Des dizaines de milliers d'Algériens sont descendus vendredi dans la rue, notamment à Alger où les manifestations sont strictement interdites, répondant à des appels sur les réseaux sociaux, pour s'opposer au cinquième mandat que brigue le président Bouteflika, 81 ans et affaibli depuis 2013 par les séquelles d'un AVC. La présidentielle "aura lieu dans moins de deux mois, chacun choisira librement. Chacun a le droit de défendre son candidat et d'être contre tout autre candidat, les urnes trancheront de manière pacifique et civilisée", a déclaré M. Ouyahia, écartant implicitement tout renoncement du président à briguer un nouveau mandat. Répondant à "l'appel au changement" lancé par les manifestants, il a souligné qu'en annonçant sa candidature, M. Bouteflika a promis "dans le cas où il serait élu une conférence sans précédent dans l'histoire de l'Algérie", ouverte à tous et où il sera débattu "de tout". Il a par ailleurs appelé les Algériens à "la vigilance" car les "appels à manifester sont d'origine inconnue" et "face au risque de dérapages dangereux". Le président Bouteflika a mis fin le 10 février à des mois d'interrogations sur ses intentions, en annonçant dans une "lettre à la Nation" qu'il briguerait un cinquième mandat lors de la présidentielle du 18 avril, scrutin présenté comme joué d'avance. (Belga)