Il y a un an, le prédécesseur du ministre MR, René Collin (cdH), avait proposé de réduire la population de sangliers de 50% en deux ans en Wallonie. Un taux encore éloigné des 80% réclamés tant par les agriculteurs confrontés aux destructions de cultures que par Inter-Environnement Wallonie, qui met en avant les risques sanitaires et sur la biodiversité. Mais ces objectifs ont peu de sens dès lors que l'on ne dispose pas de chiffres fiables sur la population réelle de sangliers, les taux de reproduction, etc., fait-on observer au cabinet Borsus. Le ministre annonce donc la mise en place, dès cette saison de chasse, d'une méthodologie qui sera testée sur les espaces territoriaux des conseils cynégétiques où la densité de population est la plus élevée. Il envisage aussi, si nécessaire, des contraintes spécifiques pour les mois de janvier et février. Cette phase préliminaire serait étendue à tous les territoires lors de la saison 2020-2021. D'autres mesures concernent des dispositifs d'évaluation du taux de reproduction local des sangliers, des estimations de la fructification forestière locale ou encore la collecte des données chiffrées de prélèvement en temps réel. La surpopulation de sangliers en Wallonie et dans les pays voisins provoque des dégâts croissants aux cultures agricoles, à la régénération forestière, à la biodiversité et aux propriétés privées (jardins), mais aussi des risques sanitaires accrus (peste porcine africaine au sud de la Gaume, par exemple) et des collisions plus nombreuses d'automobilistes avec des sangliers. Tous les acteurs du dossier s'accordent aussi sur la nécessité d'éradiquer à terme les populations de sangliers au nord du sillon Sambre-et-Meuse, frontière naturelle allègrement franchie ces dernières années par des suidés soumis à la pression démographique du sud. Fin décembre est prévue une nouvelle réunion avec le DNF, les chasseurs, agriculteurs, propriétaires privés et communes, dont beaucoup perçoivent des revenus des chasses. (Belga)