Que l'on vienne de Bruxelles ou de Paris, quand on arrive à Mons par l'autoroute, on a toujours le beffroi en ligne de mire. " On essaie de préserver le champ visuel du beffroi et la prédominance de la vieille ville ", explique Nicolas Martin (PS), premier échevin. Ne vous attendez donc pas à voir des tours s'ériger en collier autour de la vieille ville et de sa première couronne. Ni demain, ni après-demain.
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Que l'on vienne de Bruxelles ou de Paris, quand on arrive à Mons par l'autoroute, on a toujours le beffroi en ligne de mire. " On essaie de préserver le champ visuel du beffroi et la prédominance de la vieille ville ", explique Nicolas Martin (PS), premier échevin. Ne vous attendez donc pas à voir des tours s'ériger en collier autour de la vieille ville et de sa première couronne. Ni demain, ni après-demain. De part et d'autre des voies autoroutières, la perception visuelle actuelle donne une idée des développements futurs. Côté Grands Prés, des travaux d'assainissement promettent une extension du bâti à vocation économique. A côté du parc Initialis (20 ha) désormais arrivé à saturation, une zone de 30 ha appelée Les Bas Prés est en cours de dépollution. Vers 2025 - 2030, le parc Initialis 2.0 y accueillera l'écosystème " nouveaux matériaux " La vocation également résidentielle des Grands Prés prend un coup de boost. Pas moins de trois projets y verront prochainement le jour. Au fil des Grands Prés, nouveau complexe urbain composé de logements, de bureaux et de commerces de proximité, s'étendra sur 7,2 ha. Au total, environ 400 logements et 10 000 m2 de bureaux y seront développés en plusieurs phases. Le long du quai des Otages, le domaine des Grands Prés, constitue un programme de 95 logements, tandis que 144 logements viendront compléter la Drève Prévert, qui en compte déjà 159. Dans un document d'orientation concernant le plan communal d'aménagement (PCA) des Grands Prés, un paragraphe stipule que " la fonction résidentielle est essentielle pour redonner une dimension urbaine au quartier. Cette fonction doit être assurée par un panel de logements de typologies variées [...] parmi lesquels des logements adaptés aux PMR assurant une diversité sociale par l'accueil de ménages de compositions et âges différents. " De l'autre côté de l'autoroute, s'étendent les 42 ha de Géothermia, la première zone d'activité économique belge alimentée à l'énergie géothermique sans émission de CO2. Inaugurée en février dernier, elle héberge déjà l'entreprise Façozinc. Enfin, quand la gare-passerelle sera devenue réalité, côté vieille ville, elle desservira la place Léopold et le quartier de la gare qui constitue un des deux axes prioritaires du plan de redéploiement du commerce dans le centre-ville. En attendant, une passerelle cyclo-piétonne a été posée en décembre 2016 pour enjamber la Haine et relier vieille ville et Grands Prés. D'une portée de 28 mètres, cette passerelle conçue par le bureau Greisch constitue un élément du projet Haine Bleue voie verte menant au pôle touristique et sportif développé au Grand Large.La Ville s'est fixé des axes stratégiques. Elle souhaite notamment accroître la population pour atteindre plus de 100 000 habitants en 2025. Cela représente un accroissement annuel de 500 nouveaux habitants et implique une politique volontariste en matière de production de logements de qualité. Aujourd'hui, sans compter les quelque 15 000 étudiants de l'enseignement supérieur et universitaire ni les 1 500 travailleurs du Shape, Mons compte 95 000 habitants. " Depuis plusieurs années, de nombreux investisseurs ont mené d'importants programmes de logement, note Nicolas Martin. Contrairement à d'autres communes, la Ville de Mons ne taxe pas la création de nouveaux logements. Cela participe probablement à l'attractivité du territoire pour les investisseurs. " Ces dix dernières années, plus de 4 000 logements ont été créés. Les projets les plus significatifs s'implantent principalement en centre-ville et en première couronne. " Le développement de ces zones est prioritaire pour des raisons de gestion rationnelle des réserves foncières, insiste Nicolas Martin. Afin de poursuivre la transformation de la ville entamée depuis plusieurs années avec le secteur privé, nous donnons la priorité à l'axe piétonnier et au quartier de la gare, où des îlots urbains nécessiteront d'être traités pour y créer une mixité sociale et une mixité des fonctions. " Dans le quartier de la gare, citons le projet de rénovation du couvent des capucins, un ensemble patrimonial remarquable qui comportera seize logements. Au rez-de-chaussée, l'éditeur d'art Bruno Robbe, à l'étroit dans ses murs de Frameries, y installera son second atelier de lithographie, linogravure, taille douce et techniques modernes de traitement de l'image, dont il fera un lieu vivant d'échange, d'exposition et de rencontre, qui pourra accueillir des artistes en résidence. La chapelle acquise par un privé pourra servir de lieu d'exposition et d'événements culturels.Citons aussi Renouv'O, un projet de création de 9 000 m2 de bureaux avec 227 emplacements de parkings, dans l'ancien centre de tri postal au croisement des rues André Masquelier, des Canonniers et du Gazomètre. Citons, enfin, la réhabilitation de l'ancien cinéma Corso, qui formera un ensemble de 19 logements, dans l'îlot situé au croisement des rues de Dinant et des Capucins. Existe-t-il une véritable demande pour les bureaux ? Nicolas Martin répond que " des administrations publiques ont exprimé un besoin, tandis que quelques entreprises privées doivent renouveler leurs locaux ou les relocaliser à Mons. Par ailleurs, quelques grands sites vont arriver au terme de leur bail dans les prochains mois ou années, ce qui va engendrer des besoins nouveaux, de même que la dernière réforme de l'Etat. " Quant à l'Umons, elle investit 30 millions d'euros sur fonds propres pour effectuer plusieurs chantiers qui se poursuivront jusque 2020. Place du Parc, le cloître et la chapelle des visitandines seront aménagés en espace d'exposition et en bibliothèque (12 millions d'euros). Au numéro 22 de la même place, un bâtiment est rénové et transformé pour devenir le centre névralgique de toutes les démarches administratives des étudiants (3,5 millions). Extra-muros, sur l'avenue Maistriau et le campus de la plaine, des travaux transformeront l'entrée de la ville en provenance de Maisières, avec la création du Vinci (8 millions). Fin 2017-début 2018, cet édifice de plus de 5 000 m2 accueillera des étudiants, des enseignants et des chercheurs de la faculté des sciences et de la faculté de traduction et d'interprétation. Dès février 2018, personnel et étudiants de l'Umons y trouveront aussi la Crèche des petits génies (36 places et des emplois pour une quinzaine d'équivalents temps plein). Pour le recteur Calogero Conti, " l'ensemble de ces investissements est bien nécessaire dans le contexte d'une université en croissance continue. Depuis sa création en 2009, l'Umons a vu le nombre d'inscriptions en première année croître de 35 %. "Le projet d'un nouveau bâtiment de la faculté d'architecture et d'urbanisme à la rue d'Havré est, quant à lui, " un signal urbain stratégique pour l'Umons. Nous avons fait le choix de rester dans le centre-ville pour consolider le principe d'une véritable ville-campus et augmenter l'attractivité de Mons, indique Vincent Becue, doyen de ladite faculté. Le marché est lancé et la désignation des auteurs du projet est prévue en décembre prochain. Nous pourrons espérer avoir un bâtiment opérationnel en 2020. La faculté devient la ville, tel un morceau de ville dans la ville. De plus, il s'agit d'un bâtiment "traversant" qui pourra intégrer le concept d'une urbanité poreuse. " Le territoire communal compte 52 zones d'aménagement communal concerté (Zacc) qui s'étendent sur 550 ha. Sur la base de critères objectifs de durabilité et de gestion rationnelle des réserves foncières, la Zacc jugée la plus intéressante par les autorités communales est la Zacc 25. Située à moins d'un kilomètre au nord-est du centre-ville, elle s'inscrit au sein d'un grand îlot formé par la chaussée du Roeulx, le boulevard Kennedy, l'avenue du Tir et le chemin de la Procession, à hauteur du quartier dit Fariaux. Sa mise en oeuvre contribuera au renforcement du noyau urbain et à la promotion des modes de déplacement doux. Son urbanisation entre parfaitement dans le cadre de la politique de reconstruction de " la ville sur la ville ", c'est-à-dire le renouveau, le renforcement et la densification des villes et des noyaux urbains. Une première phase de construction prévoit sept nouveaux immeubles de 234 appartements avec parkings souterrains, sur une superficie d'environ 3,5 ha. Non loin de la Zacc 25, un projet de reconversion du site de l'Isic (Institut supérieur industriel catholique) en logements et bureaux est à l'étude.