L'invasion du parlement américain alors que celui-ci devait confirmer l'élection de Joe Biden à la présidence a suscité l'émoi au sein de la Chambre. "Ces faits démontrent l'importance de lutter résolument contre les populismes et toute atteinte à nos valeurs les plus fondamentales. Le pilier de la démocratie, c'est respecter le résultat d'élections libres, c'est rassembler plutôt que diviser. Et surtout condamner les expressions de haine", a déclaré en introduction la présidente de la Chambre Eliane Tillieux. Le Premier ministre Alexander De Croo a partagé cette analyse. "J'espère que c'est clair au sein de cet hémicycle qu'il faut lutter contre les désinformations", a-t-il lancé. "Le président Trump (qui continue de contester les résultats de l'élection présidentielle) a commencé par dire 'ils vont vous enlever votre emploi', puis 'ils vont vous enlever votre pays', puis 'ils vont vous voler vos élections'. Ce qu'il s'est passé est la conséquence directe de ce genre de déclarations." "Souvent, de mauvais mots peuvent déclencher de mauvais actes", a-t-il indiqué, paraphrasant la chancelière allemande Angela Merkel. Interrogé par la N-VA (opposition) sur la lutte contre les fake news, M. De Croo a confirmé l'existence dans l'accord de gouvernement d'un passage en ce sens. "Il faut être prudent, c'est vrai. Une démocratie ne peut pas se laisser museler, c'est une mission délicate", a-t-il ajouté, évoquant l'importance d'une "société civile forte" et d'une "presse critique". "Ce qui est visé, c'est la désinformation intentionnelle et systématique visant à aller au conflit. Lutter contre ce genre de désinformation est un combat de tous les jours et nous ne devons pas hésiter à prendre des mesures." Le chef de groupe des nationalistes flamands Peter De Roover ne s'est pas montré convaincu par cette réponse. "Vous allez dans une direction dangereuse. Vous êtes aussi têtu que Trump. Vous allez décider quelles sont les bonnes ou les fausses nouvelles." Le ton était tout autre sur les autres bancs de l'assemblée. "Ici aussi, il y a des messages de haine que vous cataloguez comme liberté d'expression mais que je qualifie d'incitations à la haine", a rétorqué Patrick Dewael (Open Vld). Kristof Calvo (Groen) a pour sa part appelé à modifier l'article 150 de la Constitution afin de condamner tout discours de haine en ligne ou hors ligne. "Nous devons combattre le piège du simplisme et de la facilité. Les partis extrémistes ici aussi abîment la démocratie", a relevé Michel De Maegd (MR). Pour Georges Dallemagne (cdH), "il faut dire que Trump est hors-la-loi. Qu'il n'est plus jamais le bienvenu en Belgique." Le Vlaams Belang ne s'est pas exprimé. (Belga)

L'invasion du parlement américain alors que celui-ci devait confirmer l'élection de Joe Biden à la présidence a suscité l'émoi au sein de la Chambre. "Ces faits démontrent l'importance de lutter résolument contre les populismes et toute atteinte à nos valeurs les plus fondamentales. Le pilier de la démocratie, c'est respecter le résultat d'élections libres, c'est rassembler plutôt que diviser. Et surtout condamner les expressions de haine", a déclaré en introduction la présidente de la Chambre Eliane Tillieux. Le Premier ministre Alexander De Croo a partagé cette analyse. "J'espère que c'est clair au sein de cet hémicycle qu'il faut lutter contre les désinformations", a-t-il lancé. "Le président Trump (qui continue de contester les résultats de l'élection présidentielle) a commencé par dire 'ils vont vous enlever votre emploi', puis 'ils vont vous enlever votre pays', puis 'ils vont vous voler vos élections'. Ce qu'il s'est passé est la conséquence directe de ce genre de déclarations." "Souvent, de mauvais mots peuvent déclencher de mauvais actes", a-t-il indiqué, paraphrasant la chancelière allemande Angela Merkel. Interrogé par la N-VA (opposition) sur la lutte contre les fake news, M. De Croo a confirmé l'existence dans l'accord de gouvernement d'un passage en ce sens. "Il faut être prudent, c'est vrai. Une démocratie ne peut pas se laisser museler, c'est une mission délicate", a-t-il ajouté, évoquant l'importance d'une "société civile forte" et d'une "presse critique". "Ce qui est visé, c'est la désinformation intentionnelle et systématique visant à aller au conflit. Lutter contre ce genre de désinformation est un combat de tous les jours et nous ne devons pas hésiter à prendre des mesures." Le chef de groupe des nationalistes flamands Peter De Roover ne s'est pas montré convaincu par cette réponse. "Vous allez dans une direction dangereuse. Vous êtes aussi têtu que Trump. Vous allez décider quelles sont les bonnes ou les fausses nouvelles." Le ton était tout autre sur les autres bancs de l'assemblée. "Ici aussi, il y a des messages de haine que vous cataloguez comme liberté d'expression mais que je qualifie d'incitations à la haine", a rétorqué Patrick Dewael (Open Vld). Kristof Calvo (Groen) a pour sa part appelé à modifier l'article 150 de la Constitution afin de condamner tout discours de haine en ligne ou hors ligne. "Nous devons combattre le piège du simplisme et de la facilité. Les partis extrémistes ici aussi abîment la démocratie", a relevé Michel De Maegd (MR). Pour Georges Dallemagne (cdH), "il faut dire que Trump est hors-la-loi. Qu'il n'est plus jamais le bienvenu en Belgique." Le Vlaams Belang ne s'est pas exprimé. (Belga)