Les Macronistas de Bruxelles sont venus en veste (on vient du bureau). Ils sont venus sans cravate (on n'est plus au bureau). Les âges vont de 25 à 44 ans environ. La plupart des étages de la pyramide En Marche est représentée : sympathisants, adhérents, membres de comité et même le référent territorial qui passe ses journées au Parlement Européen. C'est la nuit de l'équinoxe : le jour est égal à la nuit. Le nombre d'hommes est à peu près égal à celui des femmes.

Morgane ne reste pas regarder le débat. Elle a du mal à l'entendre parler. Qui est le "l'" ? Elle c'est Marine Le Pen.

Le débat commence, diffusé sur trois écrans, orné de sous-titres pour malentendants. Le silence se fait attentif. On n'entend plus que la porte des toilettes qui grince et un "fayot !" à la première prise de parole de François Fillon.

Quand les autres candidats parlent, on s'autorise à piocher avec une cuiller à soupe dans une assiette de frites. Quand Emmanuel paraît, une seule paire d'yeux n'est pas dirigée vers Macron sur l'écran : celle de Pica. Pica est à la fois une chienne affectueuse et la mascotte de En Marche Bruxelles.

À voix basse, Gisèle, établie de longue date à Saint-Josse (non, tous les Français de Bruxelles n'ont pas élu domicile à Uccle) explique pourquoi elle est adhérente depuis septembre. Elle trouve le programme européen de Macron cohérent avec un petit goût de pays du Nord de l'Europe. Après une tirade de Marine Le Pen elle lâche "elle se débrouille bien."

Emmanuel Macron est interpelé sur le burkini. Il réplique. Préparée ou improvisée, sa réplique fait mouche sur le public du pub. Sur l'échelle de la télé regardée en groupe l'enthousiasme se situe au-dessus de "grosse occasion de but en Jupiler League" mais bien en-dessous de "coup franc dans la lucarne d'Eden Hazard qui qualifie la Belgique pour la prochaine coupe du monde".

Pendant la pause publicitaire, l'équipe de Ter Zake venue observer le phénomène Macron en profite pour interviewer quelques membres. Ils ne sont pas les seuls néerlandophones à s'intéresser au débat : une blonde gantoise s'est glissée parmi les téléspectateurs.

Il commence à se faire tard et à faire chaud. Les spectateurs du débat commencent à avoir le pub pour eux seuls ou presque. Le brouhaha monte et les regards ont quitté l'écran. Est-ce par qu'il sent qu'il est délaissé du regard ? Jean-Luc Mélenchon a encore plus que d'habitude la tête du gars aigre comme un estomac. On évoque les actions passées ou à venir : une présence sur la grand-place pour l'anniversaire du Traité de Rome, une distribution de tracts dans le trop frontiste Nord de la France.

Il est presque minuit, l'heure du dernier bus. Il faut quitter ce débat avant sa conclusion. Les plus vaillants attendent la minute de débat où l'Union européenne sera enfin évoquée. La prochaine fois on leur demandera s'ils ont remarqué que En Marche et Emmanuel Macron ont les mêmes initiales.

Baudouin Van Humbeeck

Les Macronistas de Bruxelles sont venus en veste (on vient du bureau). Ils sont venus sans cravate (on n'est plus au bureau). Les âges vont de 25 à 44 ans environ. La plupart des étages de la pyramide En Marche est représentée : sympathisants, adhérents, membres de comité et même le référent territorial qui passe ses journées au Parlement Européen. C'est la nuit de l'équinoxe : le jour est égal à la nuit. Le nombre d'hommes est à peu près égal à celui des femmes.Morgane ne reste pas regarder le débat. Elle a du mal à l'entendre parler. Qui est le "l'" ? Elle c'est Marine Le Pen.Le débat commence, diffusé sur trois écrans, orné de sous-titres pour malentendants. Le silence se fait attentif. On n'entend plus que la porte des toilettes qui grince et un "fayot !" à la première prise de parole de François Fillon. Quand les autres candidats parlent, on s'autorise à piocher avec une cuiller à soupe dans une assiette de frites. Quand Emmanuel paraît, une seule paire d'yeux n'est pas dirigée vers Macron sur l'écran : celle de Pica. Pica est à la fois une chienne affectueuse et la mascotte de En Marche Bruxelles.À voix basse, Gisèle, établie de longue date à Saint-Josse (non, tous les Français de Bruxelles n'ont pas élu domicile à Uccle) explique pourquoi elle est adhérente depuis septembre. Elle trouve le programme européen de Macron cohérent avec un petit goût de pays du Nord de l'Europe. Après une tirade de Marine Le Pen elle lâche "elle se débrouille bien."Emmanuel Macron est interpelé sur le burkini. Il réplique. Préparée ou improvisée, sa réplique fait mouche sur le public du pub. Sur l'échelle de la télé regardée en groupe l'enthousiasme se situe au-dessus de "grosse occasion de but en Jupiler League" mais bien en-dessous de "coup franc dans la lucarne d'Eden Hazard qui qualifie la Belgique pour la prochaine coupe du monde".Pendant la pause publicitaire, l'équipe de Ter Zake venue observer le phénomène Macron en profite pour interviewer quelques membres. Ils ne sont pas les seuls néerlandophones à s'intéresser au débat : une blonde gantoise s'est glissée parmi les téléspectateurs.Il commence à se faire tard et à faire chaud. Les spectateurs du débat commencent à avoir le pub pour eux seuls ou presque. Le brouhaha monte et les regards ont quitté l'écran. Est-ce par qu'il sent qu'il est délaissé du regard ? Jean-Luc Mélenchon a encore plus que d'habitude la tête du gars aigre comme un estomac. On évoque les actions passées ou à venir : une présence sur la grand-place pour l'anniversaire du Traité de Rome, une distribution de tracts dans le trop frontiste Nord de la France. Il est presque minuit, l'heure du dernier bus. Il faut quitter ce débat avant sa conclusion. Les plus vaillants attendent la minute de débat où l'Union européenne sera enfin évoquée. La prochaine fois on leur demandera s'ils ont remarqué que En Marche et Emmanuel Macron ont les mêmes initiales. Baudouin Van Humbeeck