Après une séance marathon de débats initiée jeudi matin, le parlement grec a approuvé cette nouvelle loi tôt vendredi matin. Kyriakos Mitsotakis avait promis de réviser la législation en matière d'asile, arguant que la Grèce n'était tout simplement pas capable d'absorber plusieurs dizaines de milliers de personnes coincées dans un système inefficace S'adressant aux parlementaires avant le vote, le Premier ministre a assuré vouloir mettre en place "un système transparent et fonctionnel" qui protégerait les réfugiés mais "sans pour autant ouvrir les portes à tout le monde". "Ceux qui savent qu'ils ne méritent pas l'asile mais tentent de pénétrer et de rester dans notre pays ne seront plus tolérés", a-t-il lancé. Pour la première fois depuis trois ans, la Grèce est redevenue en 2019 la principale porte d'entrée des migrants en Europe. Les camps implantés dans les îles de la mer Égée pour traiter les demandes d'asile sont surpeuplés, avec plus de 34.000 personnes pour une capacité limitée à 6.300. La commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe Dunja Mijatovic, en visite durant cinq jours à Lesbos, Samos et à Corinthe sur le continent, s'est dite "choquée des conditions épouvantables dans lesquelles vivent des milliers d'êtres humains" et a appelé les autorités grecques à "agir rapidement". Manque de sanitaires, de soins médicaux... "Cela n'a plus rien à voir avec une procédure d'accueil, c'est devenu une lutte pour la survie", s'est indignée la commissaire. Le gouvernement de Kyriakos Mitsotakis a annoncé le renvoi en Turquie de 10.000 personnes dont la demande d'asile a été rejetée d'ici à la fin de 2020, dans le cadre de l'accord conclu en 2016 entre l'Union européenne et Ankara. Plusieurs ONG internationales et grecques ont cependant mis en garde contre le projet de loi adopté, estimant que la nouvelle législation "conduisait à d'éventuelles violations des droits de réfugiés et migrants". (Belga)