Le chef d'Etat tadjik, Emomali Rakhmon, et son homologue kirghiz Sooronbai Jeenbekov ont échangé une poignée de main symbolique dans la ville d'Isfara, au Tadjikistan, lors de la première rencontre entre dirigeants des deux pays dans cette région frontalière sous tensions. Selon la présidence tadjike, les discussions se sont concentrées sur la "délimitation des frontières nationales", ainsi que la "prévention et la résolution de conflits frontaliers". De son côté, le cabinet du chef d'Etat kirghiz a qualifié cette courte rencontre d'"historique" et appelé à "créer une dynamique" pour négocier la démarcation de la frontière. Lundi, un civil a été tué et au moins sept personnes grièvement blessées lors de violences entre les deux communautés dans l'enclave tadjike de Voroukh, entourée par le territoire kirghiz. Les gardes frontières tadjiks ont affirmé qu'un groupe de Kirghiz avait jeté des pierres et utilisé des armes à feu contre une foule de Tadjiks. Les heurts auraient éclaté après la tentative de hisser des drapeaux kirghiz à l'intérieur de l'enclave, ajoute cette source. Les violences se sont poursuivies pendant plusieurs jours. Une route cruciale traversant ce territoire, fermée après ces incidents, n'a été rouverte que jeudi. En mars, deux autres personnes avaient perdu la vie dans des affrontements similaires dans la région. Les accrochages entre ces deux ex-républiques soviétiques sont fréquents, de larges portions de frontière n'étant pas démarquées depuis la fin de l'URSS, sur fond de tensions ethniques accentuées par des rivalités pour l'accès à la terre et à l'eau. (Belga)