Ce devait être l'année de l'espoir citoyen. Celle où l'on profiterait du triple scrutin fédéral, régional et européen pour réinventer la politique et régénérer la démocratie. A la suite des scandales Publifin et Samusocial, avec en toile de fond les crises sociales et climatiques, de belles énergies citoyennes avaient vu le jour pour entamer la réflexion. Elles se sont déployées dans la première partie de l'année. Avant de retomber, essouffl...

Ce devait être l'année de l'espoir citoyen. Celle où l'on profiterait du triple scrutin fédéral, régional et européen pour réinventer la politique et régénérer la démocratie. A la suite des scandales Publifin et Samusocial, avec en toile de fond les crises sociales et climatiques, de belles énergies citoyennes avaient vu le jour pour entamer la réflexion. Elles se sont déployées dans la première partie de l'année. Avant de retomber, essoufflées et laminées, tant par les résistances des partis traditionnels que par la progression des populismes et du manque de moyens financiers. Pour certains, issus du parti Oxygène, des petites listes citoyennes locales ou d'associations comme Belvox, cet espoir passait par la case électorale. Motivés par les quelques élus décrochés lors des communales d'octobre 2018, ils ont uni leurs forces en un Collectif citoyen. Pas de programme, mais des valeurs bien ancrées à décliner dans chaque choix concret. Pas de politiques professionnels, mais 180 candidats décidés à réformer radicalement la gouvernance. Résultat : zéro élu et une introspection pour l'avenir. Pour d'autres, émanant de cercles déjà actifs dans la société, ce renouveau passait par une façon différente de faire de la politique, plus collégiale, plus constructive. Le mouvement eChange avait vu le jour au coeur des scandales wallon et bruxellois, notamment à l'initiative des politiques (l'Ecolo Javaux, le DéFI Gosuin, le CDH de Briey). Il trouvait désormais un terrain grandeur nature pour mener à bien cette réflexion avec le soutien d'expertises venues de tous les milieux de la société. Le Vif/L'Express s'y est associé lors de la campagne électorale pour six dossiers " solutions " et six débats publics à Bruxelles, Charleroi, Liège, Louvain-la-Neuve, Mons et Namur. Une démarche enthousiasmante. Et qui a trouvé un certain écho, après les élections : la création d'une assemblée citoyenne permanente en Communauté germanophone, début septembre, et l'annonce, trois mois plus tard, des commissions délibératives mixtes (45 citoyens tirés au sort et 15 députés) au parlement bruxellois. Elles débattront d'une thématique, suggérée par 1 000 citoyens ou par l'assemblée, et formuleront des recommandations.