 pour la liberté de l'esprit à M. Navalny, le bras droit de ce dernier était entendu lundi soir en commissions parlementaires conjointes, aux côtés de Daria Navalnaya, fille de l'opposant. Cette dernière, bachelière de 22 ans, a réservé ses propos pour la plénière de mercredi. "Ma Russie idéale serait un pays où l'on peut s'opposer au gouvernement sans pour autant être emprisonné pour son action", a-t-elle néanmoins souligné. Remerciant les eurodéputés, Léonid Volkov, lui-même poursuivi par la justice russe pour traîtrise, a jugé que "la compassion" envers Alexeï Navalny ne suffisait plus, alors que ce dernier, incarcéré pour deux ans et demi dans une colonie pénitentiaire, risque "jusqu'à 23 années de prison supplémentaires" en raison des charges que Moscou accumule contre lui. En réponse à la tentative d'empoisonnement de ce militant de 45 ans, l'Union européenne a déjà adopté des sanctions en matière d'armes chimiques à l'encontre de hauts fonctionnaires russes, ainsi que des sanctions en matière de droits de l'homme pour son arrestation et la répression des manifestations qui ont suivi, l'hiver dernier. Mais ça ne suffit pas, selon M. Volkov, dès lors que "l'on nous répond" qu'il faut poursuivre le dialogue avec Moscou, en raison de l'importance de la Russie. "Oui la Russie est importante, mais pas Poutine", a-t-il lancé aux eurodéputés, en dénonçant une faiblesse de l'Europe à céder aux "chantages" du président russe, notamment dans le dossier ukrainien. "L'heure est venue de changer d'approche", a exhorté M. Volkov. Il voit un levier important pour l'Europe dans le respect de l'État de droit dans chacun de ses États membres. Car "tous les cleptocrates qui réussissent opèrent dans deux pays au moins: leur pays d'origine, où l'absence d'État de droit leur permet de s'enrichir, et un autre pays où ils transfèrent leurs avoirs, afin de les protéger pour leurs héritiers grâce aux règles d'État de droit". D'où la nécessité d'avoir un État de droit dans ces pays pour agir contre ces cleptocrates. "C'est en s'aidant elle-même que l'Europe nous aidera. Punir Poutine et ses amis pour leurs actes de corruption permettra d'entraver l'exportation, et l'Europe sera un modèle pour ceux qui luttent pour un meilleur avenir" en Russie. Concernant la santé d'Alexeï Navalny, M. Volkov a dit n'avoir pas reçu de mauvaises nouvelles récemment, ce qu'il considère comme une bonne nouvelle, même si les conditions de détention "sont particulièrement dures", notamment en raison des pressions psychologiques et de l'isolement. (Belga)

A deux jours de la remise, par le Parlement européen, du prix Sakharov 2021 pour la liberté de l'esprit à M. Navalny, le bras droit de ce dernier était entendu lundi soir en commissions parlementaires conjointes, aux côtés de Daria Navalnaya, fille de l'opposant. Cette dernière, bachelière de 22 ans, a réservé ses propos pour la plénière de mercredi. "Ma Russie idéale serait un pays où l'on peut s'opposer au gouvernement sans pour autant être emprisonné pour son action", a-t-elle néanmoins souligné. Remerciant les eurodéputés, Léonid Volkov, lui-même poursuivi par la justice russe pour traîtrise, a jugé que "la compassion" envers Alexeï Navalny ne suffisait plus, alors que ce dernier, incarcéré pour deux ans et demi dans une colonie pénitentiaire, risque "jusqu'à 23 années de prison supplémentaires" en raison des charges que Moscou accumule contre lui. En réponse à la tentative d'empoisonnement de ce militant de 45 ans, l'Union européenne a déjà adopté des sanctions en matière d'armes chimiques à l'encontre de hauts fonctionnaires russes, ainsi que des sanctions en matière de droits de l'homme pour son arrestation et la répression des manifestations qui ont suivi, l'hiver dernier. Mais ça ne suffit pas, selon M. Volkov, dès lors que "l'on nous répond" qu'il faut poursuivre le dialogue avec Moscou, en raison de l'importance de la Russie. "Oui la Russie est importante, mais pas Poutine", a-t-il lancé aux eurodéputés, en dénonçant une faiblesse de l'Europe à céder aux "chantages" du président russe, notamment dans le dossier ukrainien. "L'heure est venue de changer d'approche", a exhorté M. Volkov. Il voit un levier important pour l'Europe dans le respect de l'État de droit dans chacun de ses États membres. Car "tous les cleptocrates qui réussissent opèrent dans deux pays au moins: leur pays d'origine, où l'absence d'État de droit leur permet de s'enrichir, et un autre pays où ils transfèrent leurs avoirs, afin de les protéger pour leurs héritiers grâce aux règles d'État de droit". D'où la nécessité d'avoir un État de droit dans ces pays pour agir contre ces cleptocrates. "C'est en s'aidant elle-même que l'Europe nous aidera. Punir Poutine et ses amis pour leurs actes de corruption permettra d'entraver l'exportation, et l'Europe sera un modèle pour ceux qui luttent pour un meilleur avenir" en Russie. Concernant la santé d'Alexeï Navalny, M. Volkov a dit n'avoir pas reçu de mauvaises nouvelles récemment, ce qu'il considère comme une bonne nouvelle, même si les conditions de détention "sont particulièrement dures", notamment en raison des pressions psychologiques et de l'isolement. (Belga)