José Mario Vaz, 62 ans, président depuis 2014, s'est inscrit en qualité d'indépendant avant l'échéance de mercredi à minuit, selon la liste communiquée jeudi par la Cour suprême. La sociologue Nancy Schwartz est également enregistrée comme indépendante. La Cour suprême, qui dispose théoriquement de 21 jours pour se prononcer sur les candidatures, était censée se mettre à l'ouvrage dès le jeudi 26 septembre. Cependant, les magistrats ont entamé une grève pour leurs plans de carrière, une meilleure protection policière et des conditions de travail améliorées. "Toutes les instances de justice sont en ce moment fermées. Le mot d'ordre de grève est bien respecté", a souligné Francelina Pereira, présidente du comité de grève. "L'examen des dossiers de candidature (à la présidentielle) est laissé de côté jusqu'à nouvel ordre". Le mouvement est susceptible de compromettre la tenue de la présidentielle à la date prévue, a déclaré l'association des magistrats dans un communiqué. La victoire de José Mario Vaz à la présidentielle de 2014 a marqué un retour progressif à la légalité constitutionnelle dans cette ancienne colonie portugaise à l'histoire jalonnée de coups d'Etat. Mais sa présidence à la tête d'un pays affligé par la pauvreté, la corruption et le trafic de drogue avec l'Amérique latine n'a pas mis fin à l'instabilité politique et les Premiers ministres se sont succédé ces dernières années. Après le bon déroulement des législatives en mars, M. Vaz a refusé d'accéder aux exigences de la majorité parlementaire issue du scrutin et de nommer à la tête du gouvernement Domingos Simoes Pereira, chef du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), parti dont M. Vaz a été exclu. M. Pereira est le candidat du PAIGC à la présidentielle. M. Vaz a terminé son mandat de cinq ans le 23 juin. Depuis lors, il est resté à la tête du pays mais a laissé la conduite des affaires au gouvernement qu'il a formé début juillet, jusqu'à la tenue de la présidentielle, à la suite d'une décision de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao). Parmi les autres candidats, figure l'ancien Premier ministre, Carlos Gomes Junior, enregistré comme indépendant. Il avait été déposé comme chef du gouvernement en 2012 par un coup d'Etat avant le second tour d'une présidentielle dont il était largement donné vainqueur. (Belga)