Il y a deux jours, plusieurs médias européens révélaient comment le gouvernement azéri avait blanchi, entre 2012 et 2014, près de 2,5 milliards de dollars à travers des sociétés européennes, dont quelques belges comme la filiale BICS de Proximus (De Tijd, 5 septembre). L'enquête révélait aussi une vaste opération de lobbying de la République du président Aliyev, dont la réputation en matière de respect des droits de l'homme laisse à désirer. Lobbying rémunéré, auprès de journaliste et d'hommes politiques. En cause notamment, l'ancien président du Parti Populaire...

Il y a deux jours, plusieurs médias européens révélaient comment le gouvernement azéri avait blanchi, entre 2012 et 2014, près de 2,5 milliards de dollars à travers des sociétés européennes, dont quelques belges comme la filiale BICS de Proximus (De Tijd, 5 septembre). L'enquête révélait aussi une vaste opération de lobbying de la République du président Aliyev, dont la réputation en matière de respect des droits de l'homme laisse à désirer. Lobbying rémunéré, auprès de journaliste et d'hommes politiques. En cause notamment, l'ancien président du Parti Populaire Européen au sein de l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (PACE), l'Italien Luca Volontè. L'homme fait l'objet d'une enquête de la justice de son pays qui le soupçonne d'avoir été soudoyé par l'Azerbaïdjan (on parle de 2 millions d'euros) pour influencer le vote, au sein de l'assemblée de Strasbourg, sur un rapport concernant les prisonniers politiques du régime d'Aliyev. Dans la foulée de ces révélations, le très sérieux quotidien britannique The Guardian évoque le député MR Alain Destexhe qui a récemment rédigé et rendu un rapport sur l'Azerbaïdjan pour la Commission des droits de l'homme de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe. Un rapport que plusieurs députés de cette assemblée remettent désormais en cause car le texte se montre trop léger à propos du problème de corruption qui gangrène la République caucasienne connue pour ses richesses pétrolières. Destexhe a rétorqué que son rapport venait d'être adopté à l'unanimité par le PACE, sans qu'il y ait eu de critiques. Il n'empêche, plusieurs députés de l'assemblée strasbourgeoise envisagent désormais de rédiger une opinion divergente à propos de l'Azerbaïdjan, pour se distancier de son texte. Une première dans l'histoire du PACE. La controverse est loin d'être éteinte. Coïncidence ? C'est justement le moment qu'a choisi l'ancien ministre libéral flamand Marc Verwilghen pour rendre son tablier de directeur pour le Benelux de la European Azerbaïdjan Society qui promeut les relations commerciales et culturelles avec le pays d'Aliyev. Cela n'a rien à voir avec les divulgations actuelles, selon Verwilghen qui précise que son contrat se terminait de toute façon fin septembre et qu'à 65 ans il ne comptait pas le prolonger. Révélateur aussi : c'est cette semaine qu'a débuté le procès pour diffamation intenté par l'Azerbaïdjan contre deux journalistes de France 2. Elise Lucet et Laurent Richard se voient poursuivis pour avoir qualifié le régime du président Aliyev de "dictature" dans un reportage de l'émission Cash Investigation, diffusé il y a deux ans, qui mettait déjà en lumière les efforts de l'ancienne république soviétique pour s'acheter la mansuétude d'élus français. Dictature : un terme qu'Elise Lucet a confirmé devant le tribunal, au deuxième jour du procès...