Les deux médias ont rapporté qu'entre janvier 2018 et juin 2019, 53.418 kilos d'explosifs et de munitions avaient été embarqués sur des navires de la compagnie saoudienne Bahri au port d'Anvers. "Le fait que les exportations d'armes et de munitions wallonnes à destination d'États engagés dans le conflit au Yémen se sont poursuivies au moins jusqu'au 5 mai 2019 est en totale contradiction avec les obligations de la Belgique et de la Région wallonne relatives au Traité sur le commerce des armes, à la position commune de l'Union européenne sur le contrôle des exportations d'armes et au décret wallon sur les ventes d'armes", explique Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d'Amnesty International. Si Amnesty International considère comme une avancée la volonté exprimée dans la Déclaration de politique régionale de transmettre de manière quadrimestrielle des rapports concernant l'octroi de licences d'exportation d'armes à la sous-commission armes du Parlement wallon, l'organisation demande la mise à disposition publique de ces rapports et appelle à terme à une publication mensuelle. Amnesty International rappelle par ailleurs que le rapport annuel au Parlement wallon pour l'année 2018 n'a toujours pas été publié. En ce qui concerne la Flandre, l'organisation souligne que le contrôle des autorités sur le transit d'armes en Flandre est insuffisant. "La Région flamande refuse l'octroi de licences d'exportation d'armes vers l'Arabie saoudite, mais, dans le même temps, en raison d'un manque de contrôle, permet au port d'Anvers d'être un lieu de transit pour des armes qui seront livrées à la même Arabie saoudite; ce n'est pas cohérent", explique encore Philippe Hensmans. (Belga)