Imaginez le centre de Waterloo désengorgé de son trafic automobile et redessiné, mixant des commerces, des appartements, une nouvelle, belle et grande place communale, des espaces publics. Le tout redéployé dans un large quadrilatère s'étalant des actuels parkings à l'arrière du passage Wellington jusqu'au centre administratif communal et de l'église Saint-Joseph aux rues Dewit-Verbeek. Imaginez à Braine-l'Alleud, juste à côté du parc de l'Alliance, 30 hectares convertis en un immense espace promenade commercial de détente new look alignant magasins (lifestyle, déco, articles pour la personne...) et espaces verts dans un esprit d'accueil pour les familles.
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Imaginez le centre de Waterloo désengorgé de son trafic automobile et redessiné, mixant des commerces, des appartements, une nouvelle, belle et grande place communale, des espaces publics. Le tout redéployé dans un large quadrilatère s'étalant des actuels parkings à l'arrière du passage Wellington jusqu'au centre administratif communal et de l'église Saint-Joseph aux rues Dewit-Verbeek. Imaginez à Braine-l'Alleud, juste à côté du parc de l'Alliance, 30 hectares convertis en un immense espace promenade commercial de détente new look alignant magasins (lifestyle, déco, articles pour la personne...) et espaces verts dans un esprit d'accueil pour les familles. Vous visualisez ? Pas vraiment ? Respectivement bourgmestres de Waterloo et de Braine-l'Alleud, Florence Reuter et Vincent Scourneau sont bien décidés à matérialiser ces grands projets, si les prochaines élections communales de 2018 leur prêtent écharpe. Et ce ne sont pas leurs seules idées ! En place depuis deux ans pour l'une et dix-sept ans pour l'autre, les deux MR sont à la manoeuvre d'une métamorphose visible de leurs communes tenaillées par les mêmes casse-tête : mobilité, pression démographique, densification urbanistique, environnement... Et animées par l'ambition de doper leur essor économique, l'efficacité de leurs services et la qualité de vie de leurs habitants. S'ils arrivent à leurs fins, les deux voisines brabançonnes auront radicalement changé de look d'ici à 2030. Avec la volonté farouche, pour ces entités de 30 000 et 40 000 habitants, de juguler une urbanisation excessive tout en préservant leurs ceintures vertes. Recentrer la vieille ville. " Nos efforts vont aller crescendo sur le centre-ville. Nous allons raser l'athénée royal qui est un chancre depuis des années. Là nous allons regagner un hectare affecté à un projet neuf combinant magasins de proximité, parking souterrain et logement ", décrit le bourgmestre de Braine-l'Alleud. Cet effet devrait se conjuguer à celui du départ des services administratifs communaux regroupés, dès le 21 juillet prochain, dans le nouveau centre administratif installé au parc de l'Alliance, dans l'ex-siège Toyota entièrement rénové. " Cela va donner à l'hypercentre une nouvelle dynamique. Nous allons y encourager le développement et le rayonnement de la vie associative, notamment dans les bâtiments que nous quittons, tout comme celui de l'Horeca et des petits commerces ", promet Vincent Scourneau. Ce dernier voudrait aussi " faire entrer l'art en centre-ville en y plaçant des sculptures. Le beau attire le beau, mais le moche attire le moche. Donc, au nom de l'esthétique il y a encore du brol à raser ! " L'échevine de la culture Marie-Anne Hatert ajoute : " Notre ville manque de charme. L'effort de sa rénovation esthétique doit se poursuivre. On va laisser beaucoup plus de liberté urbanistique aux gens dans l'aménagement et le look de leur bien. " Les institutions couvées par l'échevine ont déjà montré l'exemple. L'Ecole des arts et l'académie de musique ont tour à tour investi le bas de la ville dans un bâtiment industriel somptueusement rénové. Le dynamique pôle culturel sera rejoint par une nouvelle grande salle de spectacle dans les prochaines années. Quant au pôle hospitalier Chirec, " il pourrait encore se développer. Et pourquoi pas aussi une nouvelle gare d'ici 2030 ? " glisse le bourgmestre. On ira tous au Paradis. Le nouveau centre aquatique est le projet phare de la commune. L'espace vert de 35 hectares a déjà son lac artificiel creusé sur 5 hectares. Ses berges sont promises à devenir la zone de détente n°1 dotée d'infrastructures " pour accueillir le public familial brainois ", s'enthousiasme Jean-Marc Wautier, échevin du commerce et de l'urbanisme. " On va y aménager une grande plaine de jeux sécurisée pour tous les jeunes enfants de Braine. Le bâtiment de l'ex-cafétéria va se muer en un bel établissement Horeca doté d'une grande véranda très stylée ayant comme point de vue les plans d'eaux et, au fond à gauche, la nouvelle piscine. " La pièce maîtresse du Paradis new look sera en effet une piscine flambant neuve. Elle étalera ses 2 500 m2 sur la pente des berges du lac et en épousera le dénivelé avec une architecture en totale harmonie avec son environnement. Toiture plate et verdurisée, face avant et des flancs tout en verre, sa grande terrasse fera face au lac à moins de cent mètres. Sa conception intérieure est aussi innovante car son grand bassin de 35 mètres sur 21 est hypermodulable grâce à des systèmes de pontons et de fonds mobiles. Cet atout multimodal permettra d'accueillir simultanément trois niveaux scolaires ou trois sports (plongée, natation, aquagym). Et une fois ramené à 1,8 m de profondeur partout et en format 35 sur 21, le grand bassin sera un des seuls de Belgique à convenir parfaitement au waterpolo. D'autres bassins d'agrément, un pour bébés, un autre pour handicapés accompagnés et des espaces hammam et sauna complèteront l'offre de cette piscine dévolue " aux sportifs, aux écoles et au handicap. On ne sera pas Océade ! " insiste Henri Detandt, échevin des travaux et de la mobilité. Et quand ce coin de Paradis sera-t-il achevé ? Vincent Scourneau évalue : " On prépare déjà le site, on aménage les voiries et les pistes cyclables, j'ai le permis de bâtir, j'attends les subsides régionaux. Il y aura un an de préparation du site pour la piscine puis deux ans et demi de chantier. Au mieux, le projet peut être opérationnel dans trois ans. " Shopping promenade. L'autre projet qui devrait taper dans l'oeil des Brainois est celui, encore sur papier, d'une nouvelle zone commerciale sur 30 hectares juste à côté du très vert parc de l'Alliance en plein développement résidentiel. " Cette zone sera une formule originale et inédite en Belgique d'envisager le shopping de façon plus dynamique et moderne. Ce nouveau concept d'espace urbain existe déjà à l'étranger. Ce ne sera ni un outlet, ni un mégacentre commercial couvert ", souffle le bourgmestre. Mais quoi alors ? Jean-Marc Wautier explique : " Cette nouvelle expérience commerciale privilégie l'aspect promenade au fil des boutiques, dans la détente et dans un environnement très vert. Ce serait une formule intermédiaire entre les systèmes "esplanade", le côté "grands espaces" des outlets et l'esprit "accueil des familles" comme au centre Polygone de Béziers, que j'ai visité ". Mais il faudra sans doute dix ans pour voir se réaliser la merveille. Souci du détail. Le look d'un espace public se niche souvent dans ses détails. Promis, les fils aériens de toute la commune vont progressivement disparaître. Tout comme les luminaires les plus énergivores seront remplacés par des LED (pour 2018) et les poteaux d'éclairage vétustes par " des structures élancées ". Des écrans vont aussi fleurir le long des voiries pour livrer au public des infos générales sur les activités de Braine et aux automobilistes des infos sur la vitesse, les places disponibles dans les parkings, etc. Enfin, Braine va accentuer la mise en oeuvre de parkings sécurisés pour les engins " modes doux ", un maillage très dense de pistes cyclables, une offre de vélos électriques partagés et des bancs et espaces repos pour les seniors. Un centre-ville XXL. A son arrivée à la barre de Waterloo en 2015, Florence Reuter a hérité d'un projet " Coeur de ville " visant à redynamiser le centre et le doter d'une place publique. L'effort ne portait que sur le passage Wellington et son ensemble de magasins prolongé par ses grands parkings à l'arrière. Mais la bourgmestre a repris la main et veut voir plus grand que ce petit périmètre dont le réaménagement ne résolvait pas les problèmes du centre de Waterloo : l'absence d'espaces publics agréables et la mobilité. Elle a confié au bureau d'études JNC la réalisation d'un ambitieux masterplan d'un nouveau centre au périmètre élargi. Dans l'axe nord-sud de la chaussée de Bruxelles : du carrefour entre les rues de la Station et l'avenue Reine Astrid jusqu'aux rues Dewit et Verbeek. Dans l'axe est-ouest : il englobe maison communale et piscine et à l'autre extrémité, la zone parking à l'arrière du passage Wellington. Le nouveau joyau de cet espace public remodelé sera une vraie place communale... à l'emplacement actuel de l'institut des Sacrés-Coeurs. " En effet, l'école très fréquentée est trop à l'étroit dans son bâtiment actuel et devrait s'installer dans une nouvelle construction en lisière du bois des Bruyères, près de la gare. L'actuel bâtiment serait rasé au profit d'une vraie place communale avec de l'Horeca, des bureaux, du logement, le centre du tourisme, et pourquoi pas une nouvelle bibliothèque ", explique la bourgmestre. Sur le look, rien n'est encore arrêté mais " on pourrait lancer un défi aux créateurs, organiser un concours de projets pour certains aspects architecturaux ". Guillaume van der Vaeren, du bureau d'études JNC précise : " Cette vraie place de ville sera un élément d'un réseau plus global d'espaces publics de ce gros coeur de ville plusstructuré par les vides que par les pleins. On veut de vrais ventricules gauche et droit, avec une vraie transversalité tous azimuts pour les habitants et les piétons. " Reste le point épineux de Waterloo, " ville rue " fendue par la chaussée de Bruxelles : son trafic excessif. " Le commerce et la mobilité vont être redéveloppé autrement, assure la bourgmestre qui évoque la possibilité que la chaussée de Bruxelles, sur la portion du nouveau centre-ville, ne soit plus un continuum parfait. Son chargé d'études chez JNC nuance : " L'objectif est de remédier à l'encombrement énorme sur la chaussée de Bruxelles. L'idée est de fluidifier le coeur de Waterloo par des solutions de contournement pour les voitures uniquement en transit, et de travailler sur les sens de circulation pour les gens qui viennent au centre-ville en voiture et auront encore du parking court terme. Mais le but est surtout d'améliorer la qualité de l'espace public, le confort du piéton dans toute la zone et son espace de vie ". Si le projet rencontre un consensus, il pourrait être une réalité endéans les cinq ans. Le bois des Bruyères. Ce coin vert est loin d'être une source de détente pour tous. Le torchon brûle souvent entre la bourgmestre et son opposition sur ce bois que jouxte, juste à côté du rond-point des Pâquerettes, un terrain de 10 hectares en zone rouge, c'est-à-dire une zone constructible destinée à un mixte appartements et commerces. Dans l'absolu, la norme maximale permise par la région est de 45 logements l'hectare, soit dans ce cas, une possibilité de 450 logements ! La perspective fait blêmir Florence Reuter qui freine des quatre fers : " J'ai commandité pour l'été une étude d'incidence à propos de cette zone. J'espère qu'elle recommandera la préservation de l'ensemble du bois, la construction en lisière du bois de la nouvelle école des Sacrés-Coeurs (NDLR : les propriétaires de l'institut et ceux des lieux négocient un échange de terrains). Ce qui diminuerait la densité de nouveaux immeubles pour un total maximum de 200 logements. Mais je conditionne l'arrivée de n'importe quel projet à une vraie solution de mobilité... évidemment liée au RER puisque la gare est toute proche. " "Je veux un pont !" L'autre point d'attention est le site d'Argenteuil avec son pôle scolaire (Berlaymont, etc.), son pôle sportif (Watducks, rugby, tennis) et son pôle culturel classique (Chapelle musicale Reine Elisabeth). Ce dernier devrait être rehaussé par la construction d'une nouvelle grande salle de spectacle. Mais ce qui chipote la bourgmestre, c'est l'accessibilité d'Argenteuil et l'infernal bouchon du rond-point de la drève d'Argenteuil saturé matin et soir d'autos venues de toute la région pour gagner le ring ou conduire les élèves aux écoles du site d'Argenteuil. La solution de la bourgmestre et du bureau d'études chargé d'un masterplan : un pont, que Florence Reuter voudrait voir enjamber l'autoroute entre le bout de l'avenue Reine Astrid et le site d'Argenteuil lui-même. " Cet accès serait privilégié par les familles qui viennent déposer leurs enfants et cela désengorgerait le trafic de toute la zone. " Mais un pont, ça coûte bonbon : 4 millions. A l'évocation de l'idée, le ministre wallon des Travaux publics Maxime Prévot a souri...Par Fernand Letist.