Au sein du Conseil de sécurité de l'ONU qu'elle a rejoint pour 2019 et 2020, la Belgique préside notamment le groupe de travail sur les enfants dans les conflits armés. Cet organe a conclu cette année deux rappels à l'ordre à l'égard du Myanmar et de la Syrie. La Belgique y dirigera encore d'autres négociations sur la manière de traiter les violations des droits des enfants au Yémen, en Afghanistan, en Irak et en République centrafricaine. De telles conclusions permettent d'identifier publiquement ceux qui commettent ces violences et suivre de près les situations problématiques. Mais "les instruments dont nous disposons doivent être affinés pour que leur impact soit durable, avec comme objectif de briser le cycle des conflits", a insisté Mathilde, lors d'un événement coorganisé par la Belgique en marge de l'assemblée générale de l'ONU. La Reine, ambassadrice des Objectifs du développement durable des Nations unies, a souligné la nécessité de programmes de réintégration et de réhabilitation pour empêcher que des filles et des garçons se voient recrutés à nouveau. Elle prenait la parole aux côtés de Nadia Murad, jeune militante irakienne des droits humains qui a fait partie des milliers de femmes et de filles yazidies enlevées et réduites à l'esclavage par le groupe EI lorsqu'il s'est emparé de pans entiers de l'Irak en 2014. "Une attention particulière doit être réservée aux besoins des filles, outre bien entendu un accès adéquat aux soins de santé - y compris la santé mentale -, à l'éducation et à la protection", a poursuivi Mathilde. "La lutte contre l'impunité est l'une des priorités de la politique étrangère de la Belgique", a confirmé le vice-Premier ministre Alexander De Croo (Coopération au développement). Il note qu'en dehors du Conseil de sécurité, la Belgique reste un contributeur important au mécanisme de suivi et de communication de l'Unicef, qui recueille des informations fiables sur les violations graves des droits de l'enfant en situation de conflit. Cette année, l'Unicef a lancé un appel aux dons afin de récolter 3,4 milliards d'euros pour fournir une aide humanitaire d'urgence à 41 millions d'enfants éprouvés par la guerre ou les catastrophes naturelles. "Sans espaces sûrs pour jouer en sécurité, sans possibilité de retrouver leur famille et de recevoir un soutien psycho-social, les enfants n'ont aucune chance de panser les blessures psychologiques infligées par la guerre", soulignait la directrice générale de l'Unicef, Henrietta Fore. (Belga)