Des fonctionnaires, des agriculteurs et des salariés du privé participent à des rassemblements pro-démocratie, notamment à Rangoon, la capitale économique. "Chassons le dictateur", le chef de la junte Min Aung Hlaing, lancent certains, d'autres font le salut à trois doigts en signe de résistance. Neuf des plus importants syndicats ont appelé à "l'arrêt complet et prolongé de l'économie" à partir de ce lundi. "Le moment est venu d'agir". Permettre aux activités économiques de se poursuivre ne ferait qu'aider l'armée qui "réprime l'énergie du peuple birman", ont-ils écrit dans un communiqué commun. Du coup des usines de textile, un secteur en plein essor avant le coup d'Etat du 1er février, des centres commerciaux, les banques et les postes gardent porte close. La junte a pour sa part mis en garde les fonctionnaires: ceux qui n'auront pas repris le travail à partir de lundi seront licenciés. Les appels à la grève, lancés dès les premières heures qui ont suivi le putsch, ont déjà eu un impact important sur de nombreux secteurs, avec des banques incapables de fonctionner, des hôpitaux fermés et des bureaux ministériels vides. Des minorités ethniques ont rejoint la contestation. Près de la ville de Dawei (sud), des centaines de Karens manifestent, brandissant leur drapeau bleu, blanc rouge et appelant à "en finir avec la dictature". Le cortège est escorté par des rebelles de la faction armée Union nationale karen (KNU), venue protéger les protestataires contre d'éventuelles violences des forces de sécurité. Des Birmanes, en nombre, ont rejoint les défilés pour célébrer la journée internationale des femmes. Moines, étudiants, fonctionnaires: des milliers de Birmans ont manifesté dimanche, notamment à Mandalay (centre) où un grand sit-in a été organisé. La police et l'armée ont fait usage de gaz lacrymogène, de munitions en caoutchouc mais aussi de balles réelles pour disperser des rassemblements, d'après des témoignages recueillis par l'AFP. Des dizaines de contestataires ont été arrêtés et plusieurs blessés, selon l'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP). Plus de 50 manifestants ont été tués depuis le putsch qui a renversé la prix Nobel de la paix 1991. Responsables locaux, journalistes, militants, artistes: des centaines de personnes ont été interpellées depuis le putsch. Face a la détérioration de la situation, des Birmans fuient. Une cinquantaine, dont huit policiers qui refusaient de prendre part à la répression, ont gagné l'Inde voisine, à la frontière de laquelle des dizaines d'autres se sont massés. (Belga)

Des fonctionnaires, des agriculteurs et des salariés du privé participent à des rassemblements pro-démocratie, notamment à Rangoon, la capitale économique. "Chassons le dictateur", le chef de la junte Min Aung Hlaing, lancent certains, d'autres font le salut à trois doigts en signe de résistance. Neuf des plus importants syndicats ont appelé à "l'arrêt complet et prolongé de l'économie" à partir de ce lundi. "Le moment est venu d'agir". Permettre aux activités économiques de se poursuivre ne ferait qu'aider l'armée qui "réprime l'énergie du peuple birman", ont-ils écrit dans un communiqué commun. Du coup des usines de textile, un secteur en plein essor avant le coup d'Etat du 1er février, des centres commerciaux, les banques et les postes gardent porte close. La junte a pour sa part mis en garde les fonctionnaires: ceux qui n'auront pas repris le travail à partir de lundi seront licenciés. Les appels à la grève, lancés dès les premières heures qui ont suivi le putsch, ont déjà eu un impact important sur de nombreux secteurs, avec des banques incapables de fonctionner, des hôpitaux fermés et des bureaux ministériels vides. Des minorités ethniques ont rejoint la contestation. Près de la ville de Dawei (sud), des centaines de Karens manifestent, brandissant leur drapeau bleu, blanc rouge et appelant à "en finir avec la dictature". Le cortège est escorté par des rebelles de la faction armée Union nationale karen (KNU), venue protéger les protestataires contre d'éventuelles violences des forces de sécurité. Des Birmanes, en nombre, ont rejoint les défilés pour célébrer la journée internationale des femmes. Moines, étudiants, fonctionnaires: des milliers de Birmans ont manifesté dimanche, notamment à Mandalay (centre) où un grand sit-in a été organisé. La police et l'armée ont fait usage de gaz lacrymogène, de munitions en caoutchouc mais aussi de balles réelles pour disperser des rassemblements, d'après des témoignages recueillis par l'AFP. Des dizaines de contestataires ont été arrêtés et plusieurs blessés, selon l'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP). Plus de 50 manifestants ont été tués depuis le putsch qui a renversé la prix Nobel de la paix 1991. Responsables locaux, journalistes, militants, artistes: des centaines de personnes ont été interpellées depuis le putsch. Face a la détérioration de la situation, des Birmans fuient. Une cinquantaine, dont huit policiers qui refusaient de prendre part à la répression, ont gagné l'Inde voisine, à la frontière de laquelle des dizaines d'autres se sont massés. (Belga)