"On ne répond pas à des cocktails molotov avec des bons sentiments, on ne protège pas l'ordre républicain avec des mots doux. On peut faire croire que tirer au LBD (lanceur de balle de défense, ndlr) serait une violence policière, que lancer une grenade de désencerclement serait une violence policière, utiliser une matraque serait encore une violence policière, mais ce serait oublier les circonstances et le cadre d'emploi", a lancé M. Castaner en ouvrant une réunion d'une quinzaine d'experts pour plancher sur "une évolution en profondeur" de la doctrine et des méthodes du maintien de l'ordre. "J'aimerais connaître votre perception sur l'usage de la force, sur nos armements et sur ce que certains appellent les +violences policières+", a-t-il ajouté. "Ce n'est pas parce qu'il y a blessure qu'il y a faute", s'est défendu le ministre. Les manifestations de "gilets jaunes" qui ont parfois dégénéré en violents affrontements et en scènes d'émeutes, ont ranimé les polémiques sur le maintien de l'ordre, alimentées par les images de manifestants blessés à la main ou éborgnés. Le LBD et les grenades de désencerclement, auxquels les forces de l'ordre ont eu trois à quatre fois plus recours en 2018, ont été régulièrement dénoncés par les manifestants. Selon les "gilets jaunes" qui ont organisé une "marche des mutilés" début juin, 23 personnes ont été éborgnées depuis le début du mouvement le 17 novembre, cinq ont perdu la main, un a été amputé d'un testicule, un a perdu l'odorat et une "dizaine" de manifestants ont eu d'autres blessures graves (à la mâchoire, au pied...). Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur à la mi-mai, 2.448 blessés ont été recensés côté manifestants et 1.797 parmi les forces de l'ordre, sans plus de précisions sur la gravité. (Belga)