D'Ieteren commercialise à peu près une voiture sur quatre en Belgique, mais ne veut pas rester les bras croisés face à la diversification de l'offre de mobilité. Le groupe belge a lancé ce week-end un service de voitures partagées à Anvers, et devrait arriver à Bruxelles ensuite, "sans doute, dans un premier temps, avec un service de vélos électriques et de scooters" explique Denis Gorteman, patron de D'Ieteren Auto. "Nous allons mettre 350 voitures en service, ce n'est pas rien" ajoute-t-il. Ce lancement intervient à un moment clef, durant la période du Salon de l'Auto.
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D'Ieteren commercialise à peu près une voiture sur quatre en Belgique, mais ne veut pas rester les bras croisés face à la diversification de l'offre de mobilité. Le groupe belge a lancé ce week-end un service de voitures partagées à Anvers, et devrait arriver à Bruxelles ensuite, "sans doute, dans un premier temps, avec un service de vélos électriques et de scooters" explique Denis Gorteman, patron de D'Ieteren Auto. "Nous allons mettre 350 voitures en service, ce n'est pas rien" ajoute-t-il. Ce lancement intervient à un moment clef, durant la période du Salon de l'Auto.L'importateur de VW, Seat, Skoda, Audi, Porsche, Bentley, Lamborghini, Bugatti et Yamaha ne tient pas à laisser DriveNow (BMW) seul sur le marché de la voiture partagée, de même que Zipcar (Avis), ZenCar, Ubeeqo ou Cambio. Pour l'heure les offres d'autos partagées sont surtout concentrées sur Bruxelles. Notons que ce service n'a rien à voir avec le groupe Volkswagen en tant que tel. D'Ieteren est une entreprise indépendante du groupe allemand.A Bruxelles, il faudrait "de 1.000 à 1.100 voitures"D'Ieteren s'intéresse à ce marché dans la mesure où il peut devenir important pour la vente d'automobiles. Toutefois, sa rentabilisation reste encore difficile. "Quand je vois qu'Uber est leader du marché et perd autant d'argent, ça pose question, nous n'avons pas la même approche financière" continue Denis Gorteman, qui estime qu'une offre sur Bruxelles de voitures partagées imposerait la mise en place d'une flotte "de 1.000 à 1.100 voitures". C'est surtout un problème de perception des prix. "Les particuliers ont comme référence le coût des transports en commun, un service qui est fort subsidié." Il est difficile d'avoir un tarif attractif, du moins en comparaison avec le prix d'une place de tram ou de bus.Prépare un futur électrique et autonomeL'intérêt pour le voiture partagée tient aussi à l'évolution du marché, qui s'oriente vers une électrification plus ou moins grande. "A partir de 2020, le groupe Volkwsagen va lancer des modèles électriques assez importants" continue Denis Gorteman, dont la VW ID, qui aura le format de la VW Golf, sera un véhicule conçu comme auto électrique. Alors que la plupart des modèles proposés actuellement par le groupe VW sont des autos conçues pour une motorisation à carburant qui ont été adaptées, comme le e-Golf. Une voiture électrique dès la conception exploite mieux l'espace intérieur car les batteries y sont mieux réparties et dissimulées.Si le marché évolue à terme vers la voiture électrique et autonome, elle pourrait peut-être se commercialiser comme service. "Si une voiture est totalement autonome, elle pourrait être utilisée par d'autres une fois que vous êtes arrivés à destination, cela ouvre la voie à d'autre services, pour des sociétés comme des loueurs ou D'Ieteren Lease." D'où l'intérêt d'apprendre le métier dès maintenant. Mais il s'agit d'une perspective à long terme. "Avant que la voiture autonome dans toutes les circonstances arrive, on pourrait imaginer que des zones contrôlées soient consacrées aux voitures autonomes, comme le centre ville" rêve Denis Gorteman.La start up Poppy, qui démarre à Anvers, propose un service de voiture à parking flottant, comme DriveNow ou ZipCar. Les particuliers peuvent donc prendre une voiture Poppy garée dans la rue près de leur point de départ, détectée via une application de smartphone, et la laisser au point d'arrivée. Cette approche diffère de celle de Cambio qui est basée sur des stations : la voiture doit être ramenée à l'endroit où elle a été prise. Le parking flottant impose une certaine densité d'autos par kilomètre carré pour que la disponibilité des voitures soit suffisante. Ainsi DriveNow et Zipcar, qui comptent respectivement 250 et 310 autos, sont disponibles pour le moment quasiment uniquement à l'est de Bruxelles, autour de Schaerbeek, Bruxelles-Villes, Etterbeek, mais pas à Anderlecht ou Jette par exemple, ni dans le sud d'Uccle, pour l'heure. Il faudrait étendre le parc, ce qui exigerait un succès plus grand du service, dont la fréquentation reste encore modérée. Ces services sont commercialisés à la minute (25 cents par minute par Zipcar, 33 et 36 cents par minute selon les modèles pour DriveNow).