Les attentats du 11 septembre mais aussi les attaques perpétrées durant les deux décennies suivantes, dont celles revendiquées par l'État islamique, ont fait du tort aux droits humains, selon Philippe Hensmans. En réaction à ces attaques sanglantes, les États-Unis et leurs alliés, dont la Belgique, ont mené une guerre en Afghanistan, pays dirigé alors par les talibans et pointé du doigt comme un camp d'entraînement de terroristes. "Les interventions militaires à l'étranger", également en Irak (où la Belgique ne s'est pas engagée cette fois), "ont fait des ravages parmi les civils et cela continue", dénonce le directeur de la section belge francophone de l'ONG de défense des droits humains Amnesty. Mais "à l'intérieur des sociétés occidentales aussi, elles ont eu des conséquences terribles, nourrissant une méfiance envers les musulmans, qui a renforcé une méfiance à l'égard de l'autre", analyse-t-il. Il en veut pour preuve "le nombre de personnes sur les réseaux sociaux qui demandent comment être sûrs que les personnes afghanes que l'on accueille ne sont pas des talibans. On ne posait pas ces questions pour les boat people", illustre-t-il, en référence aux millions de personnes vietnamiennes qui ont fui leur pays dans les années 1970. Et cette méfiance à l'égard de l'autre ne vaut pas que pour les musulmans, "on l'a vu avec le mouvement Black Lives Matter, les États-Unis n'ont pas réussi à sortir de leurs racines de racisme essentialiste", poursuit-il. Pour M. Hensmans, "les terroristes ont réussi, en laissant une société encore plus divisée qu'auparavant". Sur le plan juridique, les attentats du 11 septembre ont aussi mené à une maltraitance des droits fondamentaux, notamment avec le centre de détention américain de Guantanamo. En Europe, "il y a eu une fébrilité politique basée sur les préjugés et l'intolérance", dénonce Philippe Hensmans. Des mesures ont été prises dans l'urgence, afin de "rassurer la population en disant 'regardez, on prend des mesures'". "Les mesures d'urgence ne valent que si la vie de la nation est en danger mais parfois ce sont les politiques qui mettent la vie de la nation en danger", lance-t-il. "On a laissé faire beaucoup de choses au nom de la lutte contre le terrorisme, acceptant ce qu'on n'aurait jamais accepté auparavant", regrette Philippe Hensmans. En Belgique, "les lois sécuritaires ont été renforcées à chaque vague d'attentat sans évaluer les mesures prises précédemment", poursuit le directeur de la partie francophone belge d'Amnesty. Atteinte à la vie privée, renforcement du pouvoir exécutif au détriment du système judiciaire, atteinte à la liberté d'expression... Les griefs de l'ONG sont nombreux. Philippe Hensmans pointe notamment du doigt la possibilité de retirer la nationalité belge à une personne disposant d'une autre nationalité, autrice d'infractions terroristes. "Le problème est que cela crée des citoyens de seconde zone" vu que le retrait de la nationalité belge ne peut se faire qu'en cas de double nationalité, la création d'apatride étant proscrite. "Or, le Maroc par exemple octroie d'office sa nationalité, même si la personne ne l'a pas demandé", relève M. Hensmans. (Belga)

Les attentats du 11 septembre mais aussi les attaques perpétrées durant les deux décennies suivantes, dont celles revendiquées par l'État islamique, ont fait du tort aux droits humains, selon Philippe Hensmans. En réaction à ces attaques sanglantes, les États-Unis et leurs alliés, dont la Belgique, ont mené une guerre en Afghanistan, pays dirigé alors par les talibans et pointé du doigt comme un camp d'entraînement de terroristes. "Les interventions militaires à l'étranger", également en Irak (où la Belgique ne s'est pas engagée cette fois), "ont fait des ravages parmi les civils et cela continue", dénonce le directeur de la section belge francophone de l'ONG de défense des droits humains Amnesty. Mais "à l'intérieur des sociétés occidentales aussi, elles ont eu des conséquences terribles, nourrissant une méfiance envers les musulmans, qui a renforcé une méfiance à l'égard de l'autre", analyse-t-il. Il en veut pour preuve "le nombre de personnes sur les réseaux sociaux qui demandent comment être sûrs que les personnes afghanes que l'on accueille ne sont pas des talibans. On ne posait pas ces questions pour les boat people", illustre-t-il, en référence aux millions de personnes vietnamiennes qui ont fui leur pays dans les années 1970. Et cette méfiance à l'égard de l'autre ne vaut pas que pour les musulmans, "on l'a vu avec le mouvement Black Lives Matter, les États-Unis n'ont pas réussi à sortir de leurs racines de racisme essentialiste", poursuit-il. Pour M. Hensmans, "les terroristes ont réussi, en laissant une société encore plus divisée qu'auparavant". Sur le plan juridique, les attentats du 11 septembre ont aussi mené à une maltraitance des droits fondamentaux, notamment avec le centre de détention américain de Guantanamo. En Europe, "il y a eu une fébrilité politique basée sur les préjugés et l'intolérance", dénonce Philippe Hensmans. Des mesures ont été prises dans l'urgence, afin de "rassurer la population en disant 'regardez, on prend des mesures'". "Les mesures d'urgence ne valent que si la vie de la nation est en danger mais parfois ce sont les politiques qui mettent la vie de la nation en danger", lance-t-il. "On a laissé faire beaucoup de choses au nom de la lutte contre le terrorisme, acceptant ce qu'on n'aurait jamais accepté auparavant", regrette Philippe Hensmans. En Belgique, "les lois sécuritaires ont été renforcées à chaque vague d'attentat sans évaluer les mesures prises précédemment", poursuit le directeur de la partie francophone belge d'Amnesty. Atteinte à la vie privée, renforcement du pouvoir exécutif au détriment du système judiciaire, atteinte à la liberté d'expression... Les griefs de l'ONG sont nombreux. Philippe Hensmans pointe notamment du doigt la possibilité de retirer la nationalité belge à une personne disposant d'une autre nationalité, autrice d'infractions terroristes. "Le problème est que cela crée des citoyens de seconde zone" vu que le retrait de la nationalité belge ne peut se faire qu'en cas de double nationalité, la création d'apatride étant proscrite. "Or, le Maroc par exemple octroie d'office sa nationalité, même si la personne ne l'a pas demandé", relève M. Hensmans. (Belga)