"Si c'était à refaire, le gouvernement aurait plaidé pour qu'il n'y ait pas le soutien (à l'Arabie Saoudite), il n'y a aucune ambiguité là-dessus. J'ai donné des instructions afin qu'à l'avenir l'appréciation politique de ce type de dossier ait lieu au plus haut niveau", a-t-il dit.

Le Premier ministre a évoqué un concours de circonstances fâcheux à l'origine de ce vote, traditionnellement pas requis. Il y a eu un délai de "quelques heures" entre le moment où le ministère a été mis au courant et celui où la réponse devait être communiquée, a précisé le chef du gouvernement, le vote ayant été exprimé par un diplomate. M. Michel a souligné que son gouvernement ne pouvait pas être suspect de ne pas avoir investi dans la défense des droits de femmes alors qu'il a soutenu les ONG pratiquant l'avortement privées de subsides aux Etats-Unis et qu'il s'est engagé dans la campagne "She Decides".

Le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, est sur la sellette alors qu'il a indiqué mercredi à la Chambre qu'il n'était "pas au courant de la question d'un vote". Pour le groupe PS, il s'agit d'un "mensonge" qui appelle une "démission".

"La réponse est insuffisante, ouf, il y a un regret mais il y a bien une occasion manquée de poser un geste fort pour le droit des femmes aujourd'hui piétiné à travers un acte qui a déshonoré notre pays", a indiqué Gwenaelle Grovonius.

Pour le président de DéFI, Olivier Maingain, la responsabilité de M. Reynders est également engagée. "Ou son cabinet n'est pas capable de s'organiser pour lui rapporter une information importante et c'est un manquement grave et unn dysfonctionnement au sommet de l'Etat, ou il a reçu l'information et n'y a pas prêté attention ou il laissé faire", a-t-il estimé. "Je ne sais pas s'il faudra une nouvelle commission d'enquête", a-t-il ironisé, mais "il est temps de clarifier, on ne peut pas se contenter de regrets, il y a un temps pour les responsabilités", a ajouté le député amarante.

Evoquant le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, qui avait chargé un officier de liaison dans les attentats du 22 mars, Raoul Hedebouw (PTB) a dit espérer qu'on ne ferait pas d'"un diplomate un lampiste".

La cheffe de groupe cdH, Catherine Fonck, a qualifié d'"inaudibles" les explications du ministre Reynders. Dans un communiqué, Ecolo dit constater que le Premier ministre a désavoué le ministre des Affaires étrangères et son administration. Les Verts appellent à reconsidérer la politique avec l'Arabie Saoudite.

Egalement dans un communiqué, le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders dit "comprendre les réactions et l'agitation suscitées" et "regretter vraiment cette situation, même si on ne pouvait pas éviter la participation de l'Arabie Saoudite à la commission pour le statut de la femme".

Comme le Premier Ministre l'a annoncé, "une instruction a été donnée aux postes diplomatiques ainsi qu'à mes collaborateurs pour changer la procédure afin que ces situations soient systématiquement portées à la connaissance personnelle du ministre et du gouvernement", a confirmé M. Reynders annonçant le dépôt d'une telle proposition de procédure au comité ministériel restreint de demain vendredi.

Enfin, le chef de la diplomatie a rappelé la procédure. "Les services et collaborateurs des Affaires étrangères ont appliqué de manière très professionnelle la procédure normale au sein de l'ECOSOC des Nations Unies où les pays sont directement élus dans le cas où il n'y a pas plus de candidats que de sièges (Clean Slate)", indique-t-il. Il maintient qu'il n'était "pas personnellement au courant de la procédure de vote en cours".

Didier Reynders a répété ce qu'il a dit mercredi en commission de la Chambre, à savoir que "la Belgique ne se réjouit aucunement de l'élection de l'Arabie Saoudite au sien de cette commission".

L'opposition maintient la pression sur le ministre Reynders

L'opposition écologiste et socialiste ainsi que le PTB ont interpellé le président de la Chambre, Siegfried Bracke, ce jeudi soir à propos de la responsabilité du ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders.

L'opposition a exigé que le ministre vienne s'expliquer en séance plénière. Elle estime que les déclarations tenues par lui mercredi en commission des Affaires étrangères, la communication envoyée par ses services jeudi en fin d'après-midi, et l'explication du Premier ministre Charles Michel à l'heure des questions ne concordaient pas sur la connaissance par le ministre MR de la position belge au moment du vote.

M. Bracke (N-VA) a fait observer que le ministre était actuellement retenu à Luxembourg par une réunion européenne. Le chef de groupe MR, Denis Ducarme, a dit ne pas voir lui de discordance entre les éléments d'explications fournis ces dernières heures et a invité l'opposition à interroger s'il échet une nouvelle fois le ministre lors de la prochaine réunion de la commission des Affaires étrangères, mardi prochain à 10h15. La N-VA a appuyé ce scénario.

A la demande de l'opposition, le président de la Chambre transmettra au président de la commission des Affaires étrangères, Dirk Van der Maelen (sp.a), également absent jeudi, les doléances exprimées au sujet de la réunion de mardi.

Le conseil des femmes francophones "scandalisé"

Le conseil des femmes francophones est "scandalisé" par l'arrivée de l'Arabie Saoudite au sein de la commission de la condition de la femme des Nations Unies (CSW), a réagi jeudi sa présidente Viviane Teitelbaum, également échevine MR à Ixelles. Elle se dit cependant "soulagée" par les regrets exprimés par le Premier ministre Charles Michel.

"La Belgique est généralement active pour défendre les droits des femmes et s'exprime à ce sujet, j'ai donc été surprise d'apprendre qu'elle avait été favorable à l'entrée au sein de la commission d'un pays qui n'a aucune considération pour les femmes et bafoue continuellement leurs droits. J'ai d'abord cru que ce n'était pas possible", a commenté Mme Teitelbaum auprès de l'agence Belga.

La présidente du conseil des femmes francophones, membre du même parti que le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders, est cependant "soulagée" des regrets exprimés par le Premier ministre à la Chambre. "C'était une erreur, mais je suis rassurée d'apprendre que le vote ne résultait pas d'une demande du gouvernement aux diplomates et que des procédures vont être mises en place", a-t-elle dit.

Mme Teitelbaum constate des "reculs, des remises en cause des droits des femmes partout, même en Europe". "Il est dès lors important de défendre ces droits et de dénoncer des pays comme l'Arabie Saoudite. Il ne faut pas se contenter de regretter, il faut se montrer attentif, partout et tout le temps", a-t-elle conclu.

"Si c'était à refaire, le gouvernement aurait plaidé pour qu'il n'y ait pas le soutien (à l'Arabie Saoudite), il n'y a aucune ambiguité là-dessus. J'ai donné des instructions afin qu'à l'avenir l'appréciation politique de ce type de dossier ait lieu au plus haut niveau", a-t-il dit. Le Premier ministre a évoqué un concours de circonstances fâcheux à l'origine de ce vote, traditionnellement pas requis. Il y a eu un délai de "quelques heures" entre le moment où le ministère a été mis au courant et celui où la réponse devait être communiquée, a précisé le chef du gouvernement, le vote ayant été exprimé par un diplomate. M. Michel a souligné que son gouvernement ne pouvait pas être suspect de ne pas avoir investi dans la défense des droits de femmes alors qu'il a soutenu les ONG pratiquant l'avortement privées de subsides aux Etats-Unis et qu'il s'est engagé dans la campagne "She Decides". Le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, est sur la sellette alors qu'il a indiqué mercredi à la Chambre qu'il n'était "pas au courant de la question d'un vote". Pour le groupe PS, il s'agit d'un "mensonge" qui appelle une "démission". "La réponse est insuffisante, ouf, il y a un regret mais il y a bien une occasion manquée de poser un geste fort pour le droit des femmes aujourd'hui piétiné à travers un acte qui a déshonoré notre pays", a indiqué Gwenaelle Grovonius. Pour le président de DéFI, Olivier Maingain, la responsabilité de M. Reynders est également engagée. "Ou son cabinet n'est pas capable de s'organiser pour lui rapporter une information importante et c'est un manquement grave et unn dysfonctionnement au sommet de l'Etat, ou il a reçu l'information et n'y a pas prêté attention ou il laissé faire", a-t-il estimé. "Je ne sais pas s'il faudra une nouvelle commission d'enquête", a-t-il ironisé, mais "il est temps de clarifier, on ne peut pas se contenter de regrets, il y a un temps pour les responsabilités", a ajouté le député amarante. Evoquant le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, qui avait chargé un officier de liaison dans les attentats du 22 mars, Raoul Hedebouw (PTB) a dit espérer qu'on ne ferait pas d'"un diplomate un lampiste". La cheffe de groupe cdH, Catherine Fonck, a qualifié d'"inaudibles" les explications du ministre Reynders. Dans un communiqué, Ecolo dit constater que le Premier ministre a désavoué le ministre des Affaires étrangères et son administration. Les Verts appellent à reconsidérer la politique avec l'Arabie Saoudite. Egalement dans un communiqué, le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders dit "comprendre les réactions et l'agitation suscitées" et "regretter vraiment cette situation, même si on ne pouvait pas éviter la participation de l'Arabie Saoudite à la commission pour le statut de la femme". Comme le Premier Ministre l'a annoncé, "une instruction a été donnée aux postes diplomatiques ainsi qu'à mes collaborateurs pour changer la procédure afin que ces situations soient systématiquement portées à la connaissance personnelle du ministre et du gouvernement", a confirmé M. Reynders annonçant le dépôt d'une telle proposition de procédure au comité ministériel restreint de demain vendredi. Enfin, le chef de la diplomatie a rappelé la procédure. "Les services et collaborateurs des Affaires étrangères ont appliqué de manière très professionnelle la procédure normale au sein de l'ECOSOC des Nations Unies où les pays sont directement élus dans le cas où il n'y a pas plus de candidats que de sièges (Clean Slate)", indique-t-il. Il maintient qu'il n'était "pas personnellement au courant de la procédure de vote en cours". Didier Reynders a répété ce qu'il a dit mercredi en commission de la Chambre, à savoir que "la Belgique ne se réjouit aucunement de l'élection de l'Arabie Saoudite au sien de cette commission".L'opposition écologiste et socialiste ainsi que le PTB ont interpellé le président de la Chambre, Siegfried Bracke, ce jeudi soir à propos de la responsabilité du ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders.L'opposition a exigé que le ministre vienne s'expliquer en séance plénière. Elle estime que les déclarations tenues par lui mercredi en commission des Affaires étrangères, la communication envoyée par ses services jeudi en fin d'après-midi, et l'explication du Premier ministre Charles Michel à l'heure des questions ne concordaient pas sur la connaissance par le ministre MR de la position belge au moment du vote. M. Bracke (N-VA) a fait observer que le ministre était actuellement retenu à Luxembourg par une réunion européenne. Le chef de groupe MR, Denis Ducarme, a dit ne pas voir lui de discordance entre les éléments d'explications fournis ces dernières heures et a invité l'opposition à interroger s'il échet une nouvelle fois le ministre lors de la prochaine réunion de la commission des Affaires étrangères, mardi prochain à 10h15. La N-VA a appuyé ce scénario. A la demande de l'opposition, le président de la Chambre transmettra au président de la commission des Affaires étrangères, Dirk Van der Maelen (sp.a), également absent jeudi, les doléances exprimées au sujet de la réunion de mardi.Le conseil des femmes francophones est "scandalisé" par l'arrivée de l'Arabie Saoudite au sein de la commission de la condition de la femme des Nations Unies (CSW), a réagi jeudi sa présidente Viviane Teitelbaum, également échevine MR à Ixelles. Elle se dit cependant "soulagée" par les regrets exprimés par le Premier ministre Charles Michel."La Belgique est généralement active pour défendre les droits des femmes et s'exprime à ce sujet, j'ai donc été surprise d'apprendre qu'elle avait été favorable à l'entrée au sein de la commission d'un pays qui n'a aucune considération pour les femmes et bafoue continuellement leurs droits. J'ai d'abord cru que ce n'était pas possible", a commenté Mme Teitelbaum auprès de l'agence Belga. La présidente du conseil des femmes francophones, membre du même parti que le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders, est cependant "soulagée" des regrets exprimés par le Premier ministre à la Chambre. "C'était une erreur, mais je suis rassurée d'apprendre que le vote ne résultait pas d'une demande du gouvernement aux diplomates et que des procédures vont être mises en place", a-t-elle dit. Mme Teitelbaum constate des "reculs, des remises en cause des droits des femmes partout, même en Europe". "Il est dès lors important de défendre ces droits et de dénoncer des pays comme l'Arabie Saoudite. Il ne faut pas se contenter de regretter, il faut se montrer attentif, partout et tout le temps", a-t-elle conclu.