Les députés ont voté à 333 pour et 298 contre, soit une majorité de 35 voix, en faveur d'une motion gouvernementale réduisant en 2021 l'aide au développement de 0,7% à 0,5% de la richesse nationale. Elle passera ainsi d'environ 15 milliards de livres (17,5 milliards d'euros) avant la crise à 10 milliards de livres (11,7 milliards d'euros). Cette décision, qui revient sur un engagement inscrit dans la loi en 2015, avait été mal accueillie par une partie des conservateurs, dont l'ancienne Première ministre Theresa May, qui a voté contre, à l'unisson avec le Parti travailliste, principale formation d'opposition. Après le flot de critiques dénonçant les répercussions humanitaires et le coup porté aux ambitions du Royaume-Uni sur la scène internationale après le Brexit, l'exécutif avait assuré que cette mesure serait temporaire et que le niveau d'aide serait rétabli une fois la crise surmontée. En ouvrant les débats à la chambre des Communes, chambre basse du Parlement, Boris Johnson a répété son attachement au niveau d'aide internationale, mais expliqué que la pandémie avait eu "inévitablement des conséquences" sur les dépenses. Le gouvernement aura dépensé au total plus de 400 milliards de livres pour amortir le choc, au prix d'un déficit public record. "Nous continuons à convenir que le Royaume-Uni devrait consacrer 0,7% de notre revenu national brut à l'aide publique au développement. (...) La seule question est quand nous revenons à 0,7%", a déclaré le chef de l'exécutif. "Chaque livre sterling que nous dépensons en aide doit être empruntée, et ce n'est en fait pas notre argent, mais de l'argent que nous prenons aux générations futures", avait-il ajouté, soulignant que les finances publiques subissaient une pression inédite en temps de paix. Boris Johnson a précisé que l'objectif de 0,7% serait rétabli si l'Office for Budget Responsibility (OBR), chargé des prévisions budgétaires pour le gouvernement, indique que le Royaume-Uni n'emprunte pas pour financer les dépenses courantes et que la dette diminue. Keir Starmer, le leader du Labour a estimé que ces conditions risquaient d'entraîner une coupe d'une durée "indéfinie" de l'aide internationale. Il a souligné que le Royaume-Uni était le seul pays du G7 à réduire son aide. Le vote de cette réduction a suscité une réprobation unanime dans le secteur humanitaire. L'ONG Oxfam l'a qualifié de "désastre pour les plus pauvres de la planète", alors que le besoin d'aide humanitaire est au plus haut depuis la Deuxième Guerre mondiale, en raison de guerres, du changement climatique et du coronavirus. Pour l'organisation Christian Aid, cela porte un coup énorme à "la réputation du Royaume-Uni" sur son territoire comme à l'étranger. Réduire le niveau de son aide internationale l'année où le Royaume-Uni accueille la conférence internationale sur le climat COP26 à Glasgow (Écosse), en novembre, est une "grave erreur stratégique, qui compromet les chances de succès et sape la présidence britannique", selon le groupe de réflexion sur le climat E3G. Évoquant le président de la conférence Alok Sharma, nommé par le gouvernement britannique, le directeur général de E3G, Nick Mabey, a dit à l'AFP: "Comment peut-il faire pression sur (d'autres pays riches), alors que nous faisons cela ?" (Belga)

Les députés ont voté à 333 pour et 298 contre, soit une majorité de 35 voix, en faveur d'une motion gouvernementale réduisant en 2021 l'aide au développement de 0,7% à 0,5% de la richesse nationale. Elle passera ainsi d'environ 15 milliards de livres (17,5 milliards d'euros) avant la crise à 10 milliards de livres (11,7 milliards d'euros). Cette décision, qui revient sur un engagement inscrit dans la loi en 2015, avait été mal accueillie par une partie des conservateurs, dont l'ancienne Première ministre Theresa May, qui a voté contre, à l'unisson avec le Parti travailliste, principale formation d'opposition. Après le flot de critiques dénonçant les répercussions humanitaires et le coup porté aux ambitions du Royaume-Uni sur la scène internationale après le Brexit, l'exécutif avait assuré que cette mesure serait temporaire et que le niveau d'aide serait rétabli une fois la crise surmontée. En ouvrant les débats à la chambre des Communes, chambre basse du Parlement, Boris Johnson a répété son attachement au niveau d'aide internationale, mais expliqué que la pandémie avait eu "inévitablement des conséquences" sur les dépenses. Le gouvernement aura dépensé au total plus de 400 milliards de livres pour amortir le choc, au prix d'un déficit public record. "Nous continuons à convenir que le Royaume-Uni devrait consacrer 0,7% de notre revenu national brut à l'aide publique au développement. (...) La seule question est quand nous revenons à 0,7%", a déclaré le chef de l'exécutif. "Chaque livre sterling que nous dépensons en aide doit être empruntée, et ce n'est en fait pas notre argent, mais de l'argent que nous prenons aux générations futures", avait-il ajouté, soulignant que les finances publiques subissaient une pression inédite en temps de paix. Boris Johnson a précisé que l'objectif de 0,7% serait rétabli si l'Office for Budget Responsibility (OBR), chargé des prévisions budgétaires pour le gouvernement, indique que le Royaume-Uni n'emprunte pas pour financer les dépenses courantes et que la dette diminue. Keir Starmer, le leader du Labour a estimé que ces conditions risquaient d'entraîner une coupe d'une durée "indéfinie" de l'aide internationale. Il a souligné que le Royaume-Uni était le seul pays du G7 à réduire son aide. Le vote de cette réduction a suscité une réprobation unanime dans le secteur humanitaire. L'ONG Oxfam l'a qualifié de "désastre pour les plus pauvres de la planète", alors que le besoin d'aide humanitaire est au plus haut depuis la Deuxième Guerre mondiale, en raison de guerres, du changement climatique et du coronavirus. Pour l'organisation Christian Aid, cela porte un coup énorme à "la réputation du Royaume-Uni" sur son territoire comme à l'étranger. Réduire le niveau de son aide internationale l'année où le Royaume-Uni accueille la conférence internationale sur le climat COP26 à Glasgow (Écosse), en novembre, est une "grave erreur stratégique, qui compromet les chances de succès et sape la présidence britannique", selon le groupe de réflexion sur le climat E3G. Évoquant le président de la conférence Alok Sharma, nommé par le gouvernement britannique, le directeur général de E3G, Nick Mabey, a dit à l'AFP: "Comment peut-il faire pression sur (d'autres pays riches), alors que nous faisons cela ?" (Belga)