"Le procès s'ouvrira le 17 octobre", a affirmé à l'AFP un porte-parole du tribunal de Hambourg, confirmant une information du journal Die Welt. Il s'agirait alors sans doute de l'un des derniers procès contre un ancien militaire ou garde de camp nazi. Les audiences seront restreintes à deux par semaine et à deux heures maximum chacune, en raison de l'état de santé précaire de l'accusé, selon Die Welt. Le nonagénaire, Bruno Dey, avait été mis en accusation par le parquet de Hambourg mi-avril pour avoir contribué aux meurtres de 5.230 prisonniers, commis lorsqu'il était gardien "entre août 1944 et avril 1945" du camp de Stutthof dans le nord de la Pologne, près de Gdansk. Il avait 17 ans à l'époque. La tâche de l'accusé consistait à "empêcher la fuite, la révolte ou la libération des prisonniers" juifs du camp condamnés à être exterminés d'une balle dans la nuque ou au pesticide Zyklon B (utilisé dans les chambres à gaz), selon l'accusation. De ce fait, il a été un "rouage dans la machinerie meurtrière en toute connaissance de cause", avait ajouté le parquet. Selon Die Welt, l'accusé avait reconnu auprès du procureur avoir à l'époque su ce qui se passait dans le camp concernant les chambres à gaz et les crémations des cadavres mais avait expliqué ne pas pouvoir fuir sous peine d'être lui-même tué. Environ 65.000 personnes sont décédées dans le camp de Stutthof, essentiellement des femmes juives des pays baltes et de Pologne. Ce camp a été intégré au système d'extermination des Juifs en juin 1944. Début avril, le procès d'un autre ancien garde du même camp nazi avait été abandonné en raison de la dégradation de l'état de santé de l'accusé, âgé lui de 95 ans. Ces dernières années, l'Allemagne a jugé et condamné plusieurs anciens SS pour complicité de meurtre, illustrant la sévérité accrue, mais très tardive, de sa justice. Aucun de ces condamnés n'est cependant allé en prison jusqu'ici, en raison de leur état de santé. (Belga)