Le nombre de signalements liés à l'orientation sexuelle (109 dossiers en 2020) est stable par rapport à la moyenne des 5 dernières années (+ 1,3%). La baisse de 24 dossiers par rapport à 2019 peut être une conséquence des confinements et du télétravail imposés pour juguler la pandémie. Ils ne représentent cependant que 4,3% de l'ensemble des signalements reçus. Ils sont minoritaires au niveau des discriminations, loin derrière les critères raciaux et le handicap. Cette sous-représentation est particulièrement marquée dans les domaines de l'emploi et du logement. Par contre, ils ont la plus grande proportion d'actes de haine (plus de 35%). Sur les 41 actes de haine (homicide, intimidation et harcèlement, coups et blessures, graffitis et dégradations ou encore abus d'autorité) recensés en 2020 par Unia en lien avec l'orientation sexuelle, 11 comportent des coups et blessures, soit 26,8%. En proportion, ils devancent ici les critères raciaux (14,7% des actes de haine font état de coups et blessures, soit 21 faits sur 143). "Ce caractère de violence physique apparaît de manière importante", observe Patrick Charlier, co-directeur d'Unia par rapport aux autres critères de discrimination. "On est plus facilement victime proportionnellement de propos et d'actes violents que de discrimination, ce qui traduit une réalité sociologique. Il y a en Belgique une assez grande acceptation sociale du principe d'égalité de droits entre les personnes aimant des personnes du même sexe et les hétérosexuels. Il n'y a pas de grande remise en cause du mariage et de la parentalité... Il y a par contre une sorte de réaction plus viscérale qu'intellectuelle lorsque les personnes sont confrontées à l'homosexualité: lorsque des hommes se donnent la main, des femmes s'embrassent... Les agresseurs se sentent insécurisés parce que cela perturbe les représentations genrées que l'on a acquis globalement dans la société et ils réagissent par la violence parce qu'ils ne le supportent pas." Il estime que les meurtres homophobes sont plus rares que les agressions physiques, mais existent et ponctuent l'actualité. Pour le double meurtre de Nathalie Maillet et Ann-Lawrence Durviaux dans la nuit du 14 août à Gouvy, il ne s'avance sur une motivation partiellement lesbophobe dans l'intention de l'auteur. "L'action publique va sûrement s'éteindre sans que l'enquête aille très loin vu qu'il s'est suicidé, mais il y a peut-être des traces dans des échanges écrits et des SMS d'une hostilité ou d'un malaise envers cette relation homosexuelle. Pour l'instant, rien de probant n'a été communiqué en ce sens et cela n'a peut-être pas du tout joué". La majorité des signalements liés à l'orientation sexuelle (64,4% en 2020 et 81,2% en 2019) émanent d'hommes, même si de plus en plus de femmes font des signalements à Unia. Concernant l'agression physique d'un couple de femmes en 2017 dans la gare du Midi, contrairement à la demande des plaignantes, le caractère lesbophobe n'a pas été retenu comme circonstance aggravante en première instance le 23 juin dernier par le tribunal correctionnel. (Belga)

Le nombre de signalements liés à l'orientation sexuelle (109 dossiers en 2020) est stable par rapport à la moyenne des 5 dernières années (+ 1,3%). La baisse de 24 dossiers par rapport à 2019 peut être une conséquence des confinements et du télétravail imposés pour juguler la pandémie. Ils ne représentent cependant que 4,3% de l'ensemble des signalements reçus. Ils sont minoritaires au niveau des discriminations, loin derrière les critères raciaux et le handicap. Cette sous-représentation est particulièrement marquée dans les domaines de l'emploi et du logement. Par contre, ils ont la plus grande proportion d'actes de haine (plus de 35%). Sur les 41 actes de haine (homicide, intimidation et harcèlement, coups et blessures, graffitis et dégradations ou encore abus d'autorité) recensés en 2020 par Unia en lien avec l'orientation sexuelle, 11 comportent des coups et blessures, soit 26,8%. En proportion, ils devancent ici les critères raciaux (14,7% des actes de haine font état de coups et blessures, soit 21 faits sur 143). "Ce caractère de violence physique apparaît de manière importante", observe Patrick Charlier, co-directeur d'Unia par rapport aux autres critères de discrimination. "On est plus facilement victime proportionnellement de propos et d'actes violents que de discrimination, ce qui traduit une réalité sociologique. Il y a en Belgique une assez grande acceptation sociale du principe d'égalité de droits entre les personnes aimant des personnes du même sexe et les hétérosexuels. Il n'y a pas de grande remise en cause du mariage et de la parentalité... Il y a par contre une sorte de réaction plus viscérale qu'intellectuelle lorsque les personnes sont confrontées à l'homosexualité: lorsque des hommes se donnent la main, des femmes s'embrassent... Les agresseurs se sentent insécurisés parce que cela perturbe les représentations genrées que l'on a acquis globalement dans la société et ils réagissent par la violence parce qu'ils ne le supportent pas." Il estime que les meurtres homophobes sont plus rares que les agressions physiques, mais existent et ponctuent l'actualité. Pour le double meurtre de Nathalie Maillet et Ann-Lawrence Durviaux dans la nuit du 14 août à Gouvy, il ne s'avance sur une motivation partiellement lesbophobe dans l'intention de l'auteur. "L'action publique va sûrement s'éteindre sans que l'enquête aille très loin vu qu'il s'est suicidé, mais il y a peut-être des traces dans des échanges écrits et des SMS d'une hostilité ou d'un malaise envers cette relation homosexuelle. Pour l'instant, rien de probant n'a été communiqué en ce sens et cela n'a peut-être pas du tout joué". La majorité des signalements liés à l'orientation sexuelle (64,4% en 2020 et 81,2% en 2019) émanent d'hommes, même si de plus en plus de femmes font des signalements à Unia. Concernant l'agression physique d'un couple de femmes en 2017 dans la gare du Midi, contrairement à la demande des plaignantes, le caractère lesbophobe n'a pas été retenu comme circonstance aggravante en première instance le 23 juin dernier par le tribunal correctionnel. (Belga)