Le fondateur de la chaîne Telegram Nexta ("Quelqu'un", en bélarusse), qui a joué un rôle important lors d'une vague de contestation post-électorale en 2020, a estimé que l'Occident devrait engager des actions "fermes" vis-à vis du régime d'Alexandre Loukachenko, après l'arrestation à Minsk de son proche collaborateur Roman Protassevitch. "Depuis huit mois on nous promet de l'aide mais en vérité il n'y a aucune aide visible. Ce qui c'est passé avec Roman a finalement obligé l'Occident à engager des mesures plus importantes", dit M. Svetlov. Mais il "faut aller encore plus loin", jusqu'à "l'isolement international, reconnaissance de ce régime comme terroriste", insiste-t-il. Selon lui, l'Occident devrait couper "tous les contacts diplomatiques, commerciaux, économiques avec Minsk, (...) l'ignorer sur la scène internationale", ainsi que "bloquer les réseaux d'informations, les canaux satellites bélarusses, l'accès à des agences d'informations et même au réseau interbancaire SWIFT". L'opposant a fait part des craintes pour sa vie et celles de ses collaborateurs, du risque de "devenir les prochaines victimes" du régime. "Nous recevons des centaines de menaces de mort, (affirmant) que Roman a de la chance d'avoir été arrêté, que nous, on ne sera pas arrêtés mais tués par balles, qu'ils vont faire sauter notre bureau à Varsovie", indique M. Svetlov, qui utilise parfois le nom de famille Poutilo. Il assure pourtant que lui et ses collaborateurs vont "continuer le combat". Selon lui, "il s'agit d'une vengeance personnelle de Loukachenko". "On était ses pires ennemis avant même que (la candidate d'opposition à l'élection présidentielle) Svetlana Tikhanovskaïa ne le devienne. On était considérés comme terroristes", rappelle l'opposant. Il regrette de n'avoir aucune nouvelle de Roman Protassevitch, arrêté par les forces de sécurité biélorusses dimanche lorsqu'un avion de ligne de la compagnie Ryanair reliant Athènes à Vilnius a été dérouté sur Minsk. Selon lui, sur sa vidéo publiée par le régime, on voyait "qu'il a été battu". "On voit qu'ils ont essayé de masquer les traces, on voit le make-up un peu, mais si on regarde attentivement la vidéo, et qu'on augmente le contraste, comme on l'a fait, on voit qu'il a été battu, qu'il a des cicatrices, des bleus", précise M. Svetlov. "Il est sous pression, une pression terrible, car ils utilisent des méthodes staliniennes au Bélarus", insiste-t-il. "Il est torturé, ils l'obligent à dire des choses qu'il ne pense pas". Selon M. Svetlov, le régime essaye de prouver que Nexta est dirigée par l'Occident, de trouver les sources d'informations diffusées sur Nexta et de "discréditer le mouvement" d'opposition. "Heureusement, on a réussi à supprimer tous les comptes (internet) de Roman", assure-t-il. Selon M. Svetlov, il y a "une grande probabilité" que le détournement de l'avion et l'arrestation de son collaborateur aient été conduits avec l'accord de Moscou. "Minsk n'a pas tant d'agents à l'étranger. Roman informait que quelqu'un le suivait en Grèce, et que quelqu'un essayait de le prendre en photo avant le vol; quatre citoyens russes (passagers du même avion) sont restés à Minsk et on voit que la Russie y a pris part", estime-t-il. (Belga)

Le fondateur de la chaîne Telegram Nexta ("Quelqu'un", en bélarusse), qui a joué un rôle important lors d'une vague de contestation post-électorale en 2020, a estimé que l'Occident devrait engager des actions "fermes" vis-à vis du régime d'Alexandre Loukachenko, après l'arrestation à Minsk de son proche collaborateur Roman Protassevitch. "Depuis huit mois on nous promet de l'aide mais en vérité il n'y a aucune aide visible. Ce qui c'est passé avec Roman a finalement obligé l'Occident à engager des mesures plus importantes", dit M. Svetlov. Mais il "faut aller encore plus loin", jusqu'à "l'isolement international, reconnaissance de ce régime comme terroriste", insiste-t-il. Selon lui, l'Occident devrait couper "tous les contacts diplomatiques, commerciaux, économiques avec Minsk, (...) l'ignorer sur la scène internationale", ainsi que "bloquer les réseaux d'informations, les canaux satellites bélarusses, l'accès à des agences d'informations et même au réseau interbancaire SWIFT". L'opposant a fait part des craintes pour sa vie et celles de ses collaborateurs, du risque de "devenir les prochaines victimes" du régime. "Nous recevons des centaines de menaces de mort, (affirmant) que Roman a de la chance d'avoir été arrêté, que nous, on ne sera pas arrêtés mais tués par balles, qu'ils vont faire sauter notre bureau à Varsovie", indique M. Svetlov, qui utilise parfois le nom de famille Poutilo. Il assure pourtant que lui et ses collaborateurs vont "continuer le combat". Selon lui, "il s'agit d'une vengeance personnelle de Loukachenko". "On était ses pires ennemis avant même que (la candidate d'opposition à l'élection présidentielle) Svetlana Tikhanovskaïa ne le devienne. On était considérés comme terroristes", rappelle l'opposant. Il regrette de n'avoir aucune nouvelle de Roman Protassevitch, arrêté par les forces de sécurité biélorusses dimanche lorsqu'un avion de ligne de la compagnie Ryanair reliant Athènes à Vilnius a été dérouté sur Minsk. Selon lui, sur sa vidéo publiée par le régime, on voyait "qu'il a été battu". "On voit qu'ils ont essayé de masquer les traces, on voit le make-up un peu, mais si on regarde attentivement la vidéo, et qu'on augmente le contraste, comme on l'a fait, on voit qu'il a été battu, qu'il a des cicatrices, des bleus", précise M. Svetlov. "Il est sous pression, une pression terrible, car ils utilisent des méthodes staliniennes au Bélarus", insiste-t-il. "Il est torturé, ils l'obligent à dire des choses qu'il ne pense pas". Selon M. Svetlov, le régime essaye de prouver que Nexta est dirigée par l'Occident, de trouver les sources d'informations diffusées sur Nexta et de "discréditer le mouvement" d'opposition. "Heureusement, on a réussi à supprimer tous les comptes (internet) de Roman", assure-t-il. Selon M. Svetlov, il y a "une grande probabilité" que le détournement de l'avion et l'arrestation de son collaborateur aient été conduits avec l'accord de Moscou. "Minsk n'a pas tant d'agents à l'étranger. Roman informait que quelqu'un le suivait en Grèce, et que quelqu'un essayait de le prendre en photo avant le vol; quatre citoyens russes (passagers du même avion) sont restés à Minsk et on voit que la Russie y a pris part", estime-t-il. (Belga)