"J'aime. J'aime pas. Tous des (censuré) ! Encore ce réchauffement climatique qui n'existe pas. Malades de climato-sceptiques. Je hais la religion. Respectez-nous, sales mécréants. A bas la droite. A bas la gauche. Tu as vu sa tête ? ses dents ? son nez ? ses jambes ? N'importe quoi, ce qu'il dit. Non mais, tu t'es entendu ?" Version gentille de ce qui circule à chaque instant sur la toile.

En plus d'être un outil qui relie, les réseaux sociaux sont désormais le réceptacle de matchs de catch quotidiens, auxquels se livrent des milliards de citoyens. Chaque jour. Chaque instant. Confortablement installés dans leur canapé ou à leur bureau, d'un geste svelte et malin sur leur smartphone en marchant dans la rue. Tout cela est connu, accepté ou toléré seulement. Ce constat bateau est une réalité de notre ère hyper-connectée. Mais il ne doit pas être banalisé. Jamais.

Parce que parfois, on s'interroge trop tard et on hurle parce que cela dérape, cela va trop loin. Bien trop loin. A en glacer le sang. Les instruments d'amitié deviennent des armes de terreur.

Maëlle avait 15 ans. Vendredi dernier, cette jeune fille de Jumet s'est suicidée après avoir victime de harcèlement sur les réseaux. Sa famille tire la sonnette d'alarme et lance le hashtag #stopauharcèlement. "Je veux que ma fille devienne le symbole de ces enfants qui ne doivent pas avoir peur de chercher de l'aide", dit son père. L'homme souffre et envisage de créer une ASBL pour mener ce combat. En mémoire de celle qui n'est plus là. Avec tant d'autres avant elle, qui ont subi le même type de harcèlement.

Mila a 16 ans. Le 18 janvier, cette écolière de Lyon discute sur Instagram et refuse les avances insistantes d'un jeune homme. La religion arrive dans la discussion. "Dans le coran, il n'y a que de la haine", lâche-t-elle avec d'autres affirmations plus crues. "J'ai le droit de critiquer ta religion, ce n'est pas du racisme." Depuis, elle est menacée de mort, vit sous protection policière, on cherche à l'intégrer dans une autre école et le net se déchire : #JesuisMila ou #JenesuispasMila. Un débat a revu le jour en France sur le droit au blasphème, cinq ans après Charlie, et Mila se défend en direct à la télévision. Projetée dans le grand bain des médisances et des egos.

Greta a 17 ans. Atteinte du syndrome d'Asperger, cette Suédoise est devenue le symbole du combat des jeunes pour le climat dans le monde. Elle ne cesse de rappeler que sa place serait davantage à l'école (on lui rappelle d'ailleurs assez), mais qu'elle ne peut se taire face à l'inaction des gouvernements contre le réchauffement climatique. Avec Anuna De Wever ou Adelaïde Charlier chez nous, elle a certes choisi l'action publique. Mais ces jeunes femmes sont devenues les cibles de campagnes de haine incessantes de la part de ceux qui refusent les diktats écologiques.

Les confrontations, viriles parfois, sur le climat, la religion ou le style de vie ont évidemment lieu d'être dans cet espace globalisé, mais s'en prendre personnellement à des ados, les injurier, les dénigrer, les rabaisser, cela dépasse l'entendement. N'avez-vous pas souvenir de l'idéalisme de vos 15, 16 ou 17 ans ? N'étiez-vous pas alors dans des expressions sans nuances ? N'étiez-vous pas fragiles, en quête d'identité, désireux de vous rebeller pour exister et vous affirmer ? N'étiez-vous pas timides, taiseux ou orgueilleux, avec l'incapacité de dénoncer ce qui vous fait mal, insidieusement ? Et franchement, auriez-vous résisté à une telle déferlante de haine sur la place publique ?

Maëlle, Mila, Greta et les autres doivent être les symboles de ce combat que l'on doit mener contre la banalisation de la haine sur les réseaux sociaux. Leurs histoires doivent nous rappeler sans cesse que l'on ne peut accepter l'innommable. Des plans de lutte contre le harcèlement se mettent en place, les partis politiques multiplient les propositions, la reine Mathilde en fait une affaire personnelle, tout cela est à saluer. Mais la réponse se trouve avant tout en nous, dans nos comportements, dans chacun de nos like ou de nos commentaires postés à la hussarde, avec les tripes. C'est avant tout à nous, monde des adultes, de protéger nos ados contre eux-mêmes, parfois, mais surtout contre nous-mêmes, nos errements et nos dérapages inqualifiables.

"J'aime. J'aime pas. Tous des (censuré) ! Encore ce réchauffement climatique qui n'existe pas. Malades de climato-sceptiques. Je hais la religion. Respectez-nous, sales mécréants. A bas la droite. A bas la gauche. Tu as vu sa tête ? ses dents ? son nez ? ses jambes ? N'importe quoi, ce qu'il dit. Non mais, tu t'es entendu ?" Version gentille de ce qui circule à chaque instant sur la toile.En plus d'être un outil qui relie, les réseaux sociaux sont désormais le réceptacle de matchs de catch quotidiens, auxquels se livrent des milliards de citoyens. Chaque jour. Chaque instant. Confortablement installés dans leur canapé ou à leur bureau, d'un geste svelte et malin sur leur smartphone en marchant dans la rue. Tout cela est connu, accepté ou toléré seulement. Ce constat bateau est une réalité de notre ère hyper-connectée. Mais il ne doit pas être banalisé. Jamais.Parce que parfois, on s'interroge trop tard et on hurle parce que cela dérape, cela va trop loin. Bien trop loin. A en glacer le sang. Les instruments d'amitié deviennent des armes de terreur.Maëlle avait 15 ans. Vendredi dernier, cette jeune fille de Jumet s'est suicidée après avoir victime de harcèlement sur les réseaux. Sa famille tire la sonnette d'alarme et lance le hashtag #stopauharcèlement. "Je veux que ma fille devienne le symbole de ces enfants qui ne doivent pas avoir peur de chercher de l'aide", dit son père. L'homme souffre et envisage de créer une ASBL pour mener ce combat. En mémoire de celle qui n'est plus là. Avec tant d'autres avant elle, qui ont subi le même type de harcèlement.Mila a 16 ans. Le 18 janvier, cette écolière de Lyon discute sur Instagram et refuse les avances insistantes d'un jeune homme. La religion arrive dans la discussion. "Dans le coran, il n'y a que de la haine", lâche-t-elle avec d'autres affirmations plus crues. "J'ai le droit de critiquer ta religion, ce n'est pas du racisme." Depuis, elle est menacée de mort, vit sous protection policière, on cherche à l'intégrer dans une autre école et le net se déchire : #JesuisMila ou #JenesuispasMila. Un débat a revu le jour en France sur le droit au blasphème, cinq ans après Charlie, et Mila se défend en direct à la télévision. Projetée dans le grand bain des médisances et des egos.Greta a 17 ans. Atteinte du syndrome d'Asperger, cette Suédoise est devenue le symbole du combat des jeunes pour le climat dans le monde. Elle ne cesse de rappeler que sa place serait davantage à l'école (on lui rappelle d'ailleurs assez), mais qu'elle ne peut se taire face à l'inaction des gouvernements contre le réchauffement climatique. Avec Anuna De Wever ou Adelaïde Charlier chez nous, elle a certes choisi l'action publique. Mais ces jeunes femmes sont devenues les cibles de campagnes de haine incessantes de la part de ceux qui refusent les diktats écologiques.Les confrontations, viriles parfois, sur le climat, la religion ou le style de vie ont évidemment lieu d'être dans cet espace globalisé, mais s'en prendre personnellement à des ados, les injurier, les dénigrer, les rabaisser, cela dépasse l'entendement. N'avez-vous pas souvenir de l'idéalisme de vos 15, 16 ou 17 ans ? N'étiez-vous pas alors dans des expressions sans nuances ? N'étiez-vous pas fragiles, en quête d'identité, désireux de vous rebeller pour exister et vous affirmer ? N'étiez-vous pas timides, taiseux ou orgueilleux, avec l'incapacité de dénoncer ce qui vous fait mal, insidieusement ? Et franchement, auriez-vous résisté à une telle déferlante de haine sur la place publique ?Maëlle, Mila, Greta et les autres doivent être les symboles de ce combat que l'on doit mener contre la banalisation de la haine sur les réseaux sociaux. Leurs histoires doivent nous rappeler sans cesse que l'on ne peut accepter l'innommable. Des plans de lutte contre le harcèlement se mettent en place, les partis politiques multiplient les propositions, la reine Mathilde en fait une affaire personnelle, tout cela est à saluer. Mais la réponse se trouve avant tout en nous, dans nos comportements, dans chacun de nos like ou de nos commentaires postés à la hussarde, avec les tripes. C'est avant tout à nous, monde des adultes, de protéger nos ados contre eux-mêmes, parfois, mais surtout contre nous-mêmes, nos errements et nos dérapages inqualifiables.