Le temps, c'est de l'argent, et toujours pas de gouvernement fédéral digne de ce nom à se mettre sous la dent. Le budget de l'Etat en est fort marri, lui que l'impasse politique condamne depuis un an à vivoter sous un régime boiteux d'affaires courantes et à un rythme de douzièmes provisoires en guise d'expédients.
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Le temps, c'est de l'argent, et toujours pas de gouvernement fédéral digne de ce nom à se mettre sous la dent. Le budget de l'Etat en est fort marri, lui que l'impasse politique condamne depuis un an à vivoter sous un régime boiteux d'affaires courantes et à un rythme de douzièmes provisoires en guise d'expédients. Bienvenue dans la spirale infernale. La Commission européenne s'impatiente et gronde, les indicateurs sont en berne, les compteurs s'affolent et l'embardée est programmée en cas de paralysie prolongée du pouvoir : entités fédérale et fédérées (ces dernières pourvues de gouvernement et désormais en ordre de marche budgétaire) afficheront un déficit public de 1,7 % du PIB fin 2019, de 2,3 % en 2020. A politique inchangée, selon le dernier rapport sur l'évolution des finances publiques rendu l'été dernier par le comité de monitoring, le " trou " creusé dans les caisses de l'Etat fédéral et la sécurité sociale atteindrait 11,8 milliards en 2024 et 14,6 milliards tous pouvoirs publics confondus. Le prix, notamment, d'un an d'immobilisme politique qui aura produit un grand cru en 2019. Timide lueur dans ce sombre tableau : la dette publique (387,650 milliards fin septembre) arracherait presque un soupir de soulagement, tant elle profite encore de taux d'intérêt historiquement bas pour se stabiliser à un niveau toujours aussi peu supportable (101,5 % du PIB)... Inutile de regarder ailleurs pour guetter un secours durant cette mauvaise passe. La croissance économique générale bat de l'aile et l'hypothèque d'un Brexit n'en finit plus de frapper à nos portes. De quoi refroidir les ardeurs à investir, ébranler la confiance et pousser les experts du Bureau du Plan à modérer leur optimisme : le taux de croissance a été ramené à 1,1 % pour 2019 et 2020. La belle capacité de résistance de notre économie a, dit-on, ses limites. Et pendant tout ce temps perdu, la Belgique continue de grisonner, de gagner en pensionné(e)s et en personnes de santé plus fragile. Or, c'est maintenant que la facture du poids des ans prend son véritable élan : chiffrée à 233 millions d'euros en 2019, elle devrait grimper à 1,3 milliard en 2020, à 9,2 milliards en 2024. Aux abris : à cette bombe à retardement démographique à désamorcer, s'ajoute un gigantesque défi climatique à relever. Un budget pour de vrai sous le sapin ? A moins de croire au Père Noël... La preuve, c'est raté.