Khalil Zeguendi est un blogueur bruxellois d'origine marocaine, connu pour ses chroniques acerbes et parfois controversées de la vie communautaire locale. Il a été, en 2015, l'un des promoteurs de l'association Initiatives citoyennes pour un Islam de Belgique (Icib). Créée pour les mères de jeunes partis en Syrie, l'association proclamait son adhésion aux valeurs de la démocratie. A l'époque où Tariq Ramadan diffusait son islamisme soft à Bruxelles, Khalil Zeguendi le critiquait déjà pour ses idées. Sa réputation lui a attiré des confidences d'une autre nature, sur la vie privée du prédicateur, très éloignée de ses discours publics. Après les révélations du Vif/L'Express et de Mediapart sur le paiement d'une somme de 27 000 euros à Majda Berno...

Khalil Zeguendi est un blogueur bruxellois d'origine marocaine, connu pour ses chroniques acerbes et parfois controversées de la vie communautaire locale. Il a été, en 2015, l'un des promoteurs de l'association Initiatives citoyennes pour un Islam de Belgique (Icib). Créée pour les mères de jeunes partis en Syrie, l'association proclamait son adhésion aux valeurs de la démocratie. A l'époque où Tariq Ramadan diffusait son islamisme soft à Bruxelles, Khalil Zeguendi le critiquait déjà pour ses idées. Sa réputation lui a attiré des confidences d'une autre nature, sur la vie privée du prédicateur, très éloignée de ses discours publics. Après les révélations du Vif/L'Express et de Mediapart sur le paiement d'une somme de 27 000 euros à Majda Bernoussi pour l'empêcher de se répandre sur les réseaux sociaux, Khalil Zeguendi rappelle qu'en 2010, il avait déjà donné l'alerte et que son blog avait été censuré.Comment êtes-vous entré en contact avec les jeunes femmes qui se plaignaient de Tariq Ramadan ? En 2010, j'ai eu un premier contact avec une jeune femme de la région liégeoise que j'appellerai Nadia car, aujourd'hui, elle est mariée et veut tourner la page, ensuite, avec Majda Bernoussi. Elles avaient posté sur mon blog "Bruxellois, non peut-être" des commentaires anonymes à propos de Tariq Ramadan. Une autre fille de Lyon est venue s'ajouter. J'ai découvert par la suite qui elles étaient. Leur situation était la même. Quelle a été la réaction de Tariq Ramadan ?"Par mail, il m'a mis en demeure d'enlever les messages. J'ai publié son mail et dénoncé sa menace. Deux jours plus tard, l'hébergeur français de mon blog l'a fermé car les messages anonymes, disait-il, contrevenaient à la charte des utilisateurs. Il avait reçu une plainte. Normalement, je n'aurais pas dû les publier... J'ai relancé un autre blog : "Bruxellois, sûrement".Que s'est-il passé ensuite ?Après la fermeture de mon blog, Nadia m'a écrit par mail. Je l'ai rencontrée. Elle m'a montré pas mal de documents très crus, des SMS, des captures d'écran Facebook, une longue conversation par Skype où Tariq Ramadan disait des trucs très, très hard. J'ai alors pris contact avec un journaliste et l'ai mis en relation avec Nadia, mais celle-ci n'a pas voulu lui laisser les documents, donc, il n'a rien écrit. On avait échoué... Nadia voulait monter une sorte de groupe de filles. Majda m'avait aussi parlé de ça au téléphone, mais elle a rebondi sur un autre site, en France, qui a publié son témoignage, avant qu'elle se rétracte. Les filles disaient qu'elles avaient reçu des menaces de Tariq Ramadan, elles en avaient très peur. On n'avait pas de preuves... J'ai contacté d'autres personnes... A un moment donné, Majda Bernoussi a donné une interview au Point, mais elle n'a pas voulu qu'elle paraisse. Lorsque j'ai découvert son arrangement financier avec Tariq Ramadan, cela m'a beaucoup déçu.Comment ces femmes avaient-elles rencontré Ramadan ?Tariq Ramadan était très souvent à Bruxelles, notamment à Saint-Louis où se tenaient des conférences organisées par Présence musulmane. Il y avait beaucoup de monde. Sa technique, quand il dédicaçait, c'était d'écrire son numéro de téléphone et "me recontacter" dans le livre. Nadia avait le livre... C'est ainsi qu'elle l'a recontacté. Au début, les filles ignoraient tout l'une de l'autre. A chacune, il disait qu'il n'était plus marié, qu'il cherchait une vraie femme, musulmane, pour la vie , que c'était ça qu'il avait vu en elles... Quand elles le rencontraient, elles étaient hypnotisées. En dehors de ses contacts avec les filles, c'était une forte personnalité. Il avait une garde prétorienne formée de militants associatifs. Tariq Ramadan visait les cadres. Il s'adressait à la crème de la jeunesse musulmane en Europe.