Mettez pédagogie et numérique côte à côte, et voilà Olaf Mertens, directeur de L'institut de la Providence, à Champion, intarissable sur le sujet. " Dès ma prise de fonction, en 2009, j'avais pour objectif de mettre notre établissement à la pointe technologique. " Le directeur s'accompagne alors de deux informaticiens pour introduire le numérique dans les murs de l'école, en misant sur une connexion performante, le meilleur matériel disponible, mais aussi en formant le personnel. Plusieurs milliers d'euros sont consacrés chaque année à ce développement technique et pédagogique. Un choix audacieux et payant. " Enormément d'écoles n'ont personne pour s'occuper de tout cela. Une vraie catastrophe alo...

Mettez pédagogie et numérique côte à côte, et voilà Olaf Mertens, directeur de L'institut de la Providence, à Champion, intarissable sur le sujet. " Dès ma prise de fonction, en 2009, j'avais pour objectif de mettre notre établissement à la pointe technologique. " Le directeur s'accompagne alors de deux informaticiens pour introduire le numérique dans les murs de l'école, en misant sur une connexion performante, le meilleur matériel disponible, mais aussi en formant le personnel. Plusieurs milliers d'euros sont consacrés chaque année à ce développement technique et pédagogique. Un choix audacieux et payant. " Enormément d'écoles n'ont personne pour s'occuper de tout cela. Une vraie catastrophe alors qu'il y a des milliers d'euros investis en matériel ", témoigne Rudy Delsaut, responsable informatique. Progressivement, l'offre a créé la demande : des 25 premières tablettes, l'institut en possède aujourd'hui 75. " Elles sont utilisées tout le temps. Ce sont autant des questionnaires réalisés en ligne par les enseignants que des montages vidéo ou audio, pour la conception d'audio-guides lors des voyages scolaires ou pour étudier son mouvement en natation... ", ajoute l'informaticien. Diverses applications sont également employées, comme Kahoot ou Plickers, pour produire des QCM interactifs. A Champion, chaque élève a son drive et peut se servir des ressources de partage de documents avec d'autres élèves ou ses enseignants. Depuis 2017, après révision du règlement, le smartphone personnel est lui aussi exploité en classe. " Tant qu'on ne changera pas les pratiques pédagogiques, les nouvelles technologies n'y trouveront pas leur place. Ici, on fait tout pour décloisonner le système et ouvrir de nouvelles perspectives aux enseignants comme aux élèves grâce à ces outils ", se félicite le directeur. Les nouvelles technologies permettent aussi de démystifier l'apprentissage des sciences et des mathématiques. Avec ses 30 robots Thymio, l'école initie les étudiants à la robotique et à la programmation des équipements technologiques. En collaboration avec l'université de Namur, elle participe à un cours d'alphabétisation numérique destiné aux élèves du premier degré. " Cela leur permet de comprendre comment l'ordinateur communique, comment il enregistre les messages... ", explique Pierre Janssens, professeur d'informatique. Dans le même esprit, l'institut lancera à la rentrée une classe Stem (pour Science, Technology, Engineering, Math) dans laquelle les matières à caractère scientifique, numérique ou technique seront décloisonnées. " L'objectif est de mettre les élèves en position de chercheurs. Notamment sur des projets de robotique ", ajoute le professeur. A l'institut, les maths inversées sont aussi devenues une pratique courante. Le principe est simple : apprendre les concepts sur son ordinateur ou sa tablette, grâce à des vidéos réalisées par le professeur. " Après les avoir regardées, l'élève réalise les exercices en classe ", indique Valérie Beguin. La professeure a décidé de revoir sa manière d'enseigner voilà six ans. " A l'époque, j'avais pas mal d'échecs. J'ai cherché une façon de rendre le cours plus agréable et la pédagogie inversée me semblait une bonne idée. " Le gros avantage d'une telle méthode est que l'élève avance à son rythme. " S'il n'a pas compris, il peut revoir la vidéo plusieurs fois à la maison ", poursuit Valérie Beguin. Et ça marche : " Il y a moins d'échecs. Il y a six ans, j'avais 20 secondes sessions, je n'en ai plus qu'une seule cette année. "