"Nous avons besoin d'un nouveau code source pour nous réinventer en tant que communauté", explique ce conservateur assumé, candidat à la ministre-présidence flamande, dans un livre sobrement intitulé "Over identiteit" (Sur l'identité).

M. De Wever balaie l'histoire du continent européen, en ouvrant chacun de ses chapitres par une citation latine. Sans surprise, il se montre particulièrement critique sur la façon dont le phénomène migratoire a été appréhendé ces dernières années. Il voit une société composée de communautés cloisonnées au lieu de se retrouver progressivement autour d'un "nous".

Il n'y a pas de communauté sans "culture dominante" (leidcultuur), analyse-t-il. Et cette culture, M. De Wever estime qu'elle se fonde sur les "Lumières", ce courant philosophique initiateur de la modernité et qui s'est répandu en Europe à partir de la seconde moitié du XVIIe siècle.

"Une culture dominante domine mais ne contraint pas. Aucun individu ne peut ou ne doit se sentir contraint de se déclarer entièrement d'accord avec les principes des Lumières (...) Mais on doit accepter que la culture dominante soit le socle de l'organisation de notre culture publique. Cela signifie que la société se fonde sur cette règle pour choisir la façon d'organiser la vie publique et que la culture privée d'un citoyen est d'un intérêt secondaire", écrit-il.

Le président du parti nationaliste ne croit plus dans la Belgique en tant que communauté. La Flandre constitue le cadre de référence pour les Flamands, juge-t-il. "La communauté culturelle flamand est aujourd'hui le cadre le plus pertinent dans lequel nous vivons notre identité. Notre identité nationale est flamande. Mais elle peut avoir l'ambition à terme de devenir européenne".

Quatre principes doivent sous-tendre cette identité flamande.

Le premier d'entre eux est la neutralité de l'autorité publique, qui suppose notamment que "les citoyens ne tirent aucun droit automatique de leur identité personnelle dans la culture publique". L'une des illustrations est l'interdiction des signes convictionnels dans l'enseignement public ou dans la fonction publique.

Le second principe repose sur la connaissance du néerlandais, "langue de la communauté", préalable indispensable pour participer à la vie publique.

Les valeurs des Lumières comme "logiciel" de la culture publique constituent le troisième principe. M. De Wever vise la liberté, l'égalité, la solidarité, la séparation de l'Eglise et de l'Etat, l'Etat de droit et la souveraineté du peuple.

La citoyenneté forme le quatrième principe. "La citoyenneté n'est pas un chiffon de papier que l'on offre à tout un chacun comme cadeau de bienvenue", souligne-t-il.

En jouir implique de séjourner depuis un certain temps, connaître la langue de la communauté et prouver que l'on participe à celle-ci. Un "examen de citoyenneté" permettrait de vérifier si ces conditions sont remplies, couronné par une cérémonie où l'intégration du citoyen comme nouveau membre de la communauté serait célébrée.