Selon Sofiène Zaag, porte-parole du ministère de l'Intérieur, la police a arrêté dix migrants ayant commis des "actes perturbateurs" lors d'une manifestation non autorisée dans la ville de Médenine (sud). Dans un communiqué, le Forum tunisien des droits économique et sociaux (FTDES) a évoqué l'arrestation de "quelques migrants" et dénoncé l'usage d'une force "excessive" et de gaz lacrymogène par les forces de sécurité pour disperser une manifestation "pacifique" de migrants subsahariens qui demandaient à être accueillis dans un autre pays et dans de meilleures conditions. L'ONG a appelé les autorités tunisiennes à libérer toutes les personnes arrêtées et invité les organisations de l'ONU à "assumer leurs responsabilités" et à mettre en place "le maximum de capacités logistique, financière, juridique et diplomatique pour soutenir" ces migrants. La Tunisie dispose d'un seul centre, géré par le Croissant-rouge à Médenine, pour accueillir les étrangers arrivés clandestinement. Environ 1.100 étrangers arrivés clandestinement sont installés à Médenine dont certains dans ce centre d'accueil, complètement débordé, avec deux fois plus de migrants que de lits, a indiqué à l'AFP le président du bureau régional du Croissant-rouge. Le Croissant-rouge a exprimé plusieurs fois son souhait d'agrandir la capacité d'accueil du centre, créé en 2013, où les autorités envoient les étrangers arrêtés sur le chemin de l'Europe, près de la frontière de la Libye voisine ou dans les eaux territoriales de la Tunisie en Méditerranée. Selon plusieurs observateurs, la Tunisie n'a pas le cadre légal et l'infrastructure humanitaire pour gérer les personnes n'ayant pas obtenu le statut de réfugié leur permettant d'aller en Europe. (Belga)