Les manifestants, quelque 8.000, selon les organisateurs, ont défilé jusqu'aux abords du siège du gouvernement derrière une banderole portant leur revendication : "Jamais plus de (gouvernement) noir-bleu", les couleurs respectives du parti conservateur ÖVP et du parti d'extrême droite FPÖ. Ces deux formations politiques ont dirigé l'Autriche durant 18 mois de décembre 2017 au mois de mai dernier, jusqu'à la rupture brutale de leur alliance en lien avec la diffusion d'une vidéo compromettante pour le dirigeant du FPÖ et vice-chancelier Heinz-Christian Strache. Le chef des conservateurs, Sebastian Kurz, qui avait scellé en 2017 cette alliance avec l'extrême droite, est donné favori des législatives anticipées du 29 septembre, convoquées après l'éclatement de la coalition. Il n'a pas exclu de former une nouvelle majorité avec le FPÖ désormais dirigé par Norbert Hofer, successeur de M. Strache qui a été contraint à la démission. La manifestation, à l'appel de plusieurs ONG de défense des droits et de syndicats de salariés, a mis en garde contre le retour "du gouvernement de la peur", ainsi désigné par Erich Fenninger, porte-parole d'un groupe d''associations de défense du droit d'asile. "Contre le racisme et la casse sociale", proclamaient d'autres banderoles. Sebastian Kurz, âgé de 33 ans et qui a pris la tête de l'ÖVP il y a deux ans, prône une politique restrictive sur l'accueil des migrants qui lui avait permis de trouver un terrain d'entente pour gouverner avec le FPÖ. Ce dernier, un parti fondé dans les années 50 par d'anciens nazis, a fait l'objet de plusieurs controverses, certains de ses membres étant mis en cause pour des propos racistes ou antisémites. Samedi, le FPÖ a annoncé l'exclusion de l'un de ses principaux cadres élus dans la province de Basse-Autriche pour avoir, de façon à peine déguisée, dédicacé sur Facebook un message à Hitler. L'affaire remonte à 2014, lorsque cet homme de 49 ans avait posté à la date du 20 avril, jour de naissance d'Hitler, "des voeux chaleureux à ceux qui ont aujourd'hui leur anniversaire". Le parti d'extrême droite a procédé à plusieurs évictions pour actes antisémites ou neonazis au cours des derniers mois, affirmant qu'il s'agissait de "cas isolés". (Belga)