Bourde dans un cours de français pour réfugiés: "Papa jette une bombe et va en prison"

11/05/17 à 09:00 - Mise à jour à 11:41

Source: De Morgen

Une pluie de commentaires est tombée après qu'il a été rendu public que de telles phrases figuraient dans un livre pour apprendre le français aux migrants. En tous cas dans l'un des livres utilisés depuis trois ans par l'institut d'intégration sociale à Anderlecht.

Bourde dans un cours de français pour réfugiés: "Papa jette une bombe et va en prison"

© Capture d'écran facebook

C'est Catherine Lemaire, traductrice, qui a tiré la sonnette d'alarme sur les réseaux sociaux. Elle accueille un réfugié irakien depuis un an dit la RTBF. Il vient tous les jours y faire ses devoirs. Il suit des cours d'alphabétisation à l'école de promotion sociale Érasme et a été choqué lorsqu'il s'est aperçu de la teneur de certaines phrases. Des phrases comme : "Il a jeté une bombe et va en prison" ou "Il me montre la bombe et la prison" ou encore "j'avale une tartine en prison".

L'homme n'a pas compris le choix de telles phrases alors qu'il a justement fui son pays pour échapper à la violence.

La femme qui l'héberge partage sa colère sur Facebook: "C'est proprement inadmissible. Est-on vraiment conscient qu'il s'agit de matériel didactique proposé par un pays d'accueil en vue de l'insertion ??!!!" se demande Catherine Lemaire.

Le livre est authentique. Une chose encore confirmée Bernard Delécluse, le directeur du Centre Érasme à Anderlecht. "Il s'agit bien d'une faute. Ce manuel est déjà utilisé depuis trois ans. L'équipe pédagogique qui voulait expliquer les mots en "on"; et ces phrases malheureuses n'avaient pas lieu d'être, ni leur place dans le syllabus. Mais nous sommes 40 professeurs pour 2500 élèves et il est impossible de vérifier tout le matériel. Ce ne sera plus le même à la rentrée de septembre".

"Un incident regrettable dans lequel il ne faut voir aucune intention malveillante", insiste-t-il dans La Libre. "Notre école, c'est Babel. Dans nos classes, on a dix nationalités et trois ou quatre langues qui se côtoient. On se trouve à Bruxelles: on connaît l'importance de travailler le vivre ensemble: c'est notre ADN".

Isabelle Simonis (PS) se dit choquée par l'incident et a demandé une enquête à l'inspection. Elle va attendre les conclusions de cette dernière avant de prendre des mesures.

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