Le Guatemala sera dorénavant considéré comme un "pays tiers sûr" auprès duquel les demandeurs d'asile devront effectuer leurs premières démarches, a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche Stephanie Grisham. Cet accord permettra "de garantir la sécurité aux demandeurs d'asile légitimes et de mettre fin aux fraudes à l'asile et aux abus du système", a promis Donald Trump devant la presse lors d'une communication impromptue dans le Bureau ovale. A la mi-juillet, le président guatémaltèque Jimmy Morales avait renoncé à signer un tel accord avec Washington devant l'opposition de la Cour constitutionnelle de son pays. Et aucune précision n'a été donnée vendredi sur la conformité du nouvel accord avec cette décision de la haute cour du Guatemala. "Cet accord clé va mettre fin au business des coyotes et des trafiquants", a ajouté le président américain, en référence aux groupes criminels qui organisent le transit des migrants. Les Etats-Unis sont confrontés à une flambée du nombre de migrants qui cherchent à franchir sa frontière sud, celle qui les séparent du Mexique. En juin, les services de police aux frontières ont arrêté 104.000 personnes qui cherchaient à entrer illégalement aux Etats-Unis. Ils avaient été 144.000 le mois précédent. Ces migrants ne font que transiter par le Mexique. Pour leur immense majorité, ils viennent du Honduras, du Salvador et du Guatemala, trois pays d'Amérique centrale dont ils fuient la violence. C'est pourquoi l'octroi au Guatemala du statut de "pays tiers sûr", où les migrants devraient effectuer une demande d'asile, suscite des inquiétudes et des critiques. L'ONG Refugees International a jugé cette annonce "très alarmante" et estimé que le Guatemala n'était "en aucun cas sûr pour les réfugiés et les demandeurs d'asile". (Belga)