Me Antoine Leroy a plaidé que les aveux formulés par l'accusé, sa mère, ses s?urs et son frère en avril 2020 correspondaient effectivement à la vérité. Mais tous se sont rétractés depuis. Pour l'avocat, les explications qu'ils donnent aujourd'hui pour justifier leur changement de position ne tiennent pas la route. Ils ont tout d'abord déclaré que les enquêteurs les avaient mis sous pression pour avouer que Sami était l'auteur du meurtre, puis ils ont soutenu, pour la première fois, lors de leur audition devant la cour la semaine dernière, qu'ils s'étaient tous mis d'accord pour donner cette fausse version, alors qu'ils étaient dans le fourgon de police qui les amenait devant la juge d'instruction. "Un fourgon de police ce n'est pas un bus scolaire", a réagi Me Leroy. "Non seulement le fourgon est composé de différents compartiments qui empêchent les contacts, mais en plus un procès-verbal d'incident est automatiquement dressé lorsque des détenus tentent de communiquer", a-t-il dit. "Cette théorie tardive est fumeuse". Le pénaliste a également rappelé que la mère, les s?urs et le frère de l'accusé avaient choisi de faire une déclaration spontanée aux enquêteurs. "La maman déclare aujourd'hui que les réponses étaient induites par les enquêteurs, tandis que d'autre part ceux-ci, ainsi que la juge, ont affirmé que la déclaration de la maman se déversait comme un torrent, que c'était la plus loquace, la plus volubile", a-t-il appuyé. "Au fond d'eux-mêmes, ils savaient que ce moment où tout se saurait allait arriver et ils ont raconté". Me Leroy s'est ensuite tourné vers l'accusé, l'invitant à ne plus mentir sur sa culpabilité dans le crime. "Le mur se rapproche et vous allez foncer dessus après-demain. Réduisez la vitesse, c'est encore possible. Il est très tard mais pas encore trop tard. Faites-le pour vous surtout." L'enquête dans ce dossier remonte au 29 mai 2015, lorsque la famille d'Oussama Ben Alla signale la disparition de celui-ci à la police. Il n'avait plus donné signe de vie depuis qu'il avait dit qu'il se rendait chez Sami Akhbriche, le 27 mai en soirée, à Ixelles. Le corps du disparu est retrouvé une dizaine de jours plus tard, le 12 juin, par un éclusier, dans le canal de Bruxelles à Leeuw-Saint-Pierre (Brabant flamand). L'enquête a suivi plusieurs pistes avant de privilégier celle d'un règlement de comptes dans le milieu du trafic de stupéfiants à Ixelles. La police a pu apprendre qu'Oussama Ben Alla et Sami Akhbriche étaient en conflit au sujet d'un trafic de cannabis. Des années plus tard, en mars 2020, les enquêteurs ont reçu un témoignage-clé d'un proche des Akhbriche, affirmant que Sami avait tué Oussama d'une balle dans la tête, au domicile familial, rue de la Tulipe à Ixelles, le soir du 27 mai 2015. La mère, les deux s?urs et le frère de Sami étaient présents dans la maison au moment du coup de feu et ont aidé ce dernier à nettoyer la scène de crime, selon le témoin. La mère a ensuite aidé son fils à transporter le corps et à aller le jeter dans le canal, a-t-il précisé aux enquêteurs. En avril 2020, à la suite de ce témoignage, l'accusé a avoué le crime. Mais il s'est rétracté quelques jours après. Les membres de sa famille ont également tous donné la même version des faits, concordante avec le récit du témoin-clé, avant de se rétracter à leur tour. Le procès se poursuivra mardi avec le réquisitoire et les plaidoiries de la défense. (Belga)

Me Antoine Leroy a plaidé que les aveux formulés par l'accusé, sa mère, ses s?urs et son frère en avril 2020 correspondaient effectivement à la vérité. Mais tous se sont rétractés depuis. Pour l'avocat, les explications qu'ils donnent aujourd'hui pour justifier leur changement de position ne tiennent pas la route. Ils ont tout d'abord déclaré que les enquêteurs les avaient mis sous pression pour avouer que Sami était l'auteur du meurtre, puis ils ont soutenu, pour la première fois, lors de leur audition devant la cour la semaine dernière, qu'ils s'étaient tous mis d'accord pour donner cette fausse version, alors qu'ils étaient dans le fourgon de police qui les amenait devant la juge d'instruction. "Un fourgon de police ce n'est pas un bus scolaire", a réagi Me Leroy. "Non seulement le fourgon est composé de différents compartiments qui empêchent les contacts, mais en plus un procès-verbal d'incident est automatiquement dressé lorsque des détenus tentent de communiquer", a-t-il dit. "Cette théorie tardive est fumeuse". Le pénaliste a également rappelé que la mère, les s?urs et le frère de l'accusé avaient choisi de faire une déclaration spontanée aux enquêteurs. "La maman déclare aujourd'hui que les réponses étaient induites par les enquêteurs, tandis que d'autre part ceux-ci, ainsi que la juge, ont affirmé que la déclaration de la maman se déversait comme un torrent, que c'était la plus loquace, la plus volubile", a-t-il appuyé. "Au fond d'eux-mêmes, ils savaient que ce moment où tout se saurait allait arriver et ils ont raconté". Me Leroy s'est ensuite tourné vers l'accusé, l'invitant à ne plus mentir sur sa culpabilité dans le crime. "Le mur se rapproche et vous allez foncer dessus après-demain. Réduisez la vitesse, c'est encore possible. Il est très tard mais pas encore trop tard. Faites-le pour vous surtout." L'enquête dans ce dossier remonte au 29 mai 2015, lorsque la famille d'Oussama Ben Alla signale la disparition de celui-ci à la police. Il n'avait plus donné signe de vie depuis qu'il avait dit qu'il se rendait chez Sami Akhbriche, le 27 mai en soirée, à Ixelles. Le corps du disparu est retrouvé une dizaine de jours plus tard, le 12 juin, par un éclusier, dans le canal de Bruxelles à Leeuw-Saint-Pierre (Brabant flamand). L'enquête a suivi plusieurs pistes avant de privilégier celle d'un règlement de comptes dans le milieu du trafic de stupéfiants à Ixelles. La police a pu apprendre qu'Oussama Ben Alla et Sami Akhbriche étaient en conflit au sujet d'un trafic de cannabis. Des années plus tard, en mars 2020, les enquêteurs ont reçu un témoignage-clé d'un proche des Akhbriche, affirmant que Sami avait tué Oussama d'une balle dans la tête, au domicile familial, rue de la Tulipe à Ixelles, le soir du 27 mai 2015. La mère, les deux s?urs et le frère de Sami étaient présents dans la maison au moment du coup de feu et ont aidé ce dernier à nettoyer la scène de crime, selon le témoin. La mère a ensuite aidé son fils à transporter le corps et à aller le jeter dans le canal, a-t-il précisé aux enquêteurs. En avril 2020, à la suite de ce témoignage, l'accusé a avoué le crime. Mais il s'est rétracté quelques jours après. Les membres de sa famille ont également tous donné la même version des faits, concordante avec le récit du témoin-clé, avant de se rétracter à leur tour. Le procès se poursuivra mardi avec le réquisitoire et les plaidoiries de la défense. (Belga)