A la fin de notre rencontre, quand Armel Job me raccompagne, sa poignée de main est encore plus puissante qu'au début. " A bientôt ", ajoute-t-il. " A bientôt ", je réponds, et je le pense vraiment, car c'est quelqu'un que je reverrais volontiers. J'avais roulé 160 km pour le voir, là, à quelques encablures de Bastogne et du grand-duché de Luxembourg. Au début, j'ai eu l'impression de me retrouver devant le prof un peu sévère qu'il fut peut-être, se demandant à qui il avait affaire, et à qui on n'arracherait rien de personnel. Assis au bord d'un divan face à l'auteur dans son fauteuil, avisant l'ordinateur et les rayonnages de livres, j'ai demandé : " C'est votre bureau ? " Armel Job : " Non, c'est le bureau de ma femme. " Moi : " Elle écrit aussi ? " Lui : " Non. " Ce ne serait pas commode, semblait-il. Et pourtant, si. Très vite, en effet, Armel Job allait se réchauffer, et même s'échauffer, multipliant gestes des bras ainsi qu'éclats de sa voix bien timbrée (à nouveau, sans doute, cette carrière de prof - latin, grec, " un peu d'histoire "). Plus d'une fois nous avons ri généreusement. Ah, ce fut bien.
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