Les autorités boliviennes n'ont confirmé aucun décès dû à ces violences, se bornant à annoncer une centaine d'arrestations. Les médias ont pour leur part fait état d'au moins huit blessés. La Commission interaméricaine des droits humains (CIDH) a toutefois confirmé les cinq décès ainsi qu'un nombre indéterminé de blessés. Elle a dénoncé dans un communiqué "l'usage disproportionnée de la force policière et militaire", notamment des armes à feu pour réprimer des manifestations. Les incidents ont éclaté dans la banlieue de Cochabamba, où des milliers de cultivateurs de coca se sont affrontés toute la journée avec les forces de l'ordre. Les manifestants tentaient de rejoindre le centre-ville, situé à 18 km, pour y protester contre le nouveau gouvernement de la présidente intérimaire Jeanine Añez. Mais ils ont été bloqués par la police, qui les a empêchés de franchir un pont. Les manifestants "portaient des armes, des fusils, des cocktails molotov, des bazookas artisanaux et des engins explosifs", a affirmé le commandant de la police de Cochabamba, le colonel Jaime Zurita. "Ils utilisent de la dynamite et des armes mortelles comme des (fusils) Mauser 765. Ni les forces armées ni la police ne sont équipées d'un tel calibre, je suis inquiet", a-t-il ajouté. Les manifestants ont été dispersés après la tombée de la nuit par la police anti-émeutes, appuyée par l'armée et un hélicoptère. Evo Morales, 60 ans, s'était proclamé vainqueur de la présidentielle du 20 octobre, prétendant ainsi effectuer un quatrième mandat. Mais l'opposition a crié à la fraude et de nombreuses manifestations, parfois très violentes, ont eu lieu. Une mutinerie au sein de la police et enfin son lâchage par l'armée l'ont poussé à quitter la présidence. Depuis qu'Evo Morales a annoncé sa démission, ce sont ses partisans qui affichent leur colère, assurant que son départ est dû à un "coup d'Etat" fomenté par l'opposition. (Belga)