Saisie par une commission anticorruption, la plus haute juridiction a rendu ce verdict "à la majorité des ses membres", a précisé la juge Sisi Khampepe. "La Cour constitutionnelle n'a pas d'autre choix que de conclure que M. Zuma est coupable d'outrage à la justice", a déclaré la magistrate avant l'énoncé de la sentence. "Ce genre de réticence et de défi est illégal et sera puni", a déclaré Mme Khampepe. "Je n'ai pas d'autre choix que d'emprisonner M. Zuma, dans l'espoir que cela envoie un message sans équivoque ( ...) l'Etat de droit et l'administration de la justice prévalent". Depuis la création en 2018 de la commission chargée d'enquêter sur la corruption généralisée pendant ses neuf années au pouvoir, M. Zuma, déjà mis en cause par une quarantaine de témoignages, multiplie les manoeuvres pour éviter d'avoir à s'expliquer, empilant les recours ou faisant valoir son droit au silence. Après une énième convocation à laquelle il ne s'est présenté fin février, la commission a réclamé une condamnation à deux ans de prison contre l'ancien chef d'État. L'ex-président cette fois-là avait non seulement ignoré la commission mais aussi une décision rendue en janvier par la Cour, l'obligeant à comparaître et le privant du droit à garder le silence. Lors d'une audience virtuelle en mars, l'avocat de la commission, Tembeka Ngcukaitobi, a estimé que la question n'est plus de savoir si l'ex-président doit aller en prison, mais "combien de temps il doit y rester". Le statut d'ancien président de M. Zuma "ne le protège pas de la loi", a-t-il martelé. Quelques semaines plus tard, dans une requête plutôt inhabituelle, la justice sud-africaine a demandé à l'ex-président de déterminer lui-même "la sanction appropriée", en prévision de l'audience de mardi. Jacob Zuma, 79 ans, n'a témoigné qu'une seule fois devant la commission anti-corruption, en juillet 2019. Il avait rapidement claqué la porte, s'offusquant d'être traité comme un "accusé". Englué dans les scandales, il avait été poussé à la démission en 2018. Il a été remplacé par l'actuel président, Cyril Ramaphosa, qui a fait de la lutte contre la corruption un cheval de bataille mais a lui-même été appelé à témoigner devant la commission. (Belga)

Saisie par une commission anticorruption, la plus haute juridiction a rendu ce verdict "à la majorité des ses membres", a précisé la juge Sisi Khampepe. "La Cour constitutionnelle n'a pas d'autre choix que de conclure que M. Zuma est coupable d'outrage à la justice", a déclaré la magistrate avant l'énoncé de la sentence. "Ce genre de réticence et de défi est illégal et sera puni", a déclaré Mme Khampepe. "Je n'ai pas d'autre choix que d'emprisonner M. Zuma, dans l'espoir que cela envoie un message sans équivoque ( ...) l'Etat de droit et l'administration de la justice prévalent". Depuis la création en 2018 de la commission chargée d'enquêter sur la corruption généralisée pendant ses neuf années au pouvoir, M. Zuma, déjà mis en cause par une quarantaine de témoignages, multiplie les manoeuvres pour éviter d'avoir à s'expliquer, empilant les recours ou faisant valoir son droit au silence. Après une énième convocation à laquelle il ne s'est présenté fin février, la commission a réclamé une condamnation à deux ans de prison contre l'ancien chef d'État. L'ex-président cette fois-là avait non seulement ignoré la commission mais aussi une décision rendue en janvier par la Cour, l'obligeant à comparaître et le privant du droit à garder le silence. Lors d'une audience virtuelle en mars, l'avocat de la commission, Tembeka Ngcukaitobi, a estimé que la question n'est plus de savoir si l'ex-président doit aller en prison, mais "combien de temps il doit y rester". Le statut d'ancien président de M. Zuma "ne le protège pas de la loi", a-t-il martelé. Quelques semaines plus tard, dans une requête plutôt inhabituelle, la justice sud-africaine a demandé à l'ex-président de déterminer lui-même "la sanction appropriée", en prévision de l'audience de mardi. Jacob Zuma, 79 ans, n'a témoigné qu'une seule fois devant la commission anti-corruption, en juillet 2019. Il avait rapidement claqué la porte, s'offusquant d'être traité comme un "accusé". Englué dans les scandales, il avait été poussé à la démission en 2018. Il a été remplacé par l'actuel président, Cyril Ramaphosa, qui a fait de la lutte contre la corruption un cheval de bataille mais a lui-même été appelé à témoigner devant la commission. (Belga)