Le message "#IstanbulConventionSavesLives" a été tagué sur le sol devant l'ambassade et arboré sur une grande banderole. La Convention d'Istanbul est le premier traité européen consacré à la lutte contre la violence à l'égard des femmes et la violence domestique, et le traité international le plus ambitieux à cet égard. "C'est une référence", souligne Zoé Spriet-Mezoued, coordinatrice des campagnes et du plaidoyer pour Amnesty International. "C'est un texte qui est contraignant. Les États qui le ratifient doivent mettre en place des mesures et ils sont évalués régulièrement. Ce sont des choses très concrètes, comme la mise en place de lignes téléphoniques gratuites et largement accessibles, la création de foyers pour les victimes de violence..." La Convention établit des normes minimales en ce qui concerne la prévention de la violence, la protection des femmes en danger, mais aussi les poursuites pénales contre les auteurs. "Nous exigeons des autorités turques qu'elles reconsidèrent leur décision et se montrent à la hauteur de cette Convention que la Turquie fut la première à signer", a rappelé Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d'Amnesty International. Le premier Etat signataire sera aussi le premier des 34 l'ayant ratifiée à en sortir. Le gouvernement turc a motivé son retrait par le fait que ce texte servirait à "normaliser l'homosexualité", ce qui serait incompatible avec les valeurs sociales et familiales de la Turquie. Amnesty International craint que ce premier pas en arrière ne soit que la partie visible émergée d'un dangereux iceberg populiste. "C'est une brèche", s'inquiète Zoé Spriet-Mezoued. "La Turquie pourrait avoir ouvert la porte pour d'autres. La Pologne veut débattre d'un projet de convention des droits de la famille pour sortir de la Convention d'Istanbul. Ils tentent de rassembler d'autres États qui ont aussi une vision peu progressiste de la question. Cela laisse présager une convention rétrograde, qui reviendrait sur des droits acquis par les femmes". Amnesty International craint que cette vision rétrograde des valeurs familiales ne fasse reculer les droits des femmes et des personnes LGBTI+ (Lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres, intersexes et autres) un peu partout en Europe. L'ONG organise ce mardi d'autres actions devant des ambassades turques, notamment au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et en Autriche. A Bruxelles, une délégation d'Amnesty International se joindra à 17h30 au rassemblement de soutien aux femmes et filles turques prévu au rond-point Schuman, au coeur des institutions européennes. (Belga)

Le message "#IstanbulConventionSavesLives" a été tagué sur le sol devant l'ambassade et arboré sur une grande banderole. La Convention d'Istanbul est le premier traité européen consacré à la lutte contre la violence à l'égard des femmes et la violence domestique, et le traité international le plus ambitieux à cet égard. "C'est une référence", souligne Zoé Spriet-Mezoued, coordinatrice des campagnes et du plaidoyer pour Amnesty International. "C'est un texte qui est contraignant. Les États qui le ratifient doivent mettre en place des mesures et ils sont évalués régulièrement. Ce sont des choses très concrètes, comme la mise en place de lignes téléphoniques gratuites et largement accessibles, la création de foyers pour les victimes de violence..." La Convention établit des normes minimales en ce qui concerne la prévention de la violence, la protection des femmes en danger, mais aussi les poursuites pénales contre les auteurs. "Nous exigeons des autorités turques qu'elles reconsidèrent leur décision et se montrent à la hauteur de cette Convention que la Turquie fut la première à signer", a rappelé Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d'Amnesty International. Le premier Etat signataire sera aussi le premier des 34 l'ayant ratifiée à en sortir. Le gouvernement turc a motivé son retrait par le fait que ce texte servirait à "normaliser l'homosexualité", ce qui serait incompatible avec les valeurs sociales et familiales de la Turquie. Amnesty International craint que ce premier pas en arrière ne soit que la partie visible émergée d'un dangereux iceberg populiste. "C'est une brèche", s'inquiète Zoé Spriet-Mezoued. "La Turquie pourrait avoir ouvert la porte pour d'autres. La Pologne veut débattre d'un projet de convention des droits de la famille pour sortir de la Convention d'Istanbul. Ils tentent de rassembler d'autres États qui ont aussi une vision peu progressiste de la question. Cela laisse présager une convention rétrograde, qui reviendrait sur des droits acquis par les femmes". Amnesty International craint que cette vision rétrograde des valeurs familiales ne fasse reculer les droits des femmes et des personnes LGBTI+ (Lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres, intersexes et autres) un peu partout en Europe. L'ONG organise ce mardi d'autres actions devant des ambassades turques, notamment au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et en Autriche. A Bruxelles, une délégation d'Amnesty International se joindra à 17h30 au rassemblement de soutien aux femmes et filles turques prévu au rond-point Schuman, au coeur des institutions européennes. (Belga)