Le 26 novembre, le policier fédéral belge "440.232.779" présentait de Bruxelles les éléments recueillis sur Brahim Abdeslam, l'un des kamikazes du 13 novembre 2015. C'est devant un box toujours déserté par quatre accusés, dont Salah Abdeslam, que l'enquêteur est entendu par la cour d'assises spéciale de Paris, cette fois pour exposer l'enquête sur le seul membre encore en vie des commandos jihadistes qui ont fait 130 morts à Paris et Saint-Denis. Le récit de ce parcours s'arrête à août 2015 - d'autres auditions sont prévues ultérieurement pour évoquer les faits à partir de cette date. En moins de 45 minutes, le policier antiterroriste fait le récit haché des relations de Salah Abdeslam avec d'autres protagonistes du dossier, passe rapidement sur son audition en février 2015 en lien avec une suspicion de velléité de départ en Syrie, de laquelle il ressortira libre. Cette "fameuse procédure" intéresse pourtant particulièrement les parties civiles et la défense. Convoqué pour s'expliquer après un signalement qui faisait état d'un départ imminent pour rejoindre l'Etat islamique en Syrie, Salah Abdeslam se présente le 28 février 2015 à la police de Molenbeek-Saint-Jean, la commune bruxelloise où il a toujours vécu. Un même policier a interrogé une dizaine de jours plus tôt son frère aîné Brahim, à son retour de Turquie, sur des suspicions similaires. Comme son frère, Salah Abdeslam conteste "tout projet de cette sorte". Il évoque un voyage prévu en Espagne avec des amis - dont il refuse de donner les noms - pour "vadrouiller et vivre chez l'habitant", relate l'enquêteur. Questionné sur son ami d'enfance Abdelhamid Abaaoud, futur chef opérationnel des commandos du 13-Novembre et déjà connu début 2015 des services antiterroristes, Salah Abdeslam déclare que c'est "un chouette gars" mais avec lequel il a "peu d'affinités". De son audition, "il ressort que Salah Abdeslam ne présente aucun signe de radicalisme, que ce soit dans sa tenue vestimentaire, dans son allure physique ou ses propos", concluront les policiers. L'enquête est classée. Gérard Chemla, avocat de parties civiles, "aimerai(t) savoir: à quoi servent ces auditions ?". Est-ce qu'on "se contente" des affirmations de la personne auditionnée ou "est-ce qu'on fait d'autres investigations ?", demande-t-il au témoin. "A l'époque, la volonté de se rendre en Syrie n'était pas une infraction. (...) Manifestement, les enquêteurs et les magistrats ont estimé qu'il n'y avait pas d'éléments suffisants", botte en touche le policier belge. "On ne peut pas trouver si on ne cherche pas", réplique Me Chemla. La trace de Salah Abdeslam sera retrouvée quelques mois plus tard. À l'été 2015, il est contrôlé à plusieurs reprises lors d'un périple de quelques jours de Bruxelles à la Grèce, avec l'un de ses coaccusés, Ahmed Dahmani. L'enquêteur "440.232.779" prend quelques minutes pour parler de la "crevaison" du véhicule de location sur une autoroute en France, des déclarations du loueur se souvenant d'un appel de Salah Abdeslam qui ne trouvait pas "le cric" et selon lequel deux autres personnes étaient à bord, des affirmations contestées par les accusés. Se sont-ils rendus en Grèce pour des "vacances", comme l'avait assuré Ahmed Dahmani, détenu en Turquie et jugé par défaut au procès ? Ou auraient-ils pu rencontrer Ibrahim El Bakraoui, l'un des kamikazes des attentats de Bruxelles en mars 2016 ? "Je crois qu'effectivement il y a des questions à se poser" sur ce voyage et sur un éventuel échange entre ces différents protagonistes, répond le policier belge. Mais "on ne sait pas". (Belga)

Le 26 novembre, le policier fédéral belge "440.232.779" présentait de Bruxelles les éléments recueillis sur Brahim Abdeslam, l'un des kamikazes du 13 novembre 2015. C'est devant un box toujours déserté par quatre accusés, dont Salah Abdeslam, que l'enquêteur est entendu par la cour d'assises spéciale de Paris, cette fois pour exposer l'enquête sur le seul membre encore en vie des commandos jihadistes qui ont fait 130 morts à Paris et Saint-Denis. Le récit de ce parcours s'arrête à août 2015 - d'autres auditions sont prévues ultérieurement pour évoquer les faits à partir de cette date. En moins de 45 minutes, le policier antiterroriste fait le récit haché des relations de Salah Abdeslam avec d'autres protagonistes du dossier, passe rapidement sur son audition en février 2015 en lien avec une suspicion de velléité de départ en Syrie, de laquelle il ressortira libre. Cette "fameuse procédure" intéresse pourtant particulièrement les parties civiles et la défense. Convoqué pour s'expliquer après un signalement qui faisait état d'un départ imminent pour rejoindre l'Etat islamique en Syrie, Salah Abdeslam se présente le 28 février 2015 à la police de Molenbeek-Saint-Jean, la commune bruxelloise où il a toujours vécu. Un même policier a interrogé une dizaine de jours plus tôt son frère aîné Brahim, à son retour de Turquie, sur des suspicions similaires. Comme son frère, Salah Abdeslam conteste "tout projet de cette sorte". Il évoque un voyage prévu en Espagne avec des amis - dont il refuse de donner les noms - pour "vadrouiller et vivre chez l'habitant", relate l'enquêteur. Questionné sur son ami d'enfance Abdelhamid Abaaoud, futur chef opérationnel des commandos du 13-Novembre et déjà connu début 2015 des services antiterroristes, Salah Abdeslam déclare que c'est "un chouette gars" mais avec lequel il a "peu d'affinités". De son audition, "il ressort que Salah Abdeslam ne présente aucun signe de radicalisme, que ce soit dans sa tenue vestimentaire, dans son allure physique ou ses propos", concluront les policiers. L'enquête est classée. Gérard Chemla, avocat de parties civiles, "aimerai(t) savoir: à quoi servent ces auditions ?". Est-ce qu'on "se contente" des affirmations de la personne auditionnée ou "est-ce qu'on fait d'autres investigations ?", demande-t-il au témoin. "A l'époque, la volonté de se rendre en Syrie n'était pas une infraction. (...) Manifestement, les enquêteurs et les magistrats ont estimé qu'il n'y avait pas d'éléments suffisants", botte en touche le policier belge. "On ne peut pas trouver si on ne cherche pas", réplique Me Chemla. La trace de Salah Abdeslam sera retrouvée quelques mois plus tard. À l'été 2015, il est contrôlé à plusieurs reprises lors d'un périple de quelques jours de Bruxelles à la Grèce, avec l'un de ses coaccusés, Ahmed Dahmani. L'enquêteur "440.232.779" prend quelques minutes pour parler de la "crevaison" du véhicule de location sur une autoroute en France, des déclarations du loueur se souvenant d'un appel de Salah Abdeslam qui ne trouvait pas "le cric" et selon lequel deux autres personnes étaient à bord, des affirmations contestées par les accusés. Se sont-ils rendus en Grèce pour des "vacances", comme l'avait assuré Ahmed Dahmani, détenu en Turquie et jugé par défaut au procès ? Ou auraient-ils pu rencontrer Ibrahim El Bakraoui, l'un des kamikazes des attentats de Bruxelles en mars 2016 ? "Je crois qu'effectivement il y a des questions à se poser" sur ce voyage et sur un éventuel échange entre ces différents protagonistes, répond le policier belge. Mais "on ne sait pas". (Belga)