Convaincu que les questions communautaires sont du passé, convaincu que la jeunesse belge, elle, comprend les pistes à emprunter et celles à abandonner, convaincu que la Belgique n'est pas cette fiction historique bicéphale comme beaucoup le prétendent, convaincu de notre capacité à rester unis.

Hier, 13 décembre 2016, le monde journalistique fêtait les dix ans de l'émission "Bye Bye Belgium". En effet, le 13 décembre 2006, la RTBF diffusait sur les écrans wallons et bruxellois une édition spéciale mettant en scène la fin de la Belgique suite à une sécession inattendue de la Flandre. Bien au-delà des questions déontologiques qu'a posées ce programme, cette capsule s'est fait la voix d'une dynamique sous-jacente bien plus désolante encore : celle de la "surcouverture" médiatique de la division.

La mauvaise foi me choque. Surtout en journalisme. Et c'est précisément ce qui m'a poussé à écrire cette carte blanche. Le journalisme a conscience du pouvoir qui est le sien, il doit en user avec précaution. Nouvelle trouvaille du moment : "Dossiers Tabous" de Christophe Deborsu. Sous le titre choc de "Belgique : une mort programmée ?", l'émission racle tous les fonds de tiroirs communautaires pourtant déjà traités des centaines de fois. Un contenu dénué de nouveauté, des reportages truqués lors de la diffusion, j'en passe et des meilleurs.

En tant que jeune francophone côtoyant quotidiennement nos compatriotes néerlandophones, je ne peux honnêtement témoigner que d'un sentiment : l'exaspération générale pour les questions communautaires des deux côtés de la frontière linguistique. Vous me direz certainement : ce sont des sentiments, cela ne traduit pas la réalité des faits, le flamand veut la séparation de la Belgique (d'ailleurs, il vote à 30% pour la NVA, n'est-ce pas ?). Pour tordre une bonne fois pour toutes le cou à ces idées reçues, jetons sur le papier quelques éléments concrets :

1) En 2011, une étude de la KUL avance que seuls 9% des jeunes Belges envisagent une solution séparatiste.

2) La KUL affine ses travaux en 2015 en affirmant que seuls 6,4% des Flamands aspirent à une Flandre indépendante. De plus, le sentiment des Flamands d'appartenir uniquement à la Flandre est en baisse : 6,8% en 2014 contre 8% en 2010. La KUL ajoute que l'engouement électoral pour la NVA en 2014 était en grande partie socio-économique.

3) Il y a quelques semaines, le VJP (Vlaams Jeugd Parlement : simulation parlementaire composée uniquement de jeunes flamands de 18 à 25 ans) a voté à 80% pour un projet de résolution en vue d'une Belgique unitaire ! Quel message pour nos politiciens, puissent-t-ils écouter la jeunesse, pour une fois...

4) A contre-courant de l'évolution politique de ces dernières décennies, de nombreux partis et jeunesses politiques se prononcent maintenant en faveur d'une refédéralisation de compétences (CD&V, Open Vld, Groen, Ecolo, Jeunes MR, EcoloJ, Jeunes PS,...).

5) Cette tendance a également été confirmée par une étude collaborative entre professeurs d'université flamands et wallons selon laquelle le sentiment belge est en hausse dans la majorité des partis classiques (à l'exception de la NVA et du VB), au détriment du sentiment d'appartenance exclusivement communautaire.

Que ces chiffres nous apprennent-ils ?

En premier lieu, que les vents populaire et politique soufflent de plus en plus fort contre les questions communautaires.

Deuxièmement, que la population dans son extrême majorité n'a aucune envie de voir la séparation de la Belgique devenir réalité.

Troisièmement, que le "scénario catastrophe" selon lequel la Flandre élabore un plan machiavélique pour se débarrasser du poids wallon est rendu impossible par la volonté même des partis de resserrer les liens entre communautés.

Quatrièmement, que seul 1 vote sur 5 pour la NVA est un vote séparatiste. Cela relativise vachement les propos de Bart, n'est-ce pas ?

Cinquièmement, que la jeunesse porte fièrement les couleurs belges, et ne compte plus se laisser embarquer dans les querelles séparatistes si facilement.

Mesdames et Messieurs les journalistes, abandonnons les thèmes polémiques et sensationnalistes donnant l'impression que la Belgique est sur le point d'exploser. Arrêtez de donner la parole à des courants aussi marginaux que ceux qui plaident pour la fin de notre pays. Mettez l'accent sur ce qui rassemble. Tendez le micro aux jeunes et écoutez ce qu'ils ont à vous raconter. Parce qu'au fond, la seule vraie question qu'il y a lieu de se poser : à quoi ressemblerait la Belgique si on mettait l'accent sur l'unité ?

Convaincu que les questions communautaires sont du passé, convaincu que la jeunesse belge, elle, comprend les pistes à emprunter et celles à abandonner, convaincu que la Belgique n'est pas cette fiction historique bicéphale comme beaucoup le prétendent, convaincu de notre capacité à rester unis. Hier, 13 décembre 2016, le monde journalistique fêtait les dix ans de l'émission "Bye Bye Belgium". En effet, le 13 décembre 2006, la RTBF diffusait sur les écrans wallons et bruxellois une édition spéciale mettant en scène la fin de la Belgique suite à une sécession inattendue de la Flandre. Bien au-delà des questions déontologiques qu'a posées ce programme, cette capsule s'est fait la voix d'une dynamique sous-jacente bien plus désolante encore : celle de la "surcouverture" médiatique de la division.La mauvaise foi me choque. Surtout en journalisme. Et c'est précisément ce qui m'a poussé à écrire cette carte blanche. Le journalisme a conscience du pouvoir qui est le sien, il doit en user avec précaution. Nouvelle trouvaille du moment : "Dossiers Tabous" de Christophe Deborsu. Sous le titre choc de "Belgique : une mort programmée ?", l'émission racle tous les fonds de tiroirs communautaires pourtant déjà traités des centaines de fois. Un contenu dénué de nouveauté, des reportages truqués lors de la diffusion, j'en passe et des meilleurs.En tant que jeune francophone côtoyant quotidiennement nos compatriotes néerlandophones, je ne peux honnêtement témoigner que d'un sentiment : l'exaspération générale pour les questions communautaires des deux côtés de la frontière linguistique. Vous me direz certainement : ce sont des sentiments, cela ne traduit pas la réalité des faits, le flamand veut la séparation de la Belgique (d'ailleurs, il vote à 30% pour la NVA, n'est-ce pas ?). Pour tordre une bonne fois pour toutes le cou à ces idées reçues, jetons sur le papier quelques éléments concrets : 1) En 2011, une étude de la KUL avance que seuls 9% des jeunes Belges envisagent une solution séparatiste.2) La KUL affine ses travaux en 2015 en affirmant que seuls 6,4% des Flamands aspirent à une Flandre indépendante. De plus, le sentiment des Flamands d'appartenir uniquement à la Flandre est en baisse : 6,8% en 2014 contre 8% en 2010. La KUL ajoute que l'engouement électoral pour la NVA en 2014 était en grande partie socio-économique. 3) Il y a quelques semaines, le VJP (Vlaams Jeugd Parlement : simulation parlementaire composée uniquement de jeunes flamands de 18 à 25 ans) a voté à 80% pour un projet de résolution en vue d'une Belgique unitaire ! Quel message pour nos politiciens, puissent-t-ils écouter la jeunesse, pour une fois...4) A contre-courant de l'évolution politique de ces dernières décennies, de nombreux partis et jeunesses politiques se prononcent maintenant en faveur d'une refédéralisation de compétences (CD&V, Open Vld, Groen, Ecolo, Jeunes MR, EcoloJ, Jeunes PS,...). 5) Cette tendance a également été confirmée par une étude collaborative entre professeurs d'université flamands et wallons selon laquelle le sentiment belge est en hausse dans la majorité des partis classiques (à l'exception de la NVA et du VB), au détriment du sentiment d'appartenance exclusivement communautaire.Que ces chiffres nous apprennent-ils ? En premier lieu, que les vents populaire et politique soufflent de plus en plus fort contre les questions communautaires. Deuxièmement, que la population dans son extrême majorité n'a aucune envie de voir la séparation de la Belgique devenir réalité.Troisièmement, que le "scénario catastrophe" selon lequel la Flandre élabore un plan machiavélique pour se débarrasser du poids wallon est rendu impossible par la volonté même des partis de resserrer les liens entre communautés. Quatrièmement, que seul 1 vote sur 5 pour la NVA est un vote séparatiste. Cela relativise vachement les propos de Bart, n'est-ce pas ?Cinquièmement, que la jeunesse porte fièrement les couleurs belges, et ne compte plus se laisser embarquer dans les querelles séparatistes si facilement.Mesdames et Messieurs les journalistes, abandonnons les thèmes polémiques et sensationnalistes donnant l'impression que la Belgique est sur le point d'exploser. Arrêtez de donner la parole à des courants aussi marginaux que ceux qui plaident pour la fin de notre pays. Mettez l'accent sur ce qui rassemble. Tendez le micro aux jeunes et écoutez ce qu'ils ont à vous raconter. Parce qu'au fond, la seule vraie question qu'il y a lieu de se poser : à quoi ressemblerait la Belgique si on mettait l'accent sur l'unité ?