Lorsque Bart De Wever annonce début de cette semaine qu'il entame des négociations avec le sp.a anversois et exclut du même coup son ancien partenaire le CD&V, c'est la douche froide pour Kris Peeters, pour ne pas dire la bérézina. Bien entendu, la cure d'opposition du parti dans la plus grande ville flamande n'est pas une surprise totale. Après les élections, Peeters a très vite compris que la poursuite de la coalition suédoise n'avait rien d'une évidence. Après l'abandon de Groen!, Peeters n'ignorait pas non plus que De Wever devrait choisir entre l'Open VLD et le CD&V comme troisième partenaire et que le choix serait vite fait. Cela n'empêche pas que la déception reste immense : c'est la première fois en près de cent ans que les chrétiens-démocrates anversois se retrouvent sur les bancs de l'opposition. Plus que le fond, c'est surtout la manière qui va surprendre. Bart De Wever n'aura même pas la délicatesse de faire lire sa note à Peeters et ne le préviendra que par un simple coup de téléphone dans la soirée de lundi. Il était aux alentours de 23 heures et Peeters revenait du dîner de gala donné en l'honneur du président Macron.
...

Lorsque Bart De Wever annonce début de cette semaine qu'il entame des négociations avec le sp.a anversois et exclut du même coup son ancien partenaire le CD&V, c'est la douche froide pour Kris Peeters, pour ne pas dire la bérézina. Bien entendu, la cure d'opposition du parti dans la plus grande ville flamande n'est pas une surprise totale. Après les élections, Peeters a très vite compris que la poursuite de la coalition suédoise n'avait rien d'une évidence. Après l'abandon de Groen!, Peeters n'ignorait pas non plus que De Wever devrait choisir entre l'Open VLD et le CD&V comme troisième partenaire et que le choix serait vite fait. Cela n'empêche pas que la déception reste immense : c'est la première fois en près de cent ans que les chrétiens-démocrates anversois se retrouvent sur les bancs de l'opposition. Plus que le fond, c'est surtout la manière qui va surprendre. Bart De Wever n'aura même pas la délicatesse de faire lire sa note à Peeters et ne le préviendra que par un simple coup de téléphone dans la soirée de lundi. Il était aux alentours de 23 heures et Peeters revenait du dîner de gala donné en l'honneur du président Macron. L'animosité entre De Wever et Peeters aura certainement joué un rôle au moment de porter le coup de grâce. Celle-ci nait entre les deux hommes dans la nuit du 3 au 4 septembre 2014. Pendant les négociations gouvernementales, le président de la N-VA se montre chaque jour plus arrogant, mais en cette nuit fatidique, par ses manoeuvres, il empêche Peeters de devenir premier ministre en offrant le poste aux libéraux francophones. Pour Peeters, c'est une véritable trahison. Une trahison qui est aussi doublée d'une incroyable ingratitude. Peeters avait en effet manoeuvré en coulisse pour sauver deux ans plus tôt la coalition De Wever à Anvers. Les tensions ne feront que grandir lorsque le vice-premier ministre Peeters se profile comme la force à gauche au sein du gouvernement de centre-droit de Michel. Kris Peeters va jouer un rôle de premier plan dans à peu près tous les grands moments du gouvernement comme le taxe shift ou encore l'impôt sur le capital, ce qui était particulièrement offensant pour la N-VA. Remarques assassines et divers coups bas vont encore attiser la rancune. Celui qui avait, il y a deux ans, quitté Puurs pour conquérir Anvers va entamer sa campagne la fleur au fusil. Celle-ci va cependant vite s'apparenter à un véritable chemin de croix où les attaques personnelles et les mesquineries fusent. Si le vice-premier ministre bombe le torse, son parti n'obtiendra que trois sièges lors des élections d'octobre. Une misère, même si l'homme ne déméritera pas avec pas moins de 11.000 voix de préférences. Certains s'attendaient à une nuit des longs couteaux dans les couloirs du CD&V, mais il n'en fut rien. Le plébiscite sur son nom lui a probablement sauvé la mise et les dirigeants de son parti ne lui feront pas payer son pari hasardeux. Après tout, ils l'ont eux-mêmes nommé pour cette mission impossible. Le 20 novembre, ils annoncent qu'il sera la tête de liste pour les élections européennes en remplacement de Marianne Thyssen. Peeters quitte donc la scène nationale. Une sortie par la grande porte, mais pas des plus flamboyantes pour celui qui avait surement imaginé différemment la conclusion de son passage sur la scène fédérale. D'autant plus que pour le vice-premier ministre, siéger dans un parlement sera une première, car il n'a jamais usé les bancs de l'assemblée. Ce qui fait que certains ont des doutes sur ses capacités pour le travail plutôt technique qui l'attend à l'Europe.Des critiques qui ont fait long feu puisque son départ à l'international laisse les coudées franches au président Wouter Beke pour se placer au fédéral. Et tant pis si cela déplait au secrétaire d'État fédéral, Pieter De Crem, qui aurait voulu tirer la liste européenne du CD&V. Déçu, il vient d'annoncer son retrait de la politique nationale en 2019. Bon perdant, il a cependant précisé que "je pense que Kris Peeters fera ça très bien ."Le parti a aussi entamé un large rebattement des cartes Pour les élections fédérales, Hendrik Bogaert tirera la liste du parti en Flandre Occidentale. C'est la ministre flamande Hilde Crevits qui y tirera la liste CD&V pour le parlement flamand. Dans le Limbourg, le président du parti, Wouter Beke sera tête de liste pour la Chambre; Lode Ceyssens pour le parlement flamand. Le ministre flamand du Bien-Etre Jo Vandeurzen, figure de proue des sociaux-chrétiens flamands dans cette province, a annoncé il y a quelques jours son retrait de la vie politique. Idem pour Pieter De Crem, ténor du parti en Flandre-Orientale, où personne n'a été désigné jusqu'ici pour le scrutin fédéral. Pour le parlement flamand, cette responsabilité a été confiée à la ministre flamande de l'Environnement Joke Schauvliege. En Brabant flamand, le ministre Koen Geens et Peter Van Rompuy emmèneront les candidats au combat électoral respectivement pour la Chambre et le parlement régional. À Bruxelles, l'actuelle secrétaire d'Etat Bianca Debaets tirera la liste pour le parlement régional. Pour la province d'Anvers, Kris Peeters tirait la liste CD&V, en tant que ministre-président sortant pour le parlement flamand, en 2014. Son successeur dans ce rôle n'est pas encore désigné, pas plus que celui qui aura cette responsabilité pour les élections de la Chambre. La proposition du comité de constitution des listes du parti a été soutenue par 92,5% de l'assemblée générale.