Le dirigeant, âgé de 49 ans, a prêté serment peu après 13H00 devant le président Alexander Van der Bellen, sous les ors du palais de la Hofburg à Vienne. Considéré par les commentateurs comme "loyal" envers sa formation conservatrice de l'ÖVP, il avait intégré le gouvernement début 2020. "C'est un choix d'équilibre", souligne le politologue Patrick Moreau, spécialiste de l'Autriche. Sans être de son cercle très proche, il est "un fidèle par excellence de Sebastian Kurz", dont il partage la ligne dure sur le droit d'asile. Mais contrairement à l'ancien chancelier qui avait réussi une conquête à la hussarde du parti, "il est un représentant du vieil ÖVP (...) et un personnage très consensuel", poursuit-il. Selon l'expert, cet élément devrait "faciliter" le travail et "stabiliser" la coalition avec les Verts, le partenaire des conservateurs au gouvernement. Ce tandem inédit a été mis à rude épreuve cette année par plusieurs différends idéologiques mais surtout par les affaires judiciaires en série. Sebastian Kurz avait été mis en cause une première fois en mai pour faux témoignage présumé devant une commission parlementaire, puis en octobre dans un scandale de corruption qui lui a coûté son poste de chancelier. Remplacé par Alexander Schallenberg, auparavant ministre des Affaires étrangères, le responsable de 35 ans était resté à la présidence du parti conservateur. Mais il a finalement préféré jeter l'éponge la semaine dernière pour se consacrer à sa famille et relever de nouveaux "défis professionnels". Pour mieux imprimer sa marque et tourner la page Kurz, Karl Nehammer a d'emblée décidé de procéder à un vaste remaniement ministériel. Avant même 2020, la vie politique autrichienne a connu de multiples soubresauts: le pays alpin de 8,9 millions d'habitants se dote ainsi de son cinquième chancelier depuis 2016. Karl Nehammer aura pour première mission de réussir la sortie du confinement, en théorie prévue d'ici la fin de la semaine. Face à la flambée du nombre de contaminations au Covid-19, l'Autriche s'est distinguée dans l'Union européenne en confinant en novembre les non-vaccinés, puis les vaccinés: magasins, restaurants, lieux culturels et sportifs ont baissé le rideau, seules les écoles restant ouvertes. C'est aussi le premier pays de l'UE à avoir décrété la vaccination obligatoire, à compter de février 2022. Fort de son passé de militaire, Karl Nehammer, barbe de trois jours et tempes grisonnantes, n'a pas hésité, à la tête du ministère de l'Intérieur, à lancer de sévères avertissements aux manifestants qui descendent depuis trois semaines dans la rue pour protester contre les mesures anti-Covid. Il devra aussi redorer le blason de son parti: depuis la chute de Sebastian Kurz, l'ÖVP, au pouvoir depuis 1987, a perdu sa première place dans les sondages: il a été doublé par le parti social-démocrate et est désormais talonné par l'extrême droite. (Belga)

Le dirigeant, âgé de 49 ans, a prêté serment peu après 13H00 devant le président Alexander Van der Bellen, sous les ors du palais de la Hofburg à Vienne. Considéré par les commentateurs comme "loyal" envers sa formation conservatrice de l'ÖVP, il avait intégré le gouvernement début 2020. "C'est un choix d'équilibre", souligne le politologue Patrick Moreau, spécialiste de l'Autriche. Sans être de son cercle très proche, il est "un fidèle par excellence de Sebastian Kurz", dont il partage la ligne dure sur le droit d'asile. Mais contrairement à l'ancien chancelier qui avait réussi une conquête à la hussarde du parti, "il est un représentant du vieil ÖVP (...) et un personnage très consensuel", poursuit-il. Selon l'expert, cet élément devrait "faciliter" le travail et "stabiliser" la coalition avec les Verts, le partenaire des conservateurs au gouvernement. Ce tandem inédit a été mis à rude épreuve cette année par plusieurs différends idéologiques mais surtout par les affaires judiciaires en série. Sebastian Kurz avait été mis en cause une première fois en mai pour faux témoignage présumé devant une commission parlementaire, puis en octobre dans un scandale de corruption qui lui a coûté son poste de chancelier. Remplacé par Alexander Schallenberg, auparavant ministre des Affaires étrangères, le responsable de 35 ans était resté à la présidence du parti conservateur. Mais il a finalement préféré jeter l'éponge la semaine dernière pour se consacrer à sa famille et relever de nouveaux "défis professionnels". Pour mieux imprimer sa marque et tourner la page Kurz, Karl Nehammer a d'emblée décidé de procéder à un vaste remaniement ministériel. Avant même 2020, la vie politique autrichienne a connu de multiples soubresauts: le pays alpin de 8,9 millions d'habitants se dote ainsi de son cinquième chancelier depuis 2016. Karl Nehammer aura pour première mission de réussir la sortie du confinement, en théorie prévue d'ici la fin de la semaine. Face à la flambée du nombre de contaminations au Covid-19, l'Autriche s'est distinguée dans l'Union européenne en confinant en novembre les non-vaccinés, puis les vaccinés: magasins, restaurants, lieux culturels et sportifs ont baissé le rideau, seules les écoles restant ouvertes. C'est aussi le premier pays de l'UE à avoir décrété la vaccination obligatoire, à compter de février 2022. Fort de son passé de militaire, Karl Nehammer, barbe de trois jours et tempes grisonnantes, n'a pas hésité, à la tête du ministère de l'Intérieur, à lancer de sévères avertissements aux manifestants qui descendent depuis trois semaines dans la rue pour protester contre les mesures anti-Covid. Il devra aussi redorer le blason de son parti: depuis la chute de Sebastian Kurz, l'ÖVP, au pouvoir depuis 1987, a perdu sa première place dans les sondages: il a été doublé par le parti social-démocrate et est désormais talonné par l'extrême droite. (Belga)