La nation d'Asie du sud-est traverse une grave crise depuis que l'armée s'est emparée du pouvoir lors d'un coup d'Etat le 1er février, renversant le gouvernement civil d'Aung San Suu Kyi. L'armée birmane a intensifié le recours à la force alors qu'elle cherche à réprimer les manifestations quasi quotidiennes contre la junte, tuant à ce jour au moins 739 personnes, selon le décompte tenu par l'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP). A la tête de la junte, le général Min Aung Hlaing doit participer samedi à un sommet spécial des 10 pays de l'Association des nations du sud-est asiatique(Asean) consacré à la crise birmane. Sa participation au sommet est sévèrement critiquée par des activistes, des groupes de défense des droits humains, et par le gouvernement fantôme créé récemment par des députés du parti d'Aung San Suu Kyi qui auraient voulu être invités au sommet. A Rangoon, la capitale économique du pays, les manifestants ont fait leur retour dans les rues du centre-ville vendredi, après une pause de plusieurs semaines par peur de la répression. Faisant le salut à trois doigts en signe de résistance, ils ont scandé "Que voulons nous? La démocratie!" et réclamé la libération de leur leader, placée au secret depuis le coup d'Etat. Certains manifestants, venus de différents quartier de Rangoon, portaient des pancartes interpellant les pays voisins. "Asean, veuillez vous tenir aux côtés des Birmans" ou "avez-vous besoin de plus de sang ... pour prendre la bonne décision?" pouvait-on lire. La gestion de la crise birmane par l'Asean sera "le plus grand test de son histoire", selon Emerlynne Gil, d'Amnesty International. "Les autorités indonésiennes et les autres États membres de l'Asean ne peuvent ignorer le fait que Min Aung Hlaing est soupçonné des crimes les plus graves préoccupant la communauté internationale dans son ensemble", a-t-elle déclaré. La junte de son côté justifie sa prise de pouvoir par des accusations de fraude électorale massive lors des élections de novembre que le parti de Suu Kyi avait remporté haut la main. Les États-Unis, l'Union européenne et la Grande-Bretagne ont déjà imposé des sanctions à des hauts gradés de l'armée, ainsi qu'à certaines entreprises liées à l'armée. Avant le coup d'État, Min Aung Hlaing faisait déjà face à des sanctions internationales pour le rôle de son armée dans la crise des Rohingyas. Environ 750.000 membres de la minorité musulmane ont fui la Birmanie en 2017 à la suite d'une répression brutale des militaires. (Belga)

La nation d'Asie du sud-est traverse une grave crise depuis que l'armée s'est emparée du pouvoir lors d'un coup d'Etat le 1er février, renversant le gouvernement civil d'Aung San Suu Kyi. L'armée birmane a intensifié le recours à la force alors qu'elle cherche à réprimer les manifestations quasi quotidiennes contre la junte, tuant à ce jour au moins 739 personnes, selon le décompte tenu par l'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP). A la tête de la junte, le général Min Aung Hlaing doit participer samedi à un sommet spécial des 10 pays de l'Association des nations du sud-est asiatique(Asean) consacré à la crise birmane. Sa participation au sommet est sévèrement critiquée par des activistes, des groupes de défense des droits humains, et par le gouvernement fantôme créé récemment par des députés du parti d'Aung San Suu Kyi qui auraient voulu être invités au sommet. A Rangoon, la capitale économique du pays, les manifestants ont fait leur retour dans les rues du centre-ville vendredi, après une pause de plusieurs semaines par peur de la répression. Faisant le salut à trois doigts en signe de résistance, ils ont scandé "Que voulons nous? La démocratie!" et réclamé la libération de leur leader, placée au secret depuis le coup d'Etat. Certains manifestants, venus de différents quartier de Rangoon, portaient des pancartes interpellant les pays voisins. "Asean, veuillez vous tenir aux côtés des Birmans" ou "avez-vous besoin de plus de sang ... pour prendre la bonne décision?" pouvait-on lire. La gestion de la crise birmane par l'Asean sera "le plus grand test de son histoire", selon Emerlynne Gil, d'Amnesty International. "Les autorités indonésiennes et les autres États membres de l'Asean ne peuvent ignorer le fait que Min Aung Hlaing est soupçonné des crimes les plus graves préoccupant la communauté internationale dans son ensemble", a-t-elle déclaré. La junte de son côté justifie sa prise de pouvoir par des accusations de fraude électorale massive lors des élections de novembre que le parti de Suu Kyi avait remporté haut la main. Les États-Unis, l'Union européenne et la Grande-Bretagne ont déjà imposé des sanctions à des hauts gradés de l'armée, ainsi qu'à certaines entreprises liées à l'armée. Avant le coup d'État, Min Aung Hlaing faisait déjà face à des sanctions internationales pour le rôle de son armée dans la crise des Rohingyas. Environ 750.000 membres de la minorité musulmane ont fui la Birmanie en 2017 à la suite d'une répression brutale des militaires. (Belga)