Depuis le rachat du sporting d'Anderlecht par le milliardaire Marc Coucke, fin 2017, cela part dans tous les sens au sein de l'ancien club numéro un du Royaume.

La première non-qualification pour une compétition européenne depuis 55 ans, fin de la saison dernière, était à deux doigts de traumatiser les supporters. L'arrivée surprise de Vincent Kompany, cet été, a évité la crise durant quelques semaines, avec son projet ambitieux "à la Manchester City" et l'arrivée d'anciennes gloires comme Nacer Chadli, Frank Arnesen ou Samir Nasri. En vain. Pour tenter de stopper l'hémorragie, un autre ancien prince de la Maison Mauve, Frankie Vercauteren, a débarqué. Avant une nouvelle révolution de palais annoncée mercredi à la surprise générale. Edifiante!

L'arrivée de Karel Van Etevelt, ancien patron de Febelin, au poste de CEO ; de Wouter Vandenhaute, homme de communication, en guise de conseiller ; ainsi que de Patrick Lefevere (patron de l'écurie cycliste Deceuninck - Quick Step) et de Phillippe Close (PS, bourgmestre de Bruxelles) au sein du conseil d'administration font basculer le Sporting dans la quatrième dimension. Le sujet fait la "une" de tous les quotidiens et des JT, tant il dépasse de loin le cadre strictement sportif. Car il est révélateur à plusieurs titres.

1 L'improvisation capitalistique

Plus que jamais, le terme de "football panique" peut s'appliquer au sport-roi... comme il a acquis ses lettres de noblesse ou politique ou dans les marchés financiers. On découvre ainsi que Karel Van Eetvelt s'occupera de tout, mais il n'a "pas encore de projet". Que Patrick Lefevere a été plutôt surpris que l'on fasse appel à lui. Que Marc Coucke lui-même confesse avoir sous-estimé le chantier qui l 'attendait. Les annonces de pertes financières à répétition n'inquiètent personne, comme si le club était entré dans une ère de capitalisme sauvage sans grand contrôle après les années "sages" de la famille Vanden Stock. La gestion du noyau de joueurs, pour le moins catastrophique ces dernières années, montre, à l'instar d'autres clubs belges, que notre football est devenu une plateforme pour agents de joueurs.

2 Une identité très flamande

Plus personne n'a encore l'image d'Anderlecht comme un club bruxellois depuis bien longtemps. Son hinterland sociologique se situe dans le Pajottenland et le Brabant flamand. Ses soutiens sont le plus souvent issus du capitalisme flamand ou des rangs des libéraux nordistes (le ministre Guy Vanhengel en tête). "Quand Anderlecht est faible, le football belge est faible", souligne le père du capitalisme belge, Etienne Davignon, à LN 24. La flopée de réactions est éloquente : "Stevie" est une guerre en retard, les modèles d'avenir se situent désormais à Bruges (en tête), Anvers et Gand. Karel Van Eetvelt fut patron de l'Unizo, l'un des organes représentatifs des indépendants flamands, il est proche des milieux politiques flamands (on en reparlera), à lui de s'inspirer de ces modèles nordistes. Wouter Vandenhaute, notamment patron de Woestijnvis, est un des inspirateurs du paysage télé flamand. L'ancrage flamand se renforce encore et toujours. C'est là où l'or git.

3 Des ambiguïtés politiques

Karel Van Eetvelt, le nouveau CEO d'Anderlecht est classé au centre-droit du spectre politique flamand. Fin 2019, il fut un temps question qu'il se lance dans la course à la présidence du CD&V. Il y a une dizaine de jours, il proposait de lancer un mouvement politique "radicalement nouveau", citoyen, à même de faire récolter des voix perdues au Belang ou à la N-VA. L'idée a été fraîchement reçue, mais elle témoigne du caractère très politique du personnage. Les ambiguïtés du monde politique à l'égard du milieu du ballon rond ne sont, il est vrai, pas neuves - songeons à Bart De Wever supporter opportuniste à Anvers ou à Roland Duchatelet (Vivant) à Saint-Trond ou au Standard. Une autre ambiguïté a été relevée par Jean-Michel De Waele, professeur à l'ULB et spécialiste du foot : Philippe Close, bourgmestre de la Ville de Bruxelles, pourrait se retrouver à un conflit d'intérêt si, par exemple, la construction d'un nouveau stade était à nouveau évoquée.

Le redressement d'Anderlecht se poursuit dans la précipitation. Son évolution désarçonne. Elle risque de poser les jalons de nouveaux chaos à venir.

Depuis le rachat du sporting d'Anderlecht par le milliardaire Marc Coucke, fin 2017, cela part dans tous les sens au sein de l'ancien club numéro un du Royaume. La première non-qualification pour une compétition européenne depuis 55 ans, fin de la saison dernière, était à deux doigts de traumatiser les supporters. L'arrivée surprise de Vincent Kompany, cet été, a évité la crise durant quelques semaines, avec son projet ambitieux "à la Manchester City" et l'arrivée d'anciennes gloires comme Nacer Chadli, Frank Arnesen ou Samir Nasri. En vain. Pour tenter de stopper l'hémorragie, un autre ancien prince de la Maison Mauve, Frankie Vercauteren, a débarqué. Avant une nouvelle révolution de palais annoncée mercredi à la surprise générale. Edifiante!L'arrivée de Karel Van Etevelt, ancien patron de Febelin, au poste de CEO ; de Wouter Vandenhaute, homme de communication, en guise de conseiller ; ainsi que de Patrick Lefevere (patron de l'écurie cycliste Deceuninck - Quick Step) et de Phillippe Close (PS, bourgmestre de Bruxelles) au sein du conseil d'administration font basculer le Sporting dans la quatrième dimension. Le sujet fait la "une" de tous les quotidiens et des JT, tant il dépasse de loin le cadre strictement sportif. Car il est révélateur à plusieurs titres.Plus que jamais, le terme de "football panique" peut s'appliquer au sport-roi... comme il a acquis ses lettres de noblesse ou politique ou dans les marchés financiers. On découvre ainsi que Karel Van Eetvelt s'occupera de tout, mais il n'a "pas encore de projet". Que Patrick Lefevere a été plutôt surpris que l'on fasse appel à lui. Que Marc Coucke lui-même confesse avoir sous-estimé le chantier qui l 'attendait. Les annonces de pertes financières à répétition n'inquiètent personne, comme si le club était entré dans une ère de capitalisme sauvage sans grand contrôle après les années "sages" de la famille Vanden Stock. La gestion du noyau de joueurs, pour le moins catastrophique ces dernières années, montre, à l'instar d'autres clubs belges, que notre football est devenu une plateforme pour agents de joueurs.Plus personne n'a encore l'image d'Anderlecht comme un club bruxellois depuis bien longtemps. Son hinterland sociologique se situe dans le Pajottenland et le Brabant flamand. Ses soutiens sont le plus souvent issus du capitalisme flamand ou des rangs des libéraux nordistes (le ministre Guy Vanhengel en tête). "Quand Anderlecht est faible, le football belge est faible", souligne le père du capitalisme belge, Etienne Davignon, à LN 24. La flopée de réactions est éloquente : "Stevie" est une guerre en retard, les modèles d'avenir se situent désormais à Bruges (en tête), Anvers et Gand. Karel Van Eetvelt fut patron de l'Unizo, l'un des organes représentatifs des indépendants flamands, il est proche des milieux politiques flamands (on en reparlera), à lui de s'inspirer de ces modèles nordistes. Wouter Vandenhaute, notamment patron de Woestijnvis, est un des inspirateurs du paysage télé flamand. L'ancrage flamand se renforce encore et toujours. C'est là où l'or git.Karel Van Eetvelt, le nouveau CEO d'Anderlecht est classé au centre-droit du spectre politique flamand. Fin 2019, il fut un temps question qu'il se lance dans la course à la présidence du CD&V. Il y a une dizaine de jours, il proposait de lancer un mouvement politique "radicalement nouveau", citoyen, à même de faire récolter des voix perdues au Belang ou à la N-VA. L'idée a été fraîchement reçue, mais elle témoigne du caractère très politique du personnage. Les ambiguïtés du monde politique à l'égard du milieu du ballon rond ne sont, il est vrai, pas neuves - songeons à Bart De Wever supporter opportuniste à Anvers ou à Roland Duchatelet (Vivant) à Saint-Trond ou au Standard. Une autre ambiguïté a été relevée par Jean-Michel De Waele, professeur à l'ULB et spécialiste du foot : Philippe Close, bourgmestre de la Ville de Bruxelles, pourrait se retrouver à un conflit d'intérêt si, par exemple, la construction d'un nouveau stade était à nouveau évoquée.Le redressement d'Anderlecht se poursuit dans la précipitation. Son évolution désarçonne. Elle risque de poser les jalons de nouveaux chaos à venir.