"Nous nous sommes constitués partie civile dans ce procès très tôt car, premièrement, il s'agit pour nous de montrer la résurgence de la communauté juive, et de la promouvoir", a déclaré à l'agence Belga Yohan Benizri, le président du CCOJB.

"Le caractère antisémite de cette attaque était évident, tout comme à Pittsburgh aux Etats-Unis (fusillade dans une synagogue qui a fait onze victimes en octobre dernier). La cible était une institution dont la vocation est la culture juive. Toute la communauté juive a été interpellée par ce qui s'est passé le 24 mai 2014, et choquée".

Pour Yohan Benizri, la seconde raison pour laquelle son organisation devait se constituer partie civile dans le procès de l'attentat au Musée juif de Belgique est la nécessité d'amener un débat contradictoire devant la cour d'assises.

"Cette attaque précède les attentats qui ont ensuite touché toute la population belge et toute la population française. Il fallait aussi réagir pour ne pas donner une tribune non contradictoire au terrorisme. Il ne faut pas diluer le caractère antisémite de cet attentat, tout en l'intégrant dans un contexte général plus grand, car on voit qu'il y a des liens entre cet attentat et ceux de Paris et de Bruxelles", s'est exprimé Yohan Benizri.

Le CCOJB est représenté au procès par Me Michèle Hirsch. Le Centre interfédéral pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme et les discriminations (Unia) s'est également constitué partie civile, ainsi que l'Association Française des Victimes du Terrorisme.

Les familles des victimes se sont elles aussi portées partie civile. Le frère d'Emmanuel Riva et la soeur de Miriam Riva seront défendus. Ils sont les représentants légaux des deux filles du couple Riva. La fille et le frère de Dominique Sabrier seront eux aussi défendus, tout comme la maman d'Alexandre Strens.

Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer, deux Français de respectivement 33 ans et 30 ans, sont accusés d'être auteurs ou co-auteurs de l'attaque terroriste commise le 24 mai 2014 au Musée juif de Belgique, situé rue des Minimes à Bruxelles. Ils sont jugés devant la cour d'assises de Bruxelles pour quatre assassinats à caractère terroriste (Emmanuel et Miriam Riva, un couple de touristes israéliens, Dominique Sabrier, une bénévole du musée, et Alexandre Strens, un employé du musée). Les débats s'ouvrent ce jeudi pour six à huit semaines.

Une liste de quelque 120 témoins à entendre lors du procès

La cour d'assises de Bruxelles a établi, le 20 décembre dernier, une liste de 120 témoins qui seront appelés à témoigner dès ce jeudi, au procès de l'attentat au Musée juif de Bruxelles.

La cour a décidé de faire entendre, parmi les nombreuses personnes appelées à témoigner, les quatre journalistes français qui avaient été pris en otage en Syrie en 2013. Ceux-ci avaient dit reconnaître Mehdi Nemmouche comme l'un de leurs geôliers.

Ces témoins ont été demandés par certaines parties civiles, mais les conseils de Mehdi Nemmouche s'y sont opposés, estimant que les accusations portées par ces journalistes font partie d'un autre débat judiciaire. "Le principe que la partie civile va tenter de nous infliger, c'est de substituer les faits par l'émotion avec ces quatre prétendus otages, autrement dit prétendre que parce que monsieur Nemmouche est un geôlier et un tortionnaire, il est aussi un assassin. Je rappelle qu'il n'y a aucune vérité judiciaire encore à propos de cette prise en otage", a déclaré Me Sébastien Courtoy, avocat de Mehdi Nemmouche avec Me Henri Laquay et Me Virginie Taelman.

La cour a également décidé d'entendre des membres de la famille de Mehdi Nemmouche comme témoins de moralité, bien que ce dernier ne souhaitait pas qu'ils soient appelés à venir témoigner. "Il n'y a rien de pertinent dans leurs déclarations faites à la police. Je les ai lues attentivement. Personne n'a à gagner quoi que ce soit à ce qu'ils se présentent devant la cour. Ce serait extrêmement difficile pour eux de venir ici. Je voudrais qu'ils ne figurent pas sur la liste des témoins", s'est exprimé l'accusé.

Par ailleurs, la cour a décidé de ne pas citer à comparaître le directeur du Mossad (les services secrets israéliens) et l'ambassadeur d'Israël en Belgique, comme réclamé par les avocats de Mehdi Nemmouche. Ceux-ci souhaitaient entendre ces témoins à propos de prétendues activités de renseignements des époux Riva, deux des quatre victimes de la tuerie au Musée juif.

L'audition de ces témoins aurait permis, selon Me Courtoy, de prouver l'existence d'un complot dont serait victime son client. Il a précisé qu'un enquêteur avait pourtant voulu interroger un responsable du Mossad mais que cela lui avait été refusé.

Enfin, la présidente de la cour, Laurence Massart, a décidé, en vertu de son pouvoir discrétionnaire, d'entendre plusieurs intellectuels en qualité d'experts, sur des questions touchant au conflit armé en Syrie et au phénomène de radicalisation.

"Nous nous sommes constitués partie civile dans ce procès très tôt car, premièrement, il s'agit pour nous de montrer la résurgence de la communauté juive, et de la promouvoir", a déclaré à l'agence Belga Yohan Benizri, le président du CCOJB. "Le caractère antisémite de cette attaque était évident, tout comme à Pittsburgh aux Etats-Unis (fusillade dans une synagogue qui a fait onze victimes en octobre dernier). La cible était une institution dont la vocation est la culture juive. Toute la communauté juive a été interpellée par ce qui s'est passé le 24 mai 2014, et choquée". Pour Yohan Benizri, la seconde raison pour laquelle son organisation devait se constituer partie civile dans le procès de l'attentat au Musée juif de Belgique est la nécessité d'amener un débat contradictoire devant la cour d'assises. "Cette attaque précède les attentats qui ont ensuite touché toute la population belge et toute la population française. Il fallait aussi réagir pour ne pas donner une tribune non contradictoire au terrorisme. Il ne faut pas diluer le caractère antisémite de cet attentat, tout en l'intégrant dans un contexte général plus grand, car on voit qu'il y a des liens entre cet attentat et ceux de Paris et de Bruxelles", s'est exprimé Yohan Benizri. Le CCOJB est représenté au procès par Me Michèle Hirsch. Le Centre interfédéral pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme et les discriminations (Unia) s'est également constitué partie civile, ainsi que l'Association Française des Victimes du Terrorisme. Les familles des victimes se sont elles aussi portées partie civile. Le frère d'Emmanuel Riva et la soeur de Miriam Riva seront défendus. Ils sont les représentants légaux des deux filles du couple Riva. La fille et le frère de Dominique Sabrier seront eux aussi défendus, tout comme la maman d'Alexandre Strens. Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer, deux Français de respectivement 33 ans et 30 ans, sont accusés d'être auteurs ou co-auteurs de l'attaque terroriste commise le 24 mai 2014 au Musée juif de Belgique, situé rue des Minimes à Bruxelles. Ils sont jugés devant la cour d'assises de Bruxelles pour quatre assassinats à caractère terroriste (Emmanuel et Miriam Riva, un couple de touristes israéliens, Dominique Sabrier, une bénévole du musée, et Alexandre Strens, un employé du musée). Les débats s'ouvrent ce jeudi pour six à huit semaines. Une liste de quelque 120 témoins à entendre lors du procès La cour d'assises de Bruxelles a établi, le 20 décembre dernier, une liste de 120 témoins qui seront appelés à témoigner dès ce jeudi, au procès de l'attentat au Musée juif de Bruxelles. La cour a décidé de faire entendre, parmi les nombreuses personnes appelées à témoigner, les quatre journalistes français qui avaient été pris en otage en Syrie en 2013. Ceux-ci avaient dit reconnaître Mehdi Nemmouche comme l'un de leurs geôliers. Ces témoins ont été demandés par certaines parties civiles, mais les conseils de Mehdi Nemmouche s'y sont opposés, estimant que les accusations portées par ces journalistes font partie d'un autre débat judiciaire. "Le principe que la partie civile va tenter de nous infliger, c'est de substituer les faits par l'émotion avec ces quatre prétendus otages, autrement dit prétendre que parce que monsieur Nemmouche est un geôlier et un tortionnaire, il est aussi un assassin. Je rappelle qu'il n'y a aucune vérité judiciaire encore à propos de cette prise en otage", a déclaré Me Sébastien Courtoy, avocat de Mehdi Nemmouche avec Me Henri Laquay et Me Virginie Taelman. La cour a également décidé d'entendre des membres de la famille de Mehdi Nemmouche comme témoins de moralité, bien que ce dernier ne souhaitait pas qu'ils soient appelés à venir témoigner. "Il n'y a rien de pertinent dans leurs déclarations faites à la police. Je les ai lues attentivement. Personne n'a à gagner quoi que ce soit à ce qu'ils se présentent devant la cour. Ce serait extrêmement difficile pour eux de venir ici. Je voudrais qu'ils ne figurent pas sur la liste des témoins", s'est exprimé l'accusé. Par ailleurs, la cour a décidé de ne pas citer à comparaître le directeur du Mossad (les services secrets israéliens) et l'ambassadeur d'Israël en Belgique, comme réclamé par les avocats de Mehdi Nemmouche. Ceux-ci souhaitaient entendre ces témoins à propos de prétendues activités de renseignements des époux Riva, deux des quatre victimes de la tuerie au Musée juif. L'audition de ces témoins aurait permis, selon Me Courtoy, de prouver l'existence d'un complot dont serait victime son client. Il a précisé qu'un enquêteur avait pourtant voulu interroger un responsable du Mossad mais que cela lui avait été refusé. Enfin, la présidente de la cour, Laurence Massart, a décidé, en vertu de son pouvoir discrétionnaire, d'entendre plusieurs intellectuels en qualité d'experts, sur des questions touchant au conflit armé en Syrie et au phénomène de radicalisation.