Les débats au parlement portaient à l'époque sur la légalisation de sprays au gaz de poivre pour protéger les femmes. Une motion proposait d'assouplir les règles afin de permettre aux femmes de se munir d'un pepper spray ou d'un taser pour se défendre en cas d'agressions sexuelles. Les écologistes s'opposaient l'idée, arguant qu'elle faisait une fois encore reposer la responsabilité des violences sur les épaules des femmes. Répondant à une intervention de la sénatrice Hanson-Young, David Leyonhjelm avait déclaré en pleine séance qu'elle n'avait qu'à "arrêter de baiser des hommes". Il avait par la suite justifié ses propos dans la presse: la sénatrice avait dit que tous les hommes étaient des violeurs, prétendait-il. Sarah Hanson-Young avait immédiatement demandé à son collègue du parti de droite Libéral-Démocratique de s'excuser et avait dénoncé le "slut-shaming" dont elle était la cible. Face à son refus de lui présenter des excuses, elle avait décidé de porter plainte pour diffamation. Le juge qui a statué sur le dossier a estimé que l'écologiste n'avait pas prononcé les mots que David Leyonhjelm lui avait attribués et qu'au lieu de cela, il avait probablement entendu "ce qu'il était prédisposé à entendre en raison de son opinion préexistante" sur Sarah Hanson-Young. Le magistrat souligne que l'ex-parlementaire - qui a démissionné depuis les faits - a agi par malveillance en ce qu'il a soumis ses commentaires concernant la sénatrice à une large audience avec l'intention de lui nuire publiquement. Lors d'une conférence de presse après la proclamation du jugement, lundi, Sarah Hanson-Young a déclaré que sa victoire revenait à toutes les femmes qui subissent des pressions vouées à les faire taire. "Lorsqu'un homme fait quelque chose de mal, il doit s'excuser. Lorsqu'il ne le fait pas, il doit alors être dénoncé", a-t-elle commenté. "C'est ce que j'ai fait dans ce cas-ci - et je ne l'ai pas fait pour moi, mais pour chaque femme et chaque fille à travers le pays qui ont déjà été réduites au silence." Les dommages et intérêts dont elle doit bénéficier seront reversés à des organisations de défense des droits des femmes en Australie, a-t-elle ajouté. (Belga)