Selon ces documents, des réunions préparatoires à ces arrestations ont été organisées à partir du début du mois de septembre.

Des actions quotidiennes étaient notamment prévues du 6 au 15 septembre: de 20 à 30 personnes 'devaient' être arrêtées chaque jour au parc Maximilien, l'Office des étrangers garantissant de pourvoir au nombre de places nécessaires dans les centres fermés du royaume. Les mêmes documents font état de la "grande action" du 21 septembre à Bruxelles au cours de laquelle la 'volonté' était d'arrêter 250 personnes. Ayant fuité, l'opération n'a finalement pas eu lieu. Interrogé récemment au parlement, le ministre de l'Intérieur Jan Jambon a indiqué qu'elle n'était plus nécessaire "vu le succès de l'approche multidisciplinaire". Il a précisé que "l'objectif de cette grande action n'était pas d'arrêter 250 personnes".

Interrogé en commission par le député Benoît Hellings (Ecolo), le vice-premier ministre N-VA a pourtant affirmé qu'il n'avait "pas imposé de quotas concernant le nombre de personnes à arrêter" et précisé qu'il était "complètement idiot de même penser cela".

Interrogé par Belga, un policier fédéral participant aux opérations indique qu'il n'existe pas de quota sur papier mais que l'Office des étrangers signifie aux forces de l'ordre, le matin des opérations, le nombre de places disponibles dans les centres, le nombre de places disponibles dans les avions ainsi que le pays de destination. "Si on a dix places pour le Soudan, on concentre nos efforts sur les Soudanais et on ferme les yeux sur les dix Roumains se trouvant à côté, pour lesquels il n'y a pas de places", indique-t-il.

L'ensemble des intervenants n'agit pas de gaité de coeur. Ainsi, deux policiers - un fédéral et un zonal - ainsi qu'un fonctionnaire de l'Office des étrangers ont témoigné auprès de Belga de réticences qui gagnent certaines équipes.

Les opérations menées à la gare du Nord et au parc Maximilien l'ont été en concertation avec les polices locales (Bruxelles-Ixelles et Nord), la police fédérale, l'Office des étrangers et le service de tutelle, selon le ministre de l'Intérieur.

D'après les documents qu'a pu lire Belga, une réunion d'évaluation de ces opérations s'est déroulée au niveau décisionnel au cabinet du premier ministre Charles Michel. Au cours de celle-ci, le cabinet Jambon a délivré une appréciation positive.

Ces opérations ont eu lieu alors que le secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration Theo Francken n'avait pas caché son ambition de vouloir "nettoyer" le parc Maximilien.

Alerté par une source au sein de l'appareil d'Etat, le président de la Ligue des droits de l'Homme Alexis Deswaef avait déjà évoqué, il y a un mois dans Le Soir, l'existence de quotas d'arrestation. Evoquant des actes incompatibles avec la fonction de police et des rafles indignes d'une démocratie, il avait été contredit par le cabinet du secrétaire d'Etat Francken.

"Pas de quota", affirme Jambon

Il n'y avait absolument pas d'objectifs chiffrés à atteindre dans l'arrestation des migrants au parc Maximilien le mois dernier. Que du contraire: il y a des capacités maximales dans les centres fermés dont il faut tenir compte lors des opérations, a indiqué ce samedi le porte-parole du ministre de l'Intérieur Jan Jambon, Olivier Van Raemdonck.

"Cela n'a pas de sens d'arrêter plus de personnes que ce que la capacité dans les centres fermés ne le permet", souligne le porte-parole. "Les capacités des centres fermés ont été systématiquement étendues sous ce gouvernement mais, à un moment donné, il n'y a bien sûr qu'un certain nombre de cellules libres. Il n'est pas question de quota."

"On a toujours travaillé de cette manière sous les gouvernements précédents", ajoute encore Olivier Van Raemdonck.

Le PS demande une réunion d'urgence

Par ailleurs, le groupe PS à la Chambre a demandé une réunion d'urgence des commissions de la Justice et de l'Intérieur à la suite de ces informations faisant état d'objectifs chiffrés à atteindre dans l'arrestation des migrants.

Le ministre de l'Intérieur Jan Jambon et le secrétaire d'Etat à l'Asile et aux Migrations Theo Francken ont toujours nié l'existence de quotas.

Pour la députée Julie Fernandez, "les ministres Jambon et Francken ne semblent pas avoir dit la vérité au parlement".

Selon ces documents, des réunions préparatoires à ces arrestations ont été organisées à partir du début du mois de septembre. Des actions quotidiennes étaient notamment prévues du 6 au 15 septembre: de 20 à 30 personnes 'devaient' être arrêtées chaque jour au parc Maximilien, l'Office des étrangers garantissant de pourvoir au nombre de places nécessaires dans les centres fermés du royaume. Les mêmes documents font état de la "grande action" du 21 septembre à Bruxelles au cours de laquelle la 'volonté' était d'arrêter 250 personnes. Ayant fuité, l'opération n'a finalement pas eu lieu. Interrogé récemment au parlement, le ministre de l'Intérieur Jan Jambon a indiqué qu'elle n'était plus nécessaire "vu le succès de l'approche multidisciplinaire". Il a précisé que "l'objectif de cette grande action n'était pas d'arrêter 250 personnes". Interrogé en commission par le député Benoît Hellings (Ecolo), le vice-premier ministre N-VA a pourtant affirmé qu'il n'avait "pas imposé de quotas concernant le nombre de personnes à arrêter" et précisé qu'il était "complètement idiot de même penser cela". Interrogé par Belga, un policier fédéral participant aux opérations indique qu'il n'existe pas de quota sur papier mais que l'Office des étrangers signifie aux forces de l'ordre, le matin des opérations, le nombre de places disponibles dans les centres, le nombre de places disponibles dans les avions ainsi que le pays de destination. "Si on a dix places pour le Soudan, on concentre nos efforts sur les Soudanais et on ferme les yeux sur les dix Roumains se trouvant à côté, pour lesquels il n'y a pas de places", indique-t-il. L'ensemble des intervenants n'agit pas de gaité de coeur. Ainsi, deux policiers - un fédéral et un zonal - ainsi qu'un fonctionnaire de l'Office des étrangers ont témoigné auprès de Belga de réticences qui gagnent certaines équipes. Les opérations menées à la gare du Nord et au parc Maximilien l'ont été en concertation avec les polices locales (Bruxelles-Ixelles et Nord), la police fédérale, l'Office des étrangers et le service de tutelle, selon le ministre de l'Intérieur. D'après les documents qu'a pu lire Belga, une réunion d'évaluation de ces opérations s'est déroulée au niveau décisionnel au cabinet du premier ministre Charles Michel. Au cours de celle-ci, le cabinet Jambon a délivré une appréciation positive. Ces opérations ont eu lieu alors que le secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration Theo Francken n'avait pas caché son ambition de vouloir "nettoyer" le parc Maximilien. Alerté par une source au sein de l'appareil d'Etat, le président de la Ligue des droits de l'Homme Alexis Deswaef avait déjà évoqué, il y a un mois dans Le Soir, l'existence de quotas d'arrestation. Evoquant des actes incompatibles avec la fonction de police et des rafles indignes d'une démocratie, il avait été contredit par le cabinet du secrétaire d'Etat Francken.Il n'y avait absolument pas d'objectifs chiffrés à atteindre dans l'arrestation des migrants au parc Maximilien le mois dernier. Que du contraire: il y a des capacités maximales dans les centres fermés dont il faut tenir compte lors des opérations, a indiqué ce samedi le porte-parole du ministre de l'Intérieur Jan Jambon, Olivier Van Raemdonck."Cela n'a pas de sens d'arrêter plus de personnes que ce que la capacité dans les centres fermés ne le permet", souligne le porte-parole. "Les capacités des centres fermés ont été systématiquement étendues sous ce gouvernement mais, à un moment donné, il n'y a bien sûr qu'un certain nombre de cellules libres. Il n'est pas question de quota." "On a toujours travaillé de cette manière sous les gouvernements précédents", ajoute encore Olivier Van Raemdonck.Par ailleurs, le groupe PS à la Chambre a demandé une réunion d'urgence des commissions de la Justice et de l'Intérieur à la suite de ces informations faisant état d'objectifs chiffrés à atteindre dans l'arrestation des migrants.Le ministre de l'Intérieur Jan Jambon et le secrétaire d'Etat à l'Asile et aux Migrations Theo Francken ont toujours nié l'existence de quotas.Pour la députée Julie Fernandez, "les ministres Jambon et Francken ne semblent pas avoir dit la vérité au parlement".