Des policiers y étaient acheminés par avions militaires C-130 depuis Athènes, selon le ministère de la Protection du citoyen. Sur place, les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes pour contenir les émeutiers, selon un correspondant de l'AFP. Le chef de la police, le vice-ministre pour la Protection du citoyen Lefteris Economou ainsi que le secrétaire général en charge de la politique migratoire étaient également en route pour l'île. Athens News Agency, citant des sources policières, fait état de deux morts, une femme et un enfant. Selon le témoignage d'un Afghan à l'AFP, qui a raconté avoir vu deux enfants carbonisés et une femme morte, les émeutes ont éclaté devant le retard pris par les pompiers. "Le feu a commencé dans le camp. Alors, six, sept conteneurs (hébergeant des migrants, ndlr) étaient en flammes. On a appelé les pompiers qui sont arrivés après 20 minutes. On s'est mis en colère", a déclaré Fedouz, 15 ans. "Il a fallu longtemps pour éteindre l'incendie. Environ une demi-heure. Nous avons aidé les gens qui se trouvaient à l'intérieur des conteneurs. Nous avons trouvé deux enfants complètement carbonisés et une femme morte", a-t-il assuré. Selon un communiqué de la police, les émeutes ont éclaté après le déclenchement de deux incendies, le premier à l'extérieur du camp, puis un autre à l'intérieur, à 20 minutes d'intervalle. Le camp, où les migrants sont souvent logés dans des conteneurs de fret transformés en abris, accueille environ 13.000 personnes alors que les installations ne sont prévues que pour 3.000 personnes. La Grèce compte actuellement 70.000 migrants, principalement des réfugiés syriens, qui ont fui leur pays depuis 2015 et risqué la traversée depuis les côtes turques voisines. A la suite d'un accord avec l'Union européenne en 2016, la Turquie a fait des efforts pour limiter ces départs vers la Grèce. Mais ces derniers mois on note une recrudescence. (Belga)